Sahara: Le polisario veut « négocier » mais sous la menace des armes

20 Jan 2021 à 08:34 Politique
Sahara: Le polisario veut « négocier » mais sous la menace des armes

Les séparatistes du polisario ont fait savoir, ce mardi, qu’ils voulaient « négocier » sous l’égide de l’ONU après avoir à maintes reprises critiqué l’Organisation. Les séparatistes ont toutefois noté qu’ils continueront à combattre militairement.

Lors d’une conférence de presse en ligne co-animée par le représentant permanent du Front polisario à l’ONU, un certain Omar Sidi Mohamed, un représentant du « ministère » de la Sécurité, Sidi Ould Oukal, a déclaré que le mouvement séparatiste était désormais prêts à reprendre les « négociations ».

Mais cette déclaration ne s’est pas faite sans un double discours teinté de menaces de violence. Ainsi, il a tenu à nuancer: « Nous sommes prêts à négocier. Nous sommes prêts à toute médiation. Mais en même temps, nous maintenons la lutte armée sur la base de l’expérience passée », a-t-il affirmé en continuant de bafouer les termes de l’accord de désescalade militaire.

« Par le passé, nous avons accordé toute notre confiance à la communauté internationale et avons arrêté le combat armé de manière définitive. Nous avons attendu 30 ans. Trente ans de promesses non tenues, de tergiversations et d’attente intenable », a-t-il ajouté alors que le front polisario a toujours critiqué les décisions du Conseil de sécurité et les Nations Unies.

En effet, à chaque nouvelle résolution du Conseil de sécurité, les séparatistes créent de nouvelles tensions dans la région. En outre, ils accusent le secrétariat de l’ONU, de « partialité » de manque de « crédibilité » et d' »inaction », selon les propres termes d’Omar Sidi Mohamed (censé être l’interlocuteur du front polisario aux Nations Unies), diffusés en septembre 2020 par l’agence de presse algérienne officielle APS.

En décembre, le « ministre » des Affaires étrangères du mouvement séparatiste, Mohamed Salem Ould Salek, cité par l’APS, avait accusé cette fois-ci, le Conseil de sécurité et la Minurso (la mission d’observation du cessez le feu de l’ONU) de faire partie du problème.

« Le Conseil de sécurité et la Minurso sont une partie du problème », avait-t-il accusé, en critiquant le contenu des résolutions. « Ils ont même commencé à tenter de modifier le fond de la résolution », avait-t-il ajouté, insistant que la Mission de l’ONU « ne fait rien ».

« Le combat du peuple sahraoui va se poursuivre, qu’il y ait des négociations ou pas », a déclaré mardi Sidi Ould Oukal, quelques secondes après avoir affirmé vouloir reprendre les négociations avec le Maroc, interrompues en 2019.

En novembre, après avoir fait irruption dans la zone tampon et bloqué la route à des milliers de routiers marocains et mauritaniens pendant plus de 20 jours au poste frontière d’El Guerguerat, seul point ralliant le Maroc à d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest, les milices du polisario avaient annoncé la fin du cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’ONU.

Ces violations du cessez-le-feu, ajoutés aux actes de piraterie sous menace armée, pratiquées par les milices séparatistes du front polisario, avaient irrité Nouakchott dont les marchés sont dépendant des livraisons depuis le Maroc.

Le Royaume avait finalement rétabli le flux commercial dans une opération des Forces armées royales (FAR) sans toutefois faire usage de la force. Cette opération documentée, a été saluée par plusieurs capitales mondiales et institutions.

Depuis ces tentatives de déstabilisation exercées par le polisario, le mouvement a été fortement critiqué et encore plus isolé sur la scène internationale, et encore plus depuis la reconnaissance pleine et claire des Etats Unis d’Amérique de la Souveraineté du Maroc sur la totalité de ses provinces sahariennes.

Cette proclamation a d’ailleurs été notifiée à l’ONU, qui en a officiellement informé les Etats membres mardi.

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