Espagne: L’ancien roi Juan Carlos a demandé des prêts à des « amis » pour rembourser le fisc

27 Fév 2021 à 13:53 Monde
Espagne: L’ancien roi Juan Carlos a demandé des prêts à des « amis » pour rembourser le fisc

Des médias espagnols ont révélé que l’ancien roi d’Espagne, Juan Carlos, a eu recours à des prêts provenant d’amis pour payer ses dettes fiscales s’élevant à 4,4 millions d’euros. Les « amis » de l’ancien roi ont préféré lui prêter cet argent pour ne pas avoir de problèmes à leur tour.

Une dizaine de personnes proches de l’ancien monarque ont convenu de lui accorder des prêts avec, dans certains cas, des taux d’intérêts de 0% pour qu’il puisse rembourser ses dettes auprès du fisc. Il s’agit de la deuxième trance de paiements que Juan Carlos effectue.

En décembre, l’ancien roi qui a abdiqué en faveur de son fils Felipe VI avait payé 680.000 euros dans le cadre d’une enquête anti-corruption sur son utilisation de cartes de crédit liées à des comptes bancaires de personnes tierces.

Cette fois, selon la presse espagnole, l’ancien roi en exil à Abu Dhabi a eu recours à des prêts d’hommes d’affaires et aristocrates, et pas de dons, car ils sont imposés à 40%. Certains d’entre eux ont même eu recours à des actes notariés pour effectuer ces opérations pour se prémunir d’éventuels problèmes juridiques.

Mais comme l’ancien roi de 83 ans n’a pas de quoi rembourser ces prêts d’un total de 4.395.901,96 euros et ne peut pas prendre de crédit à son âge, il semblerait que ces dettes retombent sur la couronne espagnole après sa mort, en l’occurrence son fils le roi Felipe VI qui a mis un point d’honneur à avoir une conduite irréprochable.

Alors que vendredi, l’avocat du roi avait annoncé le versement de ces 4,4 millions au fisc, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a exprimé vendredi un sentiment de « répulsion » à l’égard de la « conduite incivique » de l’ancien roi Juan Carlos.

« Je vais manifester de manière catégorique le même sentiment que la majorité des Espagnols, qui est la répulsion (…) face aux conduites inciviques que nous avons appris à travers les médias », a-t-il déclaré devant la presse au palais de la Moncloa.

« Ici, ce qui est en question, c’est le comportement d’une personne » en tenant à distinguer le comportement de l’ancien roi et celle de l’institution monarchique. « Ce n’est pas une institution, ni le palais royal ni la couronne, qui est en cause », a-t-il poursuivi.

« Le roi actuel, a marqué un avant et après en termes d’exemplarité, de transparence et de bon usage des deniers publics et a, en conséquence, tout mon soutien », a conclu le chef du gouvernement socialiste.

Affaire Khashoggi: Washington n'accuse pas directement le prince MBS