Sahara: La cour européenne de justice examine un recours du polisario

28 Fév 2021 à 16:38 Politique
Sahara: La cour européenne de justice examine un recours du polisario

La Cour européenne de justice (CJUE) est attendue mardi et mercredi pour étudier le recours des séparatistes du polisario concernant les accords commerciaux entre l’UE et le Maroc. L’Union européenne est appelée à rejoindre la tendance internationale visant à trouver une solution politique sous souveraineté marocaine.

Deux séances sont prévues mardi et mercredi pour discuter des accords UE-Maroc sur l’exportation de poissons, de tomates et de melons cultivés dans les provinces sahariennes marocains, que les séparatistes armés du polisario revendiquent.

Les séparatistes sahraouis avaient introduit ce recours le 27 avril 2019, et si la Cour européenne de justice doit l’examiner le 2 mars, les conclusions ne sont pas attendues avant plusieurs mois.

Il ne s’agit pas de la première fois que les séparatistes du polisario remettent en cause les accords conclus entre le Maroc et l’Union européenne. Déjà en 2016 et en 2018, les séparatistes sahraouis avaient porté l’affaire devant le CJUE pour tenter d’arracher une victoire symbolique, visant à reconnaitre leur contrôle sur ce territoire disputé.

Il ne s’agira pas de la dernière fois non plus, où les séparatistes attaqueront les accords Maroc-UE, tant que l’Union européenne n’aura pas pris une position politique plus claire concernant ce conflit fabriqué en 1973, par l’ancien président algérien Houari Boumédiène qui avait pour objectif de soumettre toute l’Afrique du nord, en particulier le Maroc qui avait réussi à retrouver son indépendance avant l’Algérie, et avait remporté plusieurs victoires militaires, notamment celle d’Amgala 1 et 2.

Si au niveau diplomatique les institutions européennes restent sur leur position concernant le conflit du Sahara, en se référant au processus onusien et en qualifiant l’initiative marocaine d’autonomie de sérieuse et crédible, au niveau commercial, l’UE est une fois de plus attaquée par les séparatistes du polisario qui revendiquent le Sahara.

Malgré la multiplication des reconnaissances internationales de la pleine souveraineté du Maroc sur ses provinces sahariennes, l’Union européenne est restée pour le moment sur une position jugée pas assez courageuse et, qui n’aide pas à trouver une solution à ce dossier.

Pour le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, «il suffit que l’Europe sorte de sa zone de confort et soutienne cette tendance internationale», estimant que  «le processus a tourné en rond pendant des années» et qu’aujourd’hui, «une orientation émerge et c’est cette orientation-là que l’UE doit épouser également» surtout que l’une des principales préoccupations de l’Union européenne est de sécuriser la zone sahélo-saharienne (élément faisant partie du nouvel agenda pour la méditerranée 2021-2017 de l’UE), aujourd’hui menacée depuis que les séparatistes ont annoncé la fin du cessez le feu conclu en 1991.

Le Maroc a su faire évoluer sa position sur le Sahara pour trouver une issue à ce conflit qui tourne en rond depuis de nombreuses années, devant des séparatistes nourris par l’Algérie qui cherchent à déstabiliser la région en lançant une guerre aux répercussions dévastatrices pour les deux principales parties au conflit, à savoir le Maroc et l’Algérie.

Le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine recueille de plus en plus de soutiens internationaux, car il s’agit de la proposition la plus avancée en termes de concessions et de compromis par Rabat et est perçue par la communauté internationale comme une solution crédible, pragmatique, réaliste, pour mettre fin à ce conflit.

Alors que l’UE qui est attachée au multilatéralisme, elle est attendue pour prendre part à l’élan international visant à mettre fin à ce conflit en s’attachant à un règlement politique et sur la base du compromis, ce qui permettra de continuer à faire vivre un partenariat jugé « excellent » avec le Maroc.

C’est d’ailleurs la promesse faite par le Commissaire à l’Élargissement et à la Politique européenne de Voisinage, Oliver Varhelyi, qui affirmé que l’Union européenne utilisera « tous les moyens possibles pour faire progresser » son partenariat avec le Royaume du Maroc, après un entretien téléphonique avec le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita.

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