L’arrestation musclée d’une fillette noire de 9 ans choque aux Etats-Unis

01 Fév 2021 à 20:07 Monde
L’arrestation musclée d’une fillette noire de 9 ans choque aux Etats-Unis

La vidéo de l’arrestation d’une fillette noire de 9 ans dans la ville de Rochester, dans l’Etat de New York par un groupe de policiers lui ayant mis des menottes et lui vaporisant du gaz au poivre dans les yeux, a une fois de plus choqué l’Amérique. Une nouvelle preuve accablante de l’abus de pouvoir des forces de l’ordre et du racisme aux Etats-Unis.

« Je veux mon papa, je veux mon papa », a répété en sanglots la fillette pendant toute la vidéo alors que deux policiers la maitrisaient au sol, face contre la neige, pour lui mettre des menottes avant de l’introduire dans la voiture de police. Six voitures de polices ont été mobilisées.

Filmés à l’intérieur du véhicule, deux policiers, chacun d’un côté des portes agitait un spray au poivre et les deux le lui ont vaporisé dans les yeux. La vidéo montrait la vidéo fille déjà menottée crier « stop! » et « mes yeux! ».

La vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux a suscité l’incompréhension et l’indignation aux Etats-Unis face à la violence de l’arrestation de cette enfant. L’un des policiers a volontairement caché la caméra lors de l’interpellation de la fillette, le moment où elle a été poussée à l’intérieur du véhicule et aspergée de gaz au poivre.

Selon le chef adjoint de la police Andre Anderson, la fillette, dont l’identité n’a pas été révélée, souffrait d’une crise urgente de santé mentale, menaçant apparemment de se suicider et de tuer sa mère.

Les policiers ont expliqué qu’ils étaient « obligés » de recourir à ces méthodes là pour s’assurer de la sécurité de la fillette. Mais la chef de la police locale, Cynthia Herriott-Sullivan, a reconnu que la situation n’était pas « normale.

« Je ne vais pas vous dire que pour une enfant de 9 ans, il est normal de se faire asperger de gaz au poivre », a-t-elle déclaré. « Cela ne l’est pas. »

La maire noire de Rochester, Lovely Warren, a également condamné l’usage de la force contre un enfant, promettant une enquête interne sur les pratiques des forces de l’ordre de la ville.

« J’ai un enfant de dix ans, c’est un enfant, c’est un bébé. En tant que mère, cette vidéo, ce n’est pas quelque chose qu’on veut voir », a-t-elle dit dimanche lors d’une conférence de presse.

Il ne s’agit pas de la première fois que la police de cette ville est mise en cause dans la violence à l’égard d’une personne de couleur surtout après la mort de George Floyd. En mars, Daniel Prude qui était en pleine crise psychotique, nu dans la rue lors de son interpellation mais n’était pas armé, est tombé soudainement dans le coma et est mort.

Menotté et son visage caché par une capuche qui lui a été mise sur la tête, Daniel Prude n’aura pas survécu à son interpellation. Selon les résultats d’une autopsie, sa mort était due à un « homicide » lié à une « asphyxie consécutive à une contrainte physique ».

Sa mort a provoqué la colère dans les rues, des manifestations, appelant à un changement au niveau des méthodes d’arrestation de forces de l’ordre. Les manifestations avaient finalement conduit à la démission du chef de la police de Rochester en septembre, La’Ron Singletary, un Afro-Américain.

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