Production halieutique : entre l’Algérie et le Maroc tout un océan

Production halieutique : entre l’Algérie et le Maroc tout un océan

« Les poissons et les produits de la pêche sont considérés non seulement comme des aliments parmi les plus sains de la planète mais aussi comme ceux ayant l’impact le plus faible sur l’environnement naturel », indiquait le Directeur de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en juin dernier.

De ce fait, il avait appelé à leur accorder un rôle plus central lorsqu’il s’agit d’élaborer des stratégies pour la nutrition et la sécurité alimentaire. Pour le Maroc qui se place dans le top 25 de la production halieutique (1er pays africain) et alors que la consommation annuelle mondiale de poisson s’élève à 20,5 kilos par personne, un niveau record qui devrait augmenter dans les 10 prochaines années, le pays restait limité il y a dizaine d’années à des niveaux inférieurs à la moyenne mondiale (13,3 kg / habitant contre 19,3 kg / habitant à l’échelle mondiale en 2012). Mais depuis le Marocain s’est fait un devoir de corriger et la consommation locale a atteint plus en 2018 avec un peu plus de 16Kg/hab/an.

Ce manque d’engouement s’expliquerait par les habitudes alimentaires du Marocain qui préfère les viandes rouges et blanches, au poisson. En Algérie, à titre de comparaison, le secteur halieutique est qualifié de produit secondaire. Les niveaux de consommation de poissons en Algérie sont très faibles et très loin de la moyenne mondiale des 20 kg par an et par personne (entre 2 et 5 kg). Au Maroc la pêche maritime marocaine avec sa production annuelle de plus d’un million de tonnes, place ainsi le Royaume au premier rang des producteurs africains et au 25ème rang à l’échelle mondiale. Il y a cinq ans les débarquements des produits de la pêche côtière et artisanale s’élevaient à plus de 3,41 milliards de dirhams (MMDH) au premier semestre 2016, soit 660 704 tonnes, et enregistraient ainsi une hausse de 21 % en termes de poids et 5% en valeur par rapport à la même période de l’année 2015, selon l’Office national des pêches (ONP)

La production nationale est assurée à hauteur de 93% par 1 800 bateaux de pêche côtière et 16 000 barques artisanales, à 5% par la flotte hauturière constituée de 356 navires  et 2% par d’autres activités (algues, aquaculture, corail, etc.). Le secteur représente entre 3% et 4% du Produit intérieur brut (PIB) et génère environ 200 000 emplois directs et plus de 500 000 autres indirects, tout en assurant des sources de revenus pour plus de 3 millions de personnes.

Le niveau de production de la pêche en Algérie classe le pays parmi les pays de la région méditerranéenne des plus productifs. En effet, selon un rapport de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), l’Algérie figure dans le top six des pays de la Méditerranée à dominer le secteur avec la Turquie, la Tunisie, l’Italie, la Grèce et l’Egypte. Quatre pays, la Turquie, la Tunisie, la Grèce et l’Italie, représentent environ 60% de la flotte de pêche totale», selon le rapport intitulé « Etat des pêches en Méditerranée et en mer Noire pour l’année 2020 ». Le même rapport souligne que « la Turquie est le principal producteur avec 274 000 tonnes, soit 23,3% du total, suivie de l’Italie avec 178 700 tonnes (15,2%), et de l’Algérie avec 103 000 tonnes (8,8%) ». Pour ce qui est des emplois, les pêches de capture « soutiennent 785 000 emplois dans ladite zone. La Turquie, avec la Tunisie, l’Algérie, la Grèce, l’Egypte et l’Italie totalisent 82% des emplois à bord des navires de pêche.

La demande sur les produits halieutiques chez nos proches voisins de l’est, s’élève à 200 000 tonnes, un décalage énorme avec l’offre (le double) en Algérie. Le pays qui réalise l’une des trois meilleures captures en Méditerranée ne peut pas offrir plus que les 100 000 tonnes de poissons. En 1990 déjà, avec moins de la moitié de la flottille actuelle (2021) qui au demeurant est plus moderne, l’Algérie réalisait cette même capture. Nombre de dysfonctionnements sont pointés du doigt dans la chaîne depuis la production jusque dans l’assiette du consommateur, quand consommateur il y a. On comprend du coup pourquoi, le poisson est si cher et donc inaccessible pour les Algériens. C’est devenu une denrée de luxe que la majorité des consommateurs ne peuvent plus se permettre. A tel point que le poisson populaire et le moins cher, la sardine et autres poissons pélagiques très prisée par les Algériens tournent autour des 3 euros (entre 400 et 500 DA) le kilo. Quant autres variétés de poissons, circulez, il n’y a rien à voir ! elles sont réservées à une certain souche qui se dit encore faire partie du peuple mais qui est loin de partager ses misères.

Au Maroc, les débarquements des poissons pélagiques avaient atteint plus de 1,43 MMDH en 2016, contre plus de 1,26 MMDH une année auparavant, soit une progression de 14 % en valeur et de 24 % en poids, précisait l’ONP dans ses statistiques sur la pêche côtière et artisanale au Maroc.

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