Vaccination : Les personnes âgées en situation de rue, écartées du processus

14 Fév 2021 à 22:33 Société
Vaccination : Les personnes âgées en situation de rue, écartées du processus

Après avoir été hébergées pendant la période de confinement dans des abris et des salles publiques, les personnes sans domicile fixe ont regagné la rue pour mener de nouveau une vie de sans-abri, y compris les personnes âgées. Et jusqu’à présent, elles n’ont pas été impliquées dans le processus de vaccination contre le Covid-19.

Ces dernières semaines, trois décès dus au coronavirus, ont été enregistrés parmi les personnes en situation de rue. Un drame qui nécessite que ces personnes-là, en particulier celles âgées, soient priorisées dans l’opération de vaccination, étant donné qu’elles ont les plus exposées à la contamination, selon Nissrine Louzi, présidente de l’association « Koulna M3ak » (nous sommes tous avec toi) pour l’intégration des personnes en situation difficile.

Dans une déclaration à Hespress, elle a indiqué que jusqu’à présent, aucune notification n’a été émise par les autorités sanitaires concernant la vaccination des personnes en situation de rue. Elle a expliqué à cet égard que compte tenu de la situation particulière qu’elles vivent, ces personnes ont besoin d’un process et un suivi différents ceux par lesquels les citoyens ont été invités à se faire vacciner.

Parmi les personnes en situation de rue, se trouvent des femmes et des hommes âgées, qui devraient faire partie des groupes auxquels les autorités sanitaires ont donné la priorité à la vaccination, aux côtés du personnel au front face à la pandémie du coronavirus, a-t-elle ajouté.

Selon les chiffres officiels du ministère de la Solidarité, du Développement social, de l’Égalité et de la Famille, le nombre de personnes vivant en situation de rue et qui ont été hébergées pendant la période de confinement a dépassé les 6000. Sauf qu’après la fin de la période de confinement, elles sont malheureusement retournées dans la rue.

Les risques de contracter le virus par les personnes en situation de rue sont très élevés du fait qu’elles ne disposent pas des moyens, même basiques, de protection sanitaire.

En revanche, la présidente de « Koulna M3Aak« , précise que les personnes vivant dans la rue ne peuvent bénéficier de la vaccination contre le virus fantôme, en émettant une simple demande aux autorités sanitaires comme les autres citoyens, car elles n’ont même pas de carte d’identité nationale ou de document prouvant leur identité. Nisrine Louzi relève ainsi que « si la vaccination est générale, alors ces personnes sont aussi des Marocains, et il faut leur donner la priorité ». Toutefois, déplore-t-elle, personne n’en parle.

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