Algérie: Que prépare Abdelmadjid Tebboune pour l’anniversaire du Hirak?

15 Fév 2021 à 21:30 Monde
Algérie: Que prépare Abdelmadjid Tebboune pour l’anniversaire du Hirak?

De retour en Algérie, un mois après son deuxième séjour médical en Allemagne, le président algérien Abdelmadjid Tebboune, a repris le chemin du travail après plusieurs doutes sur sa capacité à reprendre du service. Selon plusieurs médias algériens, le président algérien prépare un remaniement gouvernemental et la dissolution du Parlement.

Après plusieurs mois passés en dehors des frontières, le chef de l’Etat a pu constater que ses directives n’ont pas été suivies notamment concernant la campagne de vaccination. Si le Premier ministre Abdelaziz Djerad a pris certains dossiers en main pendant la première hospitalisation du président prenant le leadership du pays pendant son absence cela n’a pas été le cas de tous les ministres.

Plusieurs chantiers sont restés en suspens jusqu’à son retour, les ministres ne voulant pas brûler leurs cartes, ont préféré ne pas prendre d’initiatives ou de risques à cause d’une atmosphère pleine d’incertitudes sur l’état de santé du président et sur l’avenir du pouvoir dans le pays.

Alors que la situation économique, politique et sociale du pays connait une grave crise de l’avis de tous, dont certains vont même à la comparer à une impasse dont il serait difficile de sortir, le président Tebboune, absent pendant plusieurs mois, n’a pas pu jouer pleinement son rôle et s’est contenté d’être un timide spectateur d’une détérioration de tous les indicateurs.

D’ailleurs Abdelmadjid Tebboune n’avait pas caché son mécontentement par rapport au rendement et aux résultats des ministres et il semblerait qu’un nouveau remaniement gouvernemental est sur le point d’avoir lieu.

Seuls les fidèles devraient rester et la première personne à apparaitre sur la sellette, c’est le chef du gouvernement Abdelaziz Djerad car, en l’absence du chef de l’Etat, il s’est positionné en tant futur président par intérim, pensant que Tebboune serait un nouveau président importent.

Mais encore, ses inimitiés avec Abderrahmane Benbouzid le ministre de la Santé qu’il a tout simplement écarté de la gestion de la crise sanitaire y préférant le ministre de l’Industrie pharmaceutique Abderrahmane Lotfi Benbahmed, risquent de lui coûter cher.

Que va faire Tebboune?

Outre un probable remaniement, le président semble vouloir continuer la « purge » à tous les niveaux de l’Etat et c’est ainsi que c’est le Parlement qui sera visé cette fois-ci. Dès son retour, Abdelmadjid Tebboune a convoqué plusieurs chefs de parti politique. Tous ont affirmé « avoir compris » de leur entretien avec le président qu’il avait l’intention de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections anticipées.

Le président algérien a devant lui de gros dossiers qu’il va devoir gérer en seulement un dizaine de jours avant le deuxième anniversaire des manifestations du Hirak qui risque de créer des surprises surtout que ces dernières semaines le moral et la confiance des Algériens se sont encore dégradés au point où plusieurs manifestations successives ont été organisées dans plusieurs villes pour dénoncer les conditions de vie.

Ce raz le bol de la population du fait du coronavirus, rajoutée à l’absence du président, l’inaction du gouvernement, les dossiers des détenus politiques et d’opinion, ne font que jouer en défaveur du pouvoir algérien qui se trouve déjà en situation sursis « grâce » à la pandémie du coronavirus qui a pu déjouer les manifestations du Hirak.

En seulement quelques jours, Abdelmadjid Tebboune devra tenter de rompre avec la politique de l’autruche du régime algérien et trouver une autre parade pour contrer son déficit de légitimité grandissant au lieu de toujours se décharger de ses responsabilités en jouant la carte de la paranoïa de la crainte de la menace extérieure.

Des actions concrètes sont demandées par le peuple qui a déjà commencé à s’organiser pour des manifestations dans les prochaines semaines. Des élections anticipées, ou des changements au sein du gouvernement ne sont pas suffisants car leur portée n’est pas quantifiable dans l’immédiat.

Par contre, une grâce présidentielle des détenus d’opinion à l’exemple du journaliste Khaled Drareni, et les prisonniers politiques comme Rachid Nekkaz, ferait gagner au président des points en capital sympathie.

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