Grippe aviaire en Algérie ou le blues du poulet local

12 Fév 2021 à 22:34 Monde
Grippe aviaire en Algérie ou le blues du poulet local

La découverte d’un foyer de grippe aviaire (H5N8) hautement pathogène, fin janvier dans une ferme à Ain Fakroun dans la wilaya de Oum el Bouaghi (est de l’Algérie) vient de produire ses premiers effets à l’international.

La Mauritanie et autres pays sahéliens ont en effet décidé de suspendre l’importation de la volaille d’Algérie, rapportent les médias algériens. En effet, la Mauritanie par la voix de son ministre mauritanien du Développement rural, Day Ould Zein, a adressé une note aux services spécialisés afin de renforcer les contrôles au niveau des frontières terrestres, des ports et des aéroports, pour éviter toute importation de volaille d’Algérie, selon une source gouvernementale. La Mauritanie elle-même n’est pas épargnée par ce fléau. Fin janvier, la direction des Services vétérinaires du ministère mauritanien du Développement rural confirmait la présence du virus de la grippe aviaire H5N1 au Parc national du Diawling (16 000 hectares), situé sur la rive gauche du fleuve Sénégal, dans l’extrême sud-ouest de la Mauritanie où plus de 250 pélicans, ont été retrouvés morts . Les analyses ont révélé l’existence du virus, avait fait savoir le directeur des Services vétérinaires, Pape Doumbia, à l’Agence mauritanienne d’Information (AMI).

« La maladie se limite pour le moment aux oiseaux sauvages. Mais il existe le risque de transmission à l’homme par contact direct et durable avec les oiseaux », avait averti le directeur. Il a ajouté que le ministère avait déjà ordonnée le 31 janvier, suite à la détection des premiers cadavres d’oiseaux sur le site de nidification du parc, la fermeture du Parc national du Diawling à tous les visiteurs, avec arrêt immédiat des activités de pêche et de cueillette.

Le ministre sénégalais de l’Environnement, Abdou Karim Sall, avait annoncé pour sa part, la semaine dernière que la mort de 750 pélicans dans le Parc national des oiseaux de Djoudj (nord), sur la rive gauche du fleuve Sénégal, est liée l’influenza aviaire de type A qui est un sous type de la grippe H5N1, communément appelée la grippe aviaire. Un recensement national de la volaille a été lancé notamment dans la wilaya (région) du Trarza où se situe Diawling dans l’objectif de contenir le virus de la grippe aviaire.

En début de semaine, l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA ou OIE c’est selon) a annoncé la découverte d’un foyer de grippe aviaire dans une ferme avicole à Ain Fakroun dans la wilaya de Oum el Bouaghi en Algérie, jusque-là tue, par les autorités algériennes, en précisant que plus de 51.000 oiseaux ont été abattus et détruits, pour endiguer la propagation du virus H5N8 hautement pathogène.

Le lendemain, le ministre de l’Agriculture algérien Hamid Hamdani confirmait l’existence de ce foyer et tentait de rassurer en bégayant que toutes les mesures avaient été prises pour éviter la propagation de la grippe aviaire à d’autres régions du pays. « Il y a un suivi. On est en alerte au niveau de cette wilaya (Oum el Bouaghi), et au niveau des autres wilayas du pays puisque ce sont les oiseaux migrateurs venus d’Europe qui ont propagé la grippe aviaire » à Ain Fakroun, a-t-il dit.

La découverte de ce foyer de grippe aviaire inquiète les importateurs du poulet algérien et particulièrement le Vietnam (importateur de pattes de poulets d’Algérie) la Mauritanie et les pays sahéliens limitrophes de l’Algérie. Certains de ces pays, à l’image de la Mauritanie et d’autres sahéliens, ont carrément décidé d’interdire l’importation de la volaille d’Algérie, après la propagation de l’information sur l’apparition du virus, dans l’est du pays. Cela a eu pour conséquences des effets négatifs sur le marché avicole algérien, baisse brutale des prix et de la consommation de la volaille dans plusieurs régions en Algérie.

Le ministère de l’Agriculture algérien aura beau ajouter avoir entamé une procédure d’urgence pour endiguer le mal (tentative de l’extinction du foyer) suite à un rapport sur la propagation d’une classe très dangereuse de la grippe aviaire H5N8 en Algérie rien n’y fait les citoyens algériens ou du moins ceux avertis se tournent vers d’autre formes d’apport en protéine comme la filière ovine très prisée ou bovine, voire celle des produits de la mer. En effet, l’OMSA a indiqué que le cheptel des 51 000 poulets de chair détruits étaient contaminés, dont « une majorité de poules pondeuses de 29 semaines ayant présenté des signes cliniques évocateurs de l’influenza aviaire », précise l’OIE  ou l’OMSA qui a fait savoir que ce foyer de grippe aviaire avait été découvert le 17 janvier dernier au niveau d’une ferme à Aïn Fakroun, dans l’est du pays et qu’il n’a été déclaré que récemment. C’est le directeur des services vétérinaires au ministère de l’Agriculture, du développement rural, le docteur Ahmed Chawki El Karim Boughalem en désespoir de cause qui en avait donné l’alerte lundi dernier, précise-t-on.

Cette nouvelle suscite sérieusement l’inquiétude et le désarroi parmi les aviculteurs, non seulement de la wilaya en question, mais également dans celles limitrophes où l’on craint que cela se propage, d’où la panique et la grogne dans la crainte d’une éventuelle ruine  parmi les exploitants de la filière de la volaille première denrée (viande) prisée par les Algériens. Les exploitants et éleveurs demandent d’ailleurs que des mesures soient prises en extrême urgence afin de leur éviter un scénario qui leur sera catastrophique. De leur côté, les autorités tentent de calmer les esprits et appellent les éleveurs à ne pas céder à la panique et disent que la situation est “maîtrisée”.

En vain semble-t-il, puis que malgré la promesse de l’imminence d’un vaccin dans les prochains jours afin d’éviter d’autre foyers, les concernés ne voient toujours rien venir. Le ministre a pourtant affirmé qu’un dispositif de veille et de suivi, a été mis en place afin de recenser les nouveaux cas au niveau de la wilaya concernée et surveiller les autres wilayas afin d’enrayer la propagation. Hemdani, aura beau également  affirmer que le virus n’est pas transmissible à l’homme au regard des affirmations autres en ce sens au Sénégal et en Mauritanie, il a peu de chances d’être suivi populairement dans son plaidoyer. Mais cela est une autre histoire tant on sait la confiance que voue les Algériens à leurs gouvernants.

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