Sahara : Après la reconnaissance américaine, les radars sont braqués sur Bruxelles

28 Fév 2021 à 22:07 Politique
Sahara : Après la reconnaissance américaine, les radars sont braqués sur Bruxelles

En dépit des liens économiques et historiques liant le Maroc et l’Europe, la position de Bruxelles sur le dossier du Sahara a toujours été claire. La neutralité absolue. Mais depuis la reconnaissance américaine en décembre 2020 de la souveraineté marocaine sur son Sahara, une tendance internationale à soutenir le plan d’autonomie proposé par le Maroc a été observée, mais qui ne semble pas beaucoup influencer la position européenne.

La revue Italienne « InsideOver » est revenue sur cette « neutralité passive de l’Europe qui ne sert pas la stabilité et l’intégration régionales« . Selon le journal, « pour Rabat, et après la démarque des USA de reconnaitre la souveraineté du Maroc sur son Sahara, une démarche similaire est désormais attendue de l’Europe« .

La communauté internationale s’oriente désormais vers une solution correspondant au plan présenté par le Maroc en 2007, à savoir la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur la région, qui, pour sa part, jouirait cependant d’une large autonomie, avance la revue.

Pour les pays européens, « InsideOver » estime qu’ils maintiennent officiellement une position de neutralité, considérée par Rabat comme «passive», c’est-à-dire qu’elle ne contribue pas à la solution définitive du différend mais, au contraire, fait perdurer le statu quo nuisible à la stabilité et à l’intégration régionale.

Une position fortement différente de celle des USA, précise le journal, qui rappelle la décision historique des USA, sous la présidence de Donald Trump, en décembre, de reconnaitre la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Le journal le décrit comme « le tournant américain ».

Les Etats-Unis ont donné un statut officiel à une position qui n’avait pas encore été ratifiée jusqu’alors, précise « InsideOver« , rappelant que depuis que le Maroc a présenté sa proposition d’autonomie en 2007, Washington a toujours soutenu l’idée d’accorder la souveraineté au Maroc sur le Sahara. D’où le tournant de Trump, auquel le nouveau président Joe Biden, entré en fonction le 20 janvier 2021, ne semble pas s’être opposé souligne le journal.

De cette manière, les États-Unis espèrent accélérer le projet de résolution de la question de longue date relative au Sahara et qui traîne depuis 1974, écrit la revue.

Dans un inter-titre intitulé « Bourita : l’Europe suit les États-Unis« , le journal italien explique que depuis la position récente de Washington sur la question du Sahara, la position de Bruxelles est très attendue, en témoigne la déclaration du ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lorsqu’il a invité l’Union Européenne (UE) à suivre les traces des USA.

« InsideOver »  rappelle les déclarations du chef de la diplomatie à Rabat qui a indiqué « que le tournant de décembre, autour du dossier du Sahara, est une évolution naturelle de la position américaine qui, depuis 2007, considère l’initiative marocaine d’autonomie comme une base sérieuse et réaliste pour trouver une solution définitive au différend régional ».

C’est pourquoi la position de Washington a exprimé ce qui apparaît, aux yeux de Nasser Bourita, comme une « tendance au niveau de la communauté internationale » visant à soutenir la proposition du pays de l’Afrique du Nord sur la question du Sahara, estime le journal.

Pour Rabat, la tendance positive enregistrée ces dernières années pourrait connaître une nouvelle accélération si le « Vieux Continent » reconnaissait également la souveraineté marocaine sur son Sahara, écrit le journal, rappelant encore une fois une déclaration de Nasser Bourita où il a affirmé que cette dynamique pourrait accélérer vers le règlement définitif de ce dossier.

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