Un cumul de faux pas allemands à l’origine de la « colère » de Rabat

01 Mar 2021 à 23:43 Politique
Un cumul de faux pas allemands à l’origine de la « colère » de Rabat

En annonçant la suspension de tout contact avec l’ambassade d’Allemagne au Maroc, la note signée par le ministre des affaires étrangères, Nasser Bourita, ce lundi 1er mars, fait état de « malentendus profonds avec la République Fédérale d’Allemagne au sujet des questions fondamentales du Royaume du Maroc ».

Si le document n’en dit pas plus, il est clair que c’est un cumul de faux pas allemands qui a eu raison de la compréhension et la tolérance de la patrie marocaine, qui a fini par se rebiffer et dire assez face à des «actes irrespectueux pour le Royaume et ses institutions».

La Libye pour commencer

Le tout début, selon des sources de Hespress, fut l’exclusion du Maroc de la conférence de Berlin sur la Libye en janvier 2020. Rabat avait à l’époque exprimé son «profond mécontentement» quant à cette exclusion.

«Le Royaume du Maroc a toujours été à l’avant-garde des efforts internationaux pour la résolution de la crise libyenne» , avait souligné un communiqué du ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger, relevant que Rabat «a joué un rôle décisif dans la conclusion des accords de Skhirat, qui sont, à ce jour, le seul cadre politique – appuyé par le Conseil de Sécurité et accepté par tous les protagonistes libyens – en vue de la résolution de la crise dans ce pays maghrébin frère».

« Le Royaume du Maroc ne comprend ni les critères ni les motivations qui ont présidé au choix des pays participant à cette réunion », avait mis en avant le département de Bourita.

En octobre de la même année, le ministre marocain avait décliné une invitation de son homologue allemand, et des Nations Unies, pour prendre part à à la conférence de Berlin 2 sur la crise libyenne, qui fait suite à celle de janvier.

Marocanité du Sahara et reconnaissance US

Est venue par la suite l’initiative allemande hostile à la question de l’intégrité territoriale du Royaume, en ce sens que Berlin avait officiellement demandé une réunion du conseil de sécurité de l’ONU, à huis clos, sur le dossier du Sahara après la reconnaissance de sa marocanité  par les États-Unis de Donald Trump.

Mais en l’absence d’informations plus précises, les spéculations vont bon train. Certains évoquent «des activités suspectes d’associations allemandes au Maroc», d’autres «l’affaire du salafiste Mohamed Hajib, qui s’en donne à cœur en insultant les institutions marocaines et dont Rabat réclame l’extradition», outre l’affaire du «drapeau» séparatiste brandi à Brème pour le 45è de la création de la fantomatique.

Toujours est-il qu’une fois lassé de ce cumul d’«incidents», le Maroc a décidé de faire un bilan d’étape de ses relations avec Berlin.

En attendant, tout contact est gelé, «aussi bien avec l’ambassade d’Allemagne au Maroc qu’avec les organismes de coopération et les fondations politiques allemandes qui lui sont liés», jusqu’à ce que le Royaume obtienne des réponses à ces multiples interrogations.

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