Etats-Unis : Grâces et commutations pour les dernières heures de Donal Trump à la Maison Blanche

20 Jan 2021 à 12:00 Monde
Etats-Unis : Grâces et commutations pour les dernières heures de Donal Trump à la Maison Blanche

Comme l’on si attendait donc et dans le cadre d’une grande vague de grâces et de commutations émises au cours de ses dernières heures de fonction, le président américain, Donald Trump sortant a accordé sa ‘’clémence’’ à plusieurs personnes dont la plus emblématique est sans aucun doute, l’ancien assistant à la Maison Blanche, Steve Bannon.

Si d’autres présidents ont souvent accordé des pardons controversés à la fin de leur administration aux Etats-Unis, peut-être qu’aucun autre que Donald Trump n’aura autant aimé utiliser son pouvoir de clémence au profit non seulement d’amis et de connaissances, mais aussi d’accusés célèbres et de ceux défendus par ses alliés. Toutefois le président sortant ne s’est pas pardonné ni du reste aux membres de sa famille ou à son ex avocat Rudy Giuliani ni du reste à Julian Assange, le fondateur de Wikileaks. Près de 140 personnes, dont des artistes de rap, d’anciens membres du Congrès et ainsi que quelques-uns de ses alliés et des membres de sa famille.

La clémence de dernière minute, annoncée mercredi matin, fait suite à des vagues distinctes de pardons au cours du mois dernier pour les associés de Trump condamnés dans l’enquête du FBI sur la Russie ainsi que pour le père de son gendre. Prises ensembles, les grâces soulignent la nature du président, tout au long de ses quatre années à la Maison Blanche, d’avoir voulu fléchir ses prérogatives constitutionnelles d’une manière qui défie les conventions. Certes, la dernière liste était fortement peuplée de candidats plus conventionnels dont les cas avaient été défendus par des militants de la justice pénale. Un homme qui a passé près de 24 ans en prison pour des accusations de drogue et d’armes mais qui avait montré un comportement exemplaire derrière les barreaux a vu sa peine commuée, tout comme un ancien Marine condamné en 2000 pour une condamnation pour cocaïne.

Outre Bannon, les autres bénéficiaires du pardon comprenaient Elliott Broidy, un collecteur de fonds républicain qui a plaidé coupable l’automne dernier dans un stratagème visant à faire pression sur l’administration Trump pour qu’elle abandonne une enquête sur le pillage d’un fonds de richesse malaisien, et Ken Kurson, un ami du fils de Trump. La grâce de Bannon était particulièrement en ce sens où les poursuites en étaient encore à leurs débuts et que le procès était encore loin dans le temps. Aux Etats-Unis, les bénéficiaires de la grâce sont traditionnellement considérés comme des accusés qui ont fait face à la justice, souvent en ayant purgé au moins une certaine peine de prison. La grâce annule les poursuites et élimine effectivement toute perspective de sanction.

La liste de mercredi comprend sa part d’accusés de haut niveau. Parmi eux se trouvaient les rappeurs Lil Wayne et Kodak Black, tous deux condamnés en Floride pour armes. Wayne, de son vrai nom Dwayne Michael Carter, a fréquemment exprimé son soutien à Trump et a récemment rencontré le président sur des questions de justice pénale. Parmi les autres bénéficiaires du pardon figuraient le co-fondateur de Death Row Records Michael Harris et le marchand d’art et collectionneur new-yorkais Hillel Nahmad ou encore l’ancien représentant Rick Renzi, un républicain de l’Arizona qui a purgé trois ans de prison pour corruption, blanchiment d’argent et autres accusations, et l’ancien représentant duc Cunningham de Californie, qui a été reconnu coupable d’accepter 2,4 millions de dollars de pots-de-vin de la part d’entrepreneurs de la défense.

Mais les dernières décisions du président américain sortant pour sa dernière journée à la Maison-Blanche, ne se sont pas limitées qu’aux grâces. Donald Trump a signé mardi un décret portant sur la suspension pour une durée de 18 mois des expulsions de Vénézuéliens se trouvant illégalement sur le territoire américain, en invoquant la crise que connaît le pays socialiste. « J’ai décidé qu’il est dans l’intérêt de la politique étrangère des États-Unis de reporter l’expulsion de tout ressortissant du Venezuela, ou étranger sans nationalité qui dernièrement résidait au Venezuela» pour une durée de 18 mois » affirme le décret signé par Donald Trump qui pourrait concerner jusqu’à 200 000 Vénézuéliens qui étaient menacés d’arrestation et d’expulsion.

Et dans l’affaire s’il en est plus tout autre qui se réjouit du départ de Donald Trump c’est bien le président iranien Hassan Rohani qui s’est dit mercredi ravi de la «fin» de l’ère règne affreux du «tyran» qu’il accuse de « n’avoir apporté, tout au long de son mandat, d’autres fruits que ceux de l’injustice et de la corruption ». Et les déboires du président ont continué également avec les réseaux sociaux. Le site YouTube, propriété de Google, a annoncé mardi, qu’il prolongeait d’une semaine la suspension de la chaîne du président américain sortant Donald Trump. « Les commentaires continueront d’être désactivés indéfiniment sous les vidéos de la chaîne », a-t-il ajouté.

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