Coronavirus : le carnaval de Rio pour la première fois depuis 1932 n’a pas eu lieu

16 Fév 2021 à 15:23 Monde
Coronavirus : le carnaval de Rio pour la première fois depuis 1932 n’a pas eu lieu

Dans l’une des plus belles villes balnéaires du Brésil, Rio de Janeiro, sur l’avenue où défilent les écoles de samba en lieu et place du fameux carnaval, on a tout simplement transformé le « sambodromo » en espace de vaccination, un peu comme pour rappeler à tous, que l’heure est grave et que l’inconscience populaire face à ce fléau n’est plus à taire.

In fine, les Cariocas ne verront pas leurs écoles de samba défiler au légendaire « sambodromo » lors du carnaval de Rio cette année. C’est une première depuis 1932 qu’officiellement la meilleure école de samba est couronnée. L’an 2021 donc, Dame Covid-19 oblige, verra les écoles de samba ranger leur fioritures multicolores dans les placards en espérant un meilleur avenir. Reporté pour juillet le carnaval a été finalement annulé, une véritable cata. C’est que la pandémie fait rage à Rio et au Brésil.

C’est donc, une véritable tragédie pour les 80 000 personnes qui en vivent. Des artisans comme les couturières, les menuisiers, les sculpteurs, constructeurs de chars, danseurs et autres métiers y afférant qui n’ont souvent que ce revenu annuel pour subvenir à leurs besoins. Et si elle fait mal à une couche populaire cette tragédie, qui du reste est nationale, fait encore plus de mal à l’économie de Rio de Janeiro (tourisme etc…).

Mais ce n’est pas qu’à Rio que le Brésil souffre de la crise sanitaire. Touché par une deuxième vague très virulente, le deuxième pays le plus endeuillé au monde avec plus de 239 000 décès, n’a autorisé à ce jour que deux vaccins, le CoronaVac et celui du groupe anglo-suédois AstraZeneca. Plus de 5 millions des 212 millions de Brésiliens ont déjà reçu au moins une dose. Mais la campagne de vaccination qui avait démarré en même temps que le Maroc faute de stock de doses est pratiquement à l’arrêt dans divers états et villes du pays.

Au Brésil, la situation sanitaire reste très tendue dans le pays et des villes comme Sao Paulo, Manaus ou Rio de Janeiro en souffrent le martyr. Les hôpitaux sont en manque d’oxygène et les unités de soins intensif sont saturées. D’où des mesures de confinement et autres parce que les gouvernorats sont sous pression. Mais c’est à  Manaus ville de plus de deux millions d’habitants que la pandémie, fait le plus mal. Les gens de petit peuple meurent, à l’hôpital ou seuls chez eux, ceux aisés ou de la classe politique, vivent relativement protégés et ne se préoccupent pas beaucoup de la pandémie qui frappe leurs concitoyens. Et même parmi ces derniers il y a des partisans du complot ou ceux ignorant la gravité de la situation.

A Manaus comme à Rio de Janeiro ou Sao Paulo dans les quartiers populaires et autres favelas, il n’est guère d’impression d’une  pandémie. Les Brésiliens  travaillent, sortent dans la rue comme si de rien n’était, inconscients face au danger. Plusieurs facteurs ont mené à cette situation. A la négligence de la population de son non-respect des gestes barrières (distanciation sociale, la désinfection des mains ou le port du masque) on peut mettre dans le panier et d’une manière générale, l’infrastructure médicale très précaire particulièrement à Manaus, la grande inégalité sociale et surtout une classe politique très corrompue incapable de gérer la pandémie.

A l’instar du président Jair Bolsonaro cette dernière minimise l’impact de la pandémie. Et si l’on ajoute à cela l’apparition d’un nouveau variant du coronavirus dont on ne sait que très peu de choses, on peut aisément imaginer vers quel dérive se dirige le Brésil au regard d’une situation vraiment désespérée et d’autorités locales et fédérales carrément dépassées par les événements.

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