Drame de Tanger : L’AMDH pointe la mauvaise politique de l’Etat

14 Fév 2021 à 10:37 Société
Drame de Tanger : L’AMDH pointe la mauvaise politique de l’Etat

Le drame de Tanger fait encore réagir. Avec un bilan lourd de 29 morts dans une unité clandestine à Tanger, l’Association Marocaine des droits de l’Homme (AMDH), a appelé l’Etat marocain à dévoiler pleinement la vérité et appliquer la loi et la justice concernant cette tragédie.

En ce sens, l’AMDH a appelé à lutter contre « l’exploitation hideuse des entreprises internationales des peuples du Sud et à créer un mouvement de lutte contre la corruption, la tyrannie, les pots-de-vin et les lobbies économiques »

« Les incidents tragiques au cours desquels des travailleurs, hommes et femmes, perdent la vie en raison de la corruption endémique, du mépris total des autorités de leurs responsabilités, du mépris de la vie humaine et la tolérance face à l’avidité des employeurs locaux et étrangers se poursuivent. Cela a été vécu le lundi matin 8 février à Tanger, où 29 personnes – 10 ouvriers et 19 ouvrières – ont perdu la vie après de fortes précipitations ayant inondé une unité de production textile dans laquelle ils travaillaient« , dénonce ainsi l’AMDH.

Et de rappeler les conditions de travail de ces employés notant ainsi qu’il s’agit d’une unité industrielle qui se situe dans le garage d’une villa de deux étages, où les conditions élémentaires de sanié et de sécurité sont inexistantes. Plus de 50 personnes sont employées au sein de cette unité, poursuit l’AMDH, dont la plupart sont des femmes, mais aussi des mineurs.

Selon l’association, ces derniers ont été « soumis à une exploitation et une violation flagrantes de leurs droits minimaux stipulés dans le Code du travail devant le regard des autorités« .

Tout en exprimant sa profonde tristesse pour cette calamité humaine qui a coûté de nombreuses vies humaines, et son extrême colère face à la mauvaise politique de l’Etat qui a conduit à cette tragédie, le bureau central de l’Association marocaine des droits de l’homme fait part de ses « plus sincères condoléances et expressions de sympathie aux familles des victimes de cet incident, et leur exprime son soutien face à cette grande injustice qui les a affectées et qui a conduit à la perte de leurs familles dans ces circonstances douloureuses ».

L’AMDH considère que ce tragique accident n’est pas un « cas isolé, ni une exception ni un précédent, mais plutôt le produit d’une corruption endémique, qui conduit à la collusion des fonctionnaires avec des entreprises avides, et protège les opérateurs qui ne s’intéressant qu’aux profits, au détriment même de la vie humaine, ce qui en fait une grave violation des droits des victimes et de leurs familles, d’où la nécessité et l’importance selon l’association de sanctionner les responsables de ce drame, réparer, et faire en sorte à ce que ça ne se reproduise pas ». 

De plus, l’AMDH considère que « les déclarations faites par la présidence du gouvernement et ce qui a été rapporté par les médias, selon lesquelles l’unité de production en question fonctionnait dans le secret, sont des aveux qui la condamnent et ne l’innocentent pas ».

Par ailleurs, concernant le secteur informel, l’AMDH exige son éradication dans le domaine de l’industrie, en particulier les industries du textile et du cuir, qui sont actives dans de nombreuses régions, et souligne la nécessité d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs dans toutes les unités de production, et d’activer les opérations de contrôle conformément aux lois en vigueur.

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