L’abandon de la gestion déléguée fortement recommandée par le vox populi et les experts

L’abandon de la gestion déléguée fortement recommandée par le vox populi et les experts

La plupart des rapports publiés par les institutions constitutionnelles concluent que l’expérience de la gestion déléguée est « un échec » au Maroc. En effet, même les organismes officiels se sont convaincus de la crise de la gestion des établissements publics par des personnes privées, ce qui a poussé de nombreux économistes à exiger d’abandonner cette option que l’Etat, avait adoptée dans le contexte d’une crise financière dans les années soixante-dix du siècle dernier et qui depuis, nous colle.

L’endettement public excessif résultant de la perturbation de la gestion des institutions publiques par l’Etat avait conduit à l’adoption de politiques d’évaluation structurelle qui incitaient à la privatisation de ces institutions, consacrant les recommandations des institutions financières internationales qui encourageaient alors, l’économie de marché.

Après des décennies de perte d’un certain nombre de secteurs vitaux au profit d’entreprises privées, en particulier ceux liés aux services d’assainissement et de nettoyage, du transport ainsi qu’à l’approvisionnement en eau et en électricité, l’opinion publique nationale a soulevé de nombreuses questions sur l’efficacité de la gestion déléguée afin d’améliorer des services en qualité qui sont fournis aux utilisateurs ou usagers.

La gestion déléguée se définit ainsi : La collectivité délègue à un opérateur public ou privé les missions globales de gestion d’un ouvrage ou d’un Service Public donné qui vont de la conception à la construction en passant par la réhabilitation ou restauration, l’exploitation, l’entretien, la maintenance et le financement. On s’est rendu compte à travers l’espace et le temps que seuls deux quolibets s’activaient, investissement et exploitation alors que les autres la mettaient en veilleuse.

Dans le contexte actuel des choses, il ressort malheureusement que les récentes pluies, qui sont tombées en abondance ont mis à nu différents dysfonctionnements dont la responsabilité incombe et au délégataire et, à la collectivité, ce qui a rendu une grande partie des citoyens marocains sceptiques quant à la continuité d’une expérience non réussie, qui n’a que trop durée du reste et n’ayant aucunement apporté aucune amélioration concrète à leur quotidien, bien au contraire.

Ceci, bien sûr au regard d’un manque flagrant de respect des entreprises concernées par les cahiers des charges spécifiques pour les aspects d’investissement, et de la prolongation des contrats conclus pour de longues années, comme par exemple dans le domaine du transport (au moins une décennie…), les flottes où le parc de véhicules des entreprises deviennent obsolètes après seulement cinq ans d’exploitation.

Omar El Kettani, expert international dans le domaine économique, a déclaré à Hespress, « Les responsables marocains cultivent un complexe d’infériorité vis-à-vis des entreprises étrangères pour la plupart originaires de France qui sont privilégiées au détriment du national. Le respect du cahier des charges qui définit les relations entre les deux parties, incite la collectivité à la supervision et au contrôle du service donné par la gestionnaire délégué notamment dans sa composante liée à l’investissement et à l’exploitation ».

« Nous avons de meilleures entreprises nationales », a souligné l’économiste qui poursuit d’une remarque bien pertinente « le mode de gestion des sociétés de gestion mandatées du service public, diffère d’une ville à l’autre comme c’est le cas entre Rabat et Casablanca, en raison de la présence de l’autorité suprême dans la capitale d’où une surveillance et un contrôle, du suivi et de la reddition de comptes des plus stricts administrativement ». Notre interlocuteur  souligne qu’outre les critiques adressées aux organes ministériels d‘une part, et aux sociétés de gestion déléguée d’autre part, « la société civile et les citoyens, portent également une part de responsabilité, en raison du manque de plaidoiries sur le terrain quant aux questions concernant la gestion publique des équipements de l’Etat ».

A cet égard, El Kettani a expliqué que « la pression sociale n’est pas présente comme requis, ce qui met également en évidence l’absence d’auto-responsabilité dans la société, en raison de la faiblesse de l’esprit de coopération et d’initiative », soulignant que « l’Etat lui-même, veut nationaliser le travail social, ce qui a conduit à l’affaiblissement de la culture entrepreneuriale citoyenne ».

Et notre économiste de conclure, « les catastrophes naturelles ont dévoilé la mauvaise gestion publique au Maroc, mais malheureusement personne n’est tenu pour responsable de ce qui se passe. Pas de démission ou de suivi juridique, et bien sûr, pas d’ouverture d’une enquête officielle sur ce qui s’est passé dans la ville de Casablanca malgré les milliards dépensés pour une entreprise pas au-dessus de tout soupçon dans cette gabegie ».

Le Roi reçoit le ministre émirati des affaires étrangères