La Tunisie n’en démord pas, le peuple toujours dans la rue

21 Jan 2021 à 20:54 Monde
La Tunisie n’en démord pas, le peuple toujours dans la rue

Les manifestations nocturnes et même parfois diurnes  qui secouent les différentes régions de Tunisie ne semblent pas vouloir s’arrêter au regard de celle qui a été organisée, ce jeudi.

En effet des citoyens et des représentants de la société civile sont sortis par centaines devant le siège du tribunal de première instance pour demander la libération des activistes arrêtés, notamment le militant Hamza Nasri Jridi, le président adjoint de la Ligue tunisienne des droits de l’homme de Tunis arrêté le 18 janvier 2021 pour avoir participé à une protestation dans la capitale et dont le procès est prévu pour aujourd’hui.

Aussi, nombre de Tunisiens par milliers ont manifesté mercredi 20 janvier pour réclamer la libération de centaines de protestataires arrêtés depuis vendredi lors de troubles nocturnes, et protester contre la classe politique, accusée d’inaction face à la crise sociale exacerbée par la pandémie. Le président de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme, Bassem Triki, a affirmé, lors d’une déclaration accordée aujourd’hui à un journal électronique de la place, « Tunisie Numérique », que près de 1000 personnes ont été arrêtées dans le cadres des protestations nocturnes ayant eu lieu ces derniers jours.

« La plupart d’entre eux sont des mineurs », a-t-il ajouté. « Malgré certains dépassements, nombre de manifestations étaient pacifiques », d’après l’activiste, qui a estimé que la plupart de ces arrestations étaient illégitimes. « Le gouvernement doit comprendre que la répression et l’usage de la violence ne feront qu’aggraver la situation », a-t-il affirmé, soulignant que « les autorités gouvernementales doivent s’attaquer à ce qui a conduit ces jeunes à sortir dans les rues et non s’en prendre aux protestataires ».

En attendant, l’impression générale en Tunisie c’est que ces manifestations sont trop bien organisées et orchestrées pour qu’elles fassent partie du domaine de l’impulsivité populaire. Elles sont chronométrées et préparées avec minutie, dans le but de donner le plus de fil à retordre aux forces de l’ordre. Dans ce contexte on a eu vite fait de s’interroger « à qui profite le crime » devant tant de préparation et d’organisation qui ne sauraient être l’œuvre de simples bandes de casseurs. Et les regards fusent évidemment du côté du mouvement islamiste Ennahda.

Un sentiment d’autant plus renforcé par le coût financier attribué à ces émeutes et protestations. Il y a toute une logistique mobilisée derrière ce qui se passe nous dit le média. Il suffit de voir le manège monumental qui s’opère depuis la matinée pour collecter, déplacer à l’aide de camions, positionner en bonne place, les pneus usagés qui vont servir à mettre le feu et bloquer les routes, ainsi que les pavés et autres projectiles, dont des centaines de cocktails Molotov, stockés pour harceler et malmener les forces de l’ordre, pour comprendre qu’il y a, forcément, une  organisation monumentale derrière tout ça ! souligne le journal qui ajoute, « Si on y ajoute tous ces feux d’artifices utilisés par les casseurs pour pilonner les sécuritaires, on comprend que l’organisation est rompue à ce genre de manifestations et de troubles »;

Et de relever : « Donc, il s’agit d’une organisation bien rodée, à la limite spécialisée dans ce genre d’actes… Quand on sait, en plus, que la seule pièce de ces feux d’artifice est vendue à 25 dinars et que les jeunes en utilisent des milliers par soirée de protestation, il y a de quoi être éberlué et se demander d’où vient tout cet argent, qui finance aussi largement ces émeutes et dans quel but ? s’interroge le journal.

Entretemps le président de la République, Kaïs Saied a mis le feu aux poudres après avoir accusé les juifs de “voleurs” si l’on en croit The Jerusalem Post. Une rumeur qui n’a pas laissé indifférents les médias israéliens qui se sont soulevés contre le chef d’Etat tunisien. « Le président tunisien Kaïs Saïed a accusé les juifs d’être à l’origine de l’instabilité dans le pays, dans une vidéo qui a été publiée mardi sur sa page Facebook. En discutant de la situation politique avec les citoyens tunisiens, Saïed a avisé que les juifs sont des voleurs », a souligné le média israélien. Selon l’article, Kais Saied aurait lancé cette déclaration, lors de sa rencontre avec les habitants de la cité Ettadhamen-Mnihla au grand Tunis.

Ce dernier qui était censé délivrer des messages rassurants afin d’apaiser les tensions, en a semble-t-il créé d’autres. Mais il a vite fait de se pourvoir en victime dans un communiqué de la présidence déclarant qu’il n’avait cité aucune religion lors de sa visite à El Mnihla dans le grand Tunis. « La position du président de la République est claire à cet égard, car il fait la distinction entre le judaïsme d’une part et le sionisme d’autre part », a souligné le document.

En effet, Saied y affirme faire la différence entre la liberté de religion et sa position ferme concernant la cause palestinienne. « Malheureusement, certains tunisiens mentent et manipulent les gens pour atteindre des objectifs politiques…au lieu de trouver des solutions aux problèmes des tunisiens, ils veulent détourner le peuple vers les problèmes qu’ils créent à travers les réseaux sociaux pour semer la discorde en diffusant des mensonges afin de ne pas se concentrer sur les vrais problèmes », a ajouté la même source.

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