L’ONU « implore » plus de dons pour le Yémen au bord de la famine

01 Mar 2021 à 22:47 Monde
L’ONU « implore » plus de dons pour le Yémen au bord de la famine

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a « imploré » lundi les donateurs pour donner plus pour le Yémen, pays miné par la guerre provoquée par les rebelles Houthis et qui a précipité les civils dans une grande famine.

« J’implore tous les donateurs de répondre généreusement à notre appel afin d’empêcher la famine d’engloutir le pays », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’ouverture de la réunion sur le Yémen au moment où certains pays ont baissé le niveau des aides par rapport à 2020.

Parallèlement à la baisse des aides cette année, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition aigue a augmenté en 2021 de 22% par rapport à l’année précédente.

« Aujourd’hui, réduire l’aide est une condamnation à mort pour des familles entières », a déclaré Antonio Guterres, « Chaque dollar compte », appelant à aider « généreusement » le Yémen pour éviter que la famine ne tue la population.

Pour le secrétaire général de l’ONU,  les 1,7 milliard de dollars promis par les donateurs sont « décevants » par rapport aux 3,85 milliards espérés. Lundi, les Etats-Unis ont promis 191 millions de dollars et l’Arabie saoudite 430 millions, des montants inférieurs par rapport à 2020.

« Avec cinq millions de personnes au bord de la famine et plus des deux tiers de la population du pays ayant besoin d’aide humanitaire ou de protection, la situation ne pourrait pas être plus urgente », ont fait valoir 12 ONG dont Save the Children, Oxfam et Action contre la Faim, dans un communiqué.

Ce derniers mois, les appels à l’aide du Yémen se sont multipliés et les mots utilisés ont été des plus forts. Selon l’ONU, la guerre au Yémen aura créé la plus grande crise humanitaire du monde.

« Des millions d’enfants, de femmes et d’hommes yéménites ont désespérément besoin d’aide pour vivre. Réduire l’aide équivaut à une condamnation à mort », a déplore Guterres dans un communiqué, à l’issue d’une réunion virtuelle co-organisée par la Suède et la Suisse qui a réuni 100 gouvernements et donateurs particuliers

« Pour la plupart des gens, la vie au Yémen est désormais insupportable (…). L’enfance est un enfer », a encore ajouté le SG de l’ONU.

Ce constat est partagé toutes les agences onusiennes œuvrant pour la cause, à savoir  l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui ont toutes annoncé que la moitié des enfants de moins de cinq ans au Yémen (soit 2,3 millions) vont souffrir de malnutrition aiguë en 2021.

« Parmi eux, 400.000 devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère et pourraient mourir s’ils ne reçoivent pas un traitement urgent », ont averti les agences dans un communiqué commun.

« Chaque jour qui passe sans action fera mourir plus d’enfants. Les organisations humanitaires ont besoin d’urgence de ressources prévisibles et d’un accès sans entrave aux populations sur le terrain », a alerté la directrice générale de l’Unicef, Henrietta Fore.

Le Yémen est au cœur d’une guerre menée par les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, qui veulent prendre le contrôle du pays après la chute de Mouammar Kadhafi. Depuis 2014, ils ont enchainé les victoires militaires, en prenant le nord du pays, en bloquant les aides humanitaires dans les principaux ports.

Les violences sont reparties de plus belle début février lorsque les rebelles ont lancé une offensive pour s’emparer de ce dernier bastion du gouvernement dans le Nord, et ont attaqué l’Arabie Saoudite, voisin qui pilote la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite.

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