Prison Al Arjat 2 : Première au Maroc, un détenu soutient sa thèse de doctorat en sciences juridiques

07 Avr 2021 à 08:34 Société
Prison Al Arjat 2 : Première au Maroc, un détenu soutient sa thèse de doctorat en sciences juridiques

C’est une première au Maroc. Khalid Solhi, étudiant chercheur au centre pénitentiaire Al Arjat 2 à Salé, a soutenu sa thèse pour l’obtention du doctorat en sciences juridiques autour de la thématique « Procédure pénale devant les tribunaux internationaux et problématique d’indemnisation des victimes des crimes juges ».

Cet évènement a été marqué par la présence de plusieurs professeurs universitaires de différentes facultés des sciences juridiques, économiques et sociales, sous la présidence du Doyen de la faculté des sciences juridiques d’Agdal-Rabat, fait savoir la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR).

Dans un résumé, Khalid Solhi explique que sa thèse apporte un regard croisé sur la procédure pénale adoptée par les différentes juridictions internationales ayant succédé dans le temps et dans l’espace. Elle met en lumière les subtilités du procès pénal international ainsi que les techniques procédurales adoptés par les différents tribunaux internationaux (des TMI jusqu’à la CPI) à l’égard des victimes des crimes contre l’humanité et de violations du DIDH et DIH, explique le doctorant notant que la place des victimes auprès des instances judicaires internationales a fait l’objet de beaucoup de polémiques.

« Au fil du temps, la victime a acquis une place bien solide et dispose aujourd’hui d’un rôle considérable lors du procès pénal principalement devant la CPI. Le Statut de Rome a accordé une place plus humanitaire à la victime et même un recours à la réparation. Certes la participation diffère selon le Statut de la Victime (de situation ou de l’affaire) » a-t-il précise dans son résumé.

Néanmoins, poursuit K.S, elles convergent tous les deux vers un mode de réparation telles qu’énoncé par l’article 75 du Statut de Rome, notant que l’examen des mesures adoptées, à travers des cas concrets menés devant la CPI, relate les difficultés rencontrées par les victimes soit lors de leur participation au procès ou lors de l’évaluation du préjudice subi et le type de réparation à accorder. Bien que des efforts soient déployés par la CPI, K.S estime qu’il demeure, dans le contexte de violations de la dignité humaine difficile d’instaurer une réparation équitable et juste à l’égard des victimes.

En 2019, Khalid Solhi a reçu un Certificat d’appréciation pour sa participation aux programmes de réinsertion de la DGAPR et pour la bonne conduite. Il a également participé la même année à la 7ème édition de l’Université de l’automne portant sur la protection sociale des détenus à la prison local de Beni Mellal ainsi qu’à la 6ème édition de l’Université du printemps portant sur l’image de la prison et la réinsertion à la prison centrale de Kénitra.

Outre l’obtention d’un Doctorat en science de gestion, en 2021, auprès de la Faculté des sciences juridiques Agdal-Rabat, Khalid Solhi a également un diplôme (2014) en sciences juridiques section française à la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales Agdal- Rabat, ainsi qu’une Licence en Sciences juridiques section française ; A la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales Mohammedia (2006).

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