Dernier jour de Donald Trump à la maison Blanche, le suspense jusqu’au bout

19 Jan 2021 à 21:25 Monde
Dernier jour de Donald Trump à la maison Blanche, le suspense jusqu’au bout

Ambiance de fête, couci-couça, à Washington pour l’investiture du président élu Joe Biden et si l’heure était à la répétition générale pour la garde nationale lundi, avant la parade de l’évènement, prévue mercredi que l’on s’y trompe pas, la capitale fédérale qui semble depuis plusieurs jours être en état de siège, n’a pas l’esprit aussi festif que lors des précédentes « éditions ».

Washington est traumatisée en cela par l’assaut meurtrier sur le Capitole. Aussi les mesures de sécurité entourant la cérémonie d’investiture sont exceptionnelles. Environ 25 000 soldats de la Garde nationale et des milliers de policiers venus de tout le pays seront déployés pour assurer la sécurité. A la Maison Blanche, il y avait un ballet incessant de camions de déménagement et de cartons chargés et pour cause, Donald Trump & family quitteront le palais présidentiel mercredi 20 janvier et le couple présidentiel s’envolera pour la Floride, jeudi, sans même avoir assisté à la cérémonie d’investiture. Une première depuis au moins 150 ans.

Melania Trump se substituant à son mari dans son exercice favori sur Twitter dont est désormais exclu le président sortant a gazouillé lundi un message d’adieu au peuple américain : « Soyez patients dans tout ce que vous faites. Mais rappelez-vous toujours, que la violence n’est pas une réponse et n’est jamais justifiée ». Une référence directe à l’assaut meurtrier du Capitole, survenu mercredi 6 janvier 2021.

Cela étant Donald Trump pour son dernier jour de mandat à la Maison Blanche, compte gouverner comme il l’a toujours entendu. Il a annoncé la levée prochaine de l’interdiction d’entrée pour les voyageurs brésiliens et européens, une mesure immédiatement rejetée par son successeur Joe Biden. Mais cela n’est rien car si l’on se fie à plusieurs médias américains, le milliardaire républicain pourrait frapper un grand coup en utilisant largement ses ultimes instants de pouvoir, dans un dernier pied de nez à ses adversaires.

Il pourrait gracier jusqu’à une centaine de personnes pour sa dernière journée. Donald Trump avait déjà blanchi des collaborateurs et des proches, certains ayant été condamnés dans le cadre de l’enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016. Ses grâces pourraient concerner Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, le rappeur Lil Wayne, qui risque jusqu’à 10 ans de prison pour possession d’une arme à feu, un célèbre médecin de Floride condamné pour fraude, ou son ancien conseiller tombé en disgrâce Steve Bannon.

Même plus, osent des médias qui lui ont, souvent, été hostiles son mandat durant. Trump pourrait également se gracier lui-même, des membres de sa famille ou certains des assaillants contre le Capitole le 6 janvier, quand des centaines de partisans de Donald Trump avaient envahi le siège du Congrès pour tenter d’invalider la victoire de Joe Biden. De quoi affoler Nancy Pelosi & co et quelques républicains rebelles.

Donald Trump quittera la Maison Blanche sur un ultime sondage qui lui est défavorable.  C’est même, le plus mauvais chiffre de son mandat, avec 34% de bonnes opinions sur son action, selon une enquête de l’institut Gallup* publiée lundi 18 janvier. La cote de popularité du président sortant a atteint son plus bas chiffre historique. Plusieurs fois en 2017, il avait atteint un plancher à 35% d’opinions favorables, notamment après les violences meurtrières lors d’un rassemblement, à l’été, de l’extrême droite américaine à Charlottesville, en Virginie.

L’institut Gallup, qui mesure depuis 1938 la popularité des hôtes de la Maison Blanche au long de leurs mandats, souligne que Donald Trump est le seul à n’avoir jamais atteint la barre des 50% d’opinions favorables. Donald Trump a ainsi démarré sa présidence avec 45% de satisfaction, avant d’atteindre 49% début 2020, et 46% avant l’élection du 3 novembre. Mais son refus de reconnaître sa défaite et l’assaut de ses partisans contre le Congrès le 6 janvier, sans oublier sa gestion de l’épidémie de Covid-19, ont contribué à l’érosion de sa cote de popularité ces derniers mois.

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