Maroc-Allemagne : A tout y perdre qu’a-t-on à y gagner ?

Maroc-Allemagne : A tout y perdre qu’a-t-on à y gagner ?

Le Royaume par la biais de son ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a, officiellement, suspendu tout contact avec l’ambassade d’Allemagne au Maroc. La note divulguée lundi 1er mars, faisait état de « malentendus profonds avec la République Fédérale d’Allemagne au sujet des questions fondamentales du Royaume du Maroc ».

Et ils en sont, les pas allemands de canard qui à force de piétiner les plates-bandes nationales au lieu d’un bain tranquille dans la mare, ont eu raison de la compréhension et de la tolérance du Royaume envers ce qu’il a toujours considéré comme des alliances à un pays ami. C’est qu’à force de tirer sur la “ficelle“ elle a fini par rompre.

Le Maroc devant ces «actes irrespectueux envers le Royaume et ses institutions» a fini par rompre le contrat de bonne entente face à une hostilité de plus en plus croissante. Mais c’est qu’ils en sont les pas maladroits du canard boiteux.

Depuis l’exclusion de la conférence de Berlin à la convocation exigée par l’Allemagne du Conseil de sécurité de l’ONU, à huis clos, sur le dossier du Sahara, on voyait Merkel & co venir. Les affinités avec les thèses révolutionnaires de l’ex feue la RDA ont de jolies restes en Allemagne avec Angela qui au demeurant a été à bonne école, HVA et Stasi, ont été d’excellents stimulants dans l’ascension fulgurante de la bonne dame dans une hiérarchie politique dans une “RFA“ à l’abandon. Du coup on comprend aisément les affinités de Merkel pour les thèses de l’Algérie qui jadis était aussi à bonne école à la Stasi. Une nostalgie d’avant départ bien compréhensible.

Mais là n’est pas la question. En ce qui concerne les relations maroco-allemande, qu’a-t-on à y gagner ? La république d’Allemagne figure en cinquième position après l’Espagne, la France, la Chine et les Etats-Unis. A l’inverse et sur le continent le Maroc figure à la troisième place après l’Afrique du Sud et l’Egypte. Nous avons au petit jeu de l’échange un déficit de 900 millions d’euros pour 3,2 milliards d’euros d’importations contre1,3 milliard d’exportations. On y perd certes, mais à vrai dire c’est insignifiant. Pour autant, le peuple marocain , celui dont se considère l’Allemagne défenderesse (catégorie vulnérable) dans ces échanges n’y voit que dalle de la générosité allemande.

L’Allemagne nous vend des véhicules à moteur, des pièces de rechange, des machines, des produits chimiques et de l’électrotechnique, peut-on alors y percevoir un valeur ajoutée pour le côté populaire de la choses. Au Maroc on roule plus Dacia que BMW, Audi ou Mercedes qui sont réservées à une catégorie bien particulière. L’Allemagne pour paraphraser ce média,  « nous achète 1,3 milliard d’euros en textile, alimentation, électrotechnique, produits chimiques et matières premières. Un pays comme l’Allemagne peut-il sacrifier un marché aussi important pour un malheureux drapeau qui ne représente rien ? ».

Par ailleurs, les spéculations vont bon train et d’aucuns évoquent «des activités suspectes d’associations allemandes au Maroc». En Effet, sous l’égide du drapeau Allemand certaines ONG pas si ONG que ça, versent dans ce qui est à défaut de dire de l’espionnage, du manque d’égard à “l’hospitalité marocaine“  dans ce que l ‘on pourrait appeler remonter la société civile contre les Institutions d’Etat et ce à coup de subventions conséquentes par-ci par-là. D’autres affaires comme celles « du salafiste Mohamed Hajib, qui s’en donne à cœur-joie en insultant les institutions marocaines et dont Rabat n’a de cesse de réclamer l’extradition en vain » exaspèrent, outre celles du «drapeau» séparatiste brandi à Brême pour le 45ème de la création de la fantomatique. Les députés du land de Brême, cette ville-Etat, n’ont rien à faire des échanges avec le Maroc parce quasi inexistants. La question est de savoir si l’Allemagne peut ou non prendre une position claire et sans équivoque vis-à-vis de la question du Sahara.

Et si le Royaume devant cette situation a décidé de faire une pause ce n’est pas pour se ressourcer c’est juste pour peser le pour et contre des choses et se dire : Combien de Marocains consomment allemand et pour quel prix ? Par contre ce qui se consomme à l’inverse dans les lands mis à part les ressources premières et les produits agricoles et de pêche sont insignifiants et ils auront vite fait d’être reversés vers d’autres destinations sud-sud, plus dans le besoin qu’une opulente, et dans le cadre d’une solidarité africaine donnant-donnant.

Mais la vraie question est que veut au juste l’Allemagne ? Il est grand temps pour ce pays dont l’histoire avec le royaume n’est plus à composer de nous dire dans les yeux et sans faux-fuyants quel est l’intérêt de tuer un intérêt justement qui pour l’heure est à son avantage ?

Ouverture de la session extraordinaire de la Chambre des représentants