Santé : Ça barde à la DPM, Bouchra Meddah dans le collimateur

24 Fév 2021 à 21:40 Santé
Santé : Ça barde à la DPM, Bouchra Meddah dans le collimateur

Suite aux licenciements estimés «injustifié» par l’UMT, de Mohamed Wadie Zerhouni, chef de la division de la pharmacie, et de Meryem Baghdadi, cheffe du service des visas, l’ambiance est à son plus bas à la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP).  En effet après un sit-in devant le siège de cette direction le vendredi dernier il s’en était suivi une réunion avec le DRH du département de la santé qui vraisemblablement n’a rien arrangé si ce n’est que d’avoir envenimé la situation.

Suite à cela, le bureau syndical de la tutelle, affilié à l’Union marocaine du travail (UMT), a publié un communiqué de presse pour le moins virulent et dénonciateur ce mardi. Dans son document, qui s’apparente à un compte-rendu de réunion l’UMT, s’en prend à la directrice de la DMP, Dr Bouchra Meddah et l’accuse ni plus ni moins de «harcèlement moral», «abus de pouvoir» et mauvaise gestion des cadres de son département.

L’organisation syndicale reproche en outre à Meddah « d’obstruer la signature des autorisations de certaines sociétés malgré leur réception dans les délais légaux et raisonnables, prétendant que les retards sont causés par le relâchement des fonctionnaires tout en poussant les responsables de ces sociétés à rédiger des plaintes mensongères contre certains cadres ». L’UMT relève en conséquence des «  dysfonctionnements dangereux dont l’obstruction ou la suspension du système informatique stockant les données relatives aux dispositions médicaux aux produits cosmétiques et d’hygiène corporelle du service des visas, de l’homologation de ces sociétés à rédiger des plaintes mensongères contre certains cadres et ce depuis le 5 février 2021 ». 

Les syndicalistes ont martelé que les deux responsables ont été écartés non pas pour faute grave, mais pour avoir refusé de signer à postériori l’autorisation de mise sur le marché des produits Conmedic, un fabricant de masques chirurgicaux et de masques FFP2, alors que ni le dossier de ce dernier, n’avait été déposé, ni ses droits d’enregistrement réglés à temps.

Bien que la branche syndicale ait reproché à la DMP depuis plusieurs années déjà ses multiples dysfonctionnements et déséquilibres, il semblerait que ce dernier acte de licenciement ait été la goutte qui a fait déborder le vase. L’UMT a en outre dénoncé «l’exploitation d’une armée d’employés de sécurité et d’hygiène» par la DMP et «l’utilisation de moyens techniques pour l’espionnage des fonctionnaires (caméras de surveillance)».

Cette fameuse goutte est sans aucun doute caractérisée par la décision signée et peu cavalière du ministre de la Santé d’écarter l’un des responsables de la DMP, Dr Mohamed Wadie Zerhouni, Chef de division de la pharmacie le jeudi 18 février. Il a été relevé de ses fonctions sans qu’on ne lui signifie les raisons de son limogeage. Le Dr Zerhouni avait comme supérieure Dr Bouchra Meddah, Directrice des médicaments et de la pharmacie, nommée à ce poste au mois d’août dernier en Conseil de gouvernement. Le Dr Zerhouni s’occupait de la coordination du processus de l’évaluation administrative des dossiers d’enregistrement des médicaments et des produits de santé, de la coordination du processus de fixation des prix des médicaments et de la coordination du processus de contrôle des produits sous contrôle international.

Pour rappel, la Direction de médicaments et de la pharmacie est connue par ses scandales à répétition et qui ont coûté leurs postes à plusieurs responsables dans le passé. Aussi est-il, est bon également de savoir que la DMP, depuis octobre 2020, fait l’objet d’une investigation conduite par une commission parlementaire, présidée par l’USFPiste, membre du Groupe socialiste à la Chambre des représentants, Ibtissam Merras. Cette enquête intervient après la signalisation de l’implication de la DMP dans plusieurs affaires de fraude, de corruption et de passation illégales de marchés, entre autres. Des sources proches de ce dossier ont révélé que les responsables de la DMP entravent l’investigation des membres de ladite commission parlementaire, et ce en refusant de leur fournir les documents des marchés octroyés par la direction.

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