Étude : L’industrie de l’événementiel, la plus impactée par la crise sanitaire

15 Fév 2021 à 22:51 Economie
Étude : L’industrie de l’événementiel, la plus impactée par la crise sanitaire

L’industrie de l’événementiel est l’un des secteurs les plus touchés par la crise liée à la pandémie du coronavirus. Afin d’évaluer avec rigueur et pertinence l’impact de la crise plurielle engendrée par la Covid-19 sur l’industrie de l’événementiel au niveau national, le Groupement Professionnel des Prestataires de l’Évènementiel du Maroc (GPPEM) a lancé une étude qui a embrassé toutes les composantes du secteur dans les principales régions du Royaume (Casablanca, Rabat, Fès, Tanger…).

Il ressort de cette étude, réalisée par le cabinet VQ, que 93,5% des acteurs estiment qu’il s’agit de la pire conjoncture qu’ils aient jamais connue. Cela s’est traduit par une baisse de leur chiffre d’affaire de +75%, une réduction des effectifs d’environ 55%, un recours massif au crédit et une nette tendance à la vente par nombre de prestataires de leurs biens immobiliers et mobiliers pour faire face aux conséquences de cette situation catastrophique.

L’étude a concerné les entités et personnes intervenant dans le secteur de l’événementiel, qu’ils soient des entreprises ou des freelances. Elle avait pour objectifs de procéder à une évaluation globale de la situation, d’identifier l’impact de la crise sur les opérateurs de l’événementiel en comparaison avec les autres secteurs économiques, de faire le point sur ses conséquences en termes de chiffre d’affaires, d’employabilité, de trésorerie et de perspectives à court terme.

L’étude du GPPEM révèle ainsi que l’industrie de l’événementiel a été la plus touchée avec 93,5% d’impact négatif comparativement aux autres secteurs économiques (83,5%). Par ailleurs, au vu de leurs obligations contractuelles et/ou salariales, les entreprises du secteur ont recouru massivement au crédit bancaire (malgré son insuffisance et sa cherté au regard de la conjoncture) et aux aides de l’état sollicitées par 63% des sondés qu’ils estiment par ailleurs insuffisantes et non régulières. En ce sens, le recours au crédit a concerné exclusivement Damane Oxygène (30% des demandeurs) et Damane Relance (20%).

Il ressort de ces chiffres (crédits et aides publiques) qu’une bonne partie des acteurs de l’événementiel a privilégié les recours ‘’domestiques’’ pour renflouer leurs trésoreries (aide familiale et amis, outre la vente de biens immobiliers et mobiliers), sachant que les acteurs de l’événementiel ont dû subir le règlement de différends à l’amiable (60% des litiges) pour éviter les procédures judiciaires longues et onéreuses.

« Cet état reflète un véritable sinistre que les professionnels semblent ne plus supporter et a conduit et continue de conduire à la fermeture pure et simple de nombreuses entités. D’ailleurs, 35% des entreprises du secteur ont opté pour l’abandon de leurs activités« , indique l’étude du GPPEM.

Le GPPEM avait également pour objectifs de sonder les professionnels du secteur sur leur vision des solutions urgentes à mettre en œuvre, que ce soit de la part des autorités publiques, notamment le Chef du gouvernement, les ministères de l’Intérieur, des Finances, de l’Industrie (institution de tutelle), de la santé, CVE et la CGEM, ou en ce qui concerne la poursuite sereine des activités de l’évènementiel.

À cette fin, les opérateurs du secteur de l’industrie de l’événementiel sont convaincus que seule une aide soutenue de la part des autorités publiques est à même de leur permettre de se maintenir. Cette aide, estime l’étude, s’articule sur la consolidation et le renforcement des aides aux salariés, en tenant-compte de l’échelle des salaires selon le cadre et la compétence, ’exonération totale des charges fiscales et sociales pour les exercices 2020/2021, le report des échéances bancaires de 2020 et 2021 sans intérêt ainsi que l’octroi de crédits sans intérêts pour les entreprises du secteur qui en auront recours durant l’année 2021.

« Ces aides et facilités, dans la limite de leurs effets structurels, sont le seul canal qui permettrait à ce secteur de continuer à exister en attendant le retour à la normalité. A cet égard, les professionnels estiment que l’organisation d’événements en présentiel est la seule voie qui favoriserait le retour de leurs activités en situation normale, dans le respect strict et rigoureux, bien évidemment, du Protocole sanitaire proposé par le GPPEM depuis juillet 2020 » estime l’étude.

L’e GPPME explique ainsi que l’événementiel, contrairement à d’autres secteurs », ne vit que par l’organisation d’événements en présentiel, surtout que les annulations-surprises dès fin février 2020 ont cette caractéristique de ne pas voir en le virtuel un moyen de leur efficience et leur fiabilité. En conséquence, le retour à l’organisation événementielle présentielle est la seule chance pour le secteur, dans ses variantes et ramifications, de dépasser le cap et éviter le dépôt de bilan général, qui se profile face à la poursuite de restrictions qui ne tiennent pas compte de la spécificité organique de l’Industrie et services de l’événementiel ».

D’ailleurs, le groupement s’interroge pourquoi l’organisation d’événements présentiels est interdite alors que certains lieux/commerces rassemblent des masses tous les jours : centres commerciaux, cafés, restaurants et autres.

S’agissant de la vaccination qui vient d’être lancée, le groupement estime que bien qu’elle soit un facteur d’optimisme pouvant déboucher sur l’immunité collective à moyen terme, elle ne peut se faire que dans la durée. Or, le secteur manque vitalement précise le groupement notant que les aides, les exonérations et le retour immédiat à la normale demeurent le chemin unique pour sauver tout un secteur de la faillite programmée.

Quelques données sur l’étude du GPPEM 

L’étude, réalisée le cabinet VQ, indique que 87,5% des professionnels sondés sont soit gérants, soit directeurs généraux, soit propriétaires des entités représentées, tandis que pour 93,5% des professionnels sondés, la conjoncture actuelle de l’évènementiel est défavorable et pour 83,5% elle est très défavorable.

Les professionnels sondés exerçant dans l’évènementiel, poursuit l’étude, mettent en avant une situation plus compliquée pour leur secteur, comparativement au reste de l’économie. Il s’agit de 87,5% des professionnels sondés tandis que 26% des entreprises du secteur de l’évènementiel sondées, ont appliqué une baisse de +50%, des effectifs permanents, 51% des entreprises du secteur de l’évènementiel sondées, ont appliqué une baisse de +50%, des freelances et enfin 69% ont procédé à des coupes budgétaires dans le poste relatif aux freelances.

Mais pas que ! 89% des entreprises du secteur de l’évènementiel sondées, auraient subi une baisse de chiffre d’affaires de +50%. 57% d’entre elles ont relevé une baisse de +75%, d’autres ont perçu des aides et ont recouru aux crédits garantis par l’Etat pour faire face à la baisse de CA tandis que 97,5% des professionnels de l’évènementiel sondés, ayant bénéficié de l’aide CNSS aux salariés, ont jugé l’effort insuffisant pour leurs collaborateurs.

Un taux de 93,5% des entreprises du secteur de l’évènementiel sondées, ayant obtenu le crédit Damane Oxygène, ont jugé le montant insuffisant pour faire face aux frais pendant le confinement, poursuit l’étude, 85,5% des entreprises du secteur de l’évènementiel sondées, ayant obtenu le crédit Damane Relance, ont jugé le montant insuffisant pour faire face aux frais après le confinement, 22,5% des professionnels interrogés affirment avoir pensé à arrêter leur activité, après le confinement, 23,5% des représentants d’entreprises de l’évènementiel ont mis en vente une partie ou l’ensemble de leur matériel de même que des incidents de règlements.

Enfin, l’étude du GPPEM précise que 5% des professionnels de l’évènementiel sont prêts à respecter un protocole sanitaire des plus stricts, dès lors que la reprise de l’activité est annoncée, 88,5% des professionnels sondés n’imaginent pas leur métier se passer du présentiel dans l’avenir, tandis que près de 60% des professionnels interrogés n’ont aucune visibilité commerciale pour les prochains mois.

Bien que la tendance soit à l’optimisme (comportement national habituel porté par la foi), plus de 40% de l’échantillon fait preuve d’un attentisme plutôt inquiet précise l’étude en attentes d’un soutien des pouvoirs publics au secteur de l’évènementiel.

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