Algérie: Le Hirak répond au projet de déchéance de nationalité

05 Mar 2021 à 19:03 Monde
Algérie: Le Hirak répond au projet de déchéance de nationalité

Le Hirak a marqué son ferme retour sur la scène politique et sociétale algérienne. Pour la deuxième semaine consécutive après l’anniversaire des 2 ans du mouvement, le Hirak revient galvanisé, prêt à en découdre, face à un pouvoir qui multiplie les provocations et les affronts.

Une marée humaine a investi les rues du pays en entier ce vendredi, marquant une fois de plus la rupture avec le pouvoir incarné par l’armée. Bien qu’un gouvernement composé de « civils » donne l’impression que l’Algérie est un pays comme un autre, les Hirakistes appellent à la fin de cette mascarade et veulent d’un pays réellement démocratique et non gouverné par les militaires, selon leurs slogans anti-système et anti-armée.

Pour ce 107ème vendredi du Hirak, les Algériens se sont montrés encore plus investis, plus déterminés a faire entendre leur voix dissidente au moment où l’opposition est muselée et la presse libre menacée.

Et face à la répression qui s’est accentuée lors de ces dernières marches de reprise du Hirak, notamment lors des mardis des étudiants, et les arrestations de militants, les Hirakistes entendent tirer sur les cordes sensibles du pouvoir, à savoir faire entendre leurs revendications en dehors des frontières et montrer aux démocraties occidentales les violations des droits de l’Homme.

Mais si les marches ont été déchainées ce vendredi, c’est aussi parce que le pouvoir a encore une fois joué avec les nerfs des Algériens, en annonçant un projet de loi sur la déchéance de nationalité algérienne à ceux qui porteraient, entre autres, « atteinte à l’unité nationale ». Une accusation qui a été retenue contre bon nombre de manifestants du Hirak emprisonnés. Pour le Hirak, cela ne fait aucun doute, cette menace le vise directement.

Il s’agit d’un nouveau faux pas du pouvoir algérien, cet ultimatum a été lancé aux mauvaises personnes. Le projet de déchéance de nationalité algérienne est une grave erreur parce qu’elle touche à ce précieux sentiment d’appartenance que ressent le peuple algérien, cette fierté qu’il défend et qui relève presque de la sacralité.

Grave erreur du pouvoir de Tebboune parce que cette idée saugrenue touche à l’essence même du mouvement du Hirak, un mouvement patriote qui s’est constitué autour d’un point d’union, la nationalité algérienne, et cette rage, cette volonté extrêmement forte de vouloir un avenir meilleur pour son pays.

Après plusieurs faux pas du pouvoir depuis le 22 février, date marquant le deuxième anniversaire du Hirak, cette déchéance de nationalité sonne comme la goutte qui fait déborder le vase. Mais pour les nombreux Algériens qui ont battu le pavé ce vendredi, la réponse est claire: « Matkhaoufounach bel jinsia, rahna rebbatna lwatania » (vous n’allez pas nous faire peur avec la (déchéance) nationalité, nous avons été éduqués dans le patriotisme).

« Spécial dédicace a #zeghmati (ministre de la Justice) et acolytes. Le #hirak vous répond en chanson et en rimes . Le peuple ne veut plus de votre « nationalité », son identité, patriotisme et son amour pour l’Algérie lui suffisent », a écrit un tweetos.

Et face à l’ampleur des manifestations, le pouvoir algérien a fait une nouvelle fois usage du blocage d’internet pour limiter la transmission de messages et freiner la diffusion à l’internationale des marches, dans un ultime moyen de réprimer le Hirak.

« Et voilà qu’Internet devient un moyen récurrent de déstabilisation dans le pays des libertés et de la démocratie … tous les vendredis … Bon sang! Le mouvement populaire se poursuit », a écrit un internaute sur Twitter.

Ce vendredi, a également signé le grand retour triomphal du journaliste algérien Khaled Drareni sur Twitter, lui qui a été emprisonné pendant 11 mois pour avoir fait son travail. Ses tweets qui rendaient compte chaque semaine des marches du Hirak avaient fait trembler le pouvoir.

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