Salles de cinéma: Entre l’espoir d’une réouverture, et le combat pour le soutien des employeurs

21 Jan 2021 à 16:36 Culture
Salles de cinéma: Entre l’espoir d’une réouverture, et le combat pour le soutien des employeurs

Alors que les cafés, centres commerciaux, restaurants ou encore les salles de sport ont rouvert leurs portes au Maroc avec l’allègement des mesures de confinement en juillet 2020, les cinémas, eux, n’ont pas eu droit à ce « privilège« . Et pourtant, on est plus exposé au virus fantôme dans un espace fermé tel un café ou restaurant, qu’on ne l’est dans une salle de cinéma, avec un effectif clients réduit.

Mais les autorités marocaines ne veulent rien savoir. Les cinémas restent fermés jusqu’à nouvel ordre. Si les amoureux du grand écran s’impatientent quant à une éventuelle réouverture des cinémas, les professionnels du secteur, eux, subissent de plein fouet les répercussions de la pandémie depuis plus de 10 mois.

Dans un post Facebook, CinéAtlas-Rabat-Colisée, a adressé un message émouvant à ses habitués tout en dévoilant quelques détails sur le soutien financier accordé par l’Etat à son personnel après plusieurs mois de combat avec les autorités compétentes.

« Très chers spectateurs, voilà 10 mois que nous avons du fermer le Cinéatlas-Rabat-Colisée, 10 mois que nos 4 agents de sécurité occupent les lieux seuls, avec Fatma notre contrôleuse de gestion, et moi-même, qui m’efforce de toujours regarder de l’avant, malgré un horizon de réouverture régulièrement repoussé. 
 10 mois durant lesquels, à chaque post, vous nous avez témoigné votre soutien, sans pertes de likes, sans perte de lien, et je vous en remercie chaleureusement. 10 mois qu’en lisant vos messages nous comprenons que ni Netflix, ni Amazon, ne sauront combler votre désir de cinéma, de grand écran, et d’émotions partagées » a écrit le cinéma emblématique de la capitale sur sa page officielle Facebook.

Ainsi, CinéAtlas a expliqué dans son post que cela fait 10 mois qu’un combat est entamé avec la Chambre Marocaine des Salles de Cinéma pour que le secteur soit aidé, et que les employés aient les mêmes droits que ceux d’autres secteurs touchés par la pandémie.

Un combat qui a finalement était remporté par les professionnels de l’industrie culturelle, nous affirme avec joie Pierre-François Bernet, directeur de Ciné Atlas joint par Hespress Fr. Après 7 mois d’alertes répétées, l’Etat marocain prend enfin en charge les employés des Industries Créatives et Culturelles, cotisants, et dûment déclarés à la CNSS.

Dans un premier temps, Pierre-François Bernet nous déclaré au sujet du post publié par CinéAtlas que c’est très important pour lui de « garder le lien avec le public, qui est toujours là et qui interagi dans chaque poste publié ».

S’agissant de l’effet de cette fermeture qui n’a que trop duré, notre interlocuteur nous répond que cela ne fait qu’impacter la trésorerie qui commence à être extrêmement tendue. « On s’est battu pour que nos employés aient la CNSS au début de la pandémie. Et à partir du 30 juin 2020, il n’y avait plus rien« , nous-a-t-il déclaré, rappelant ainsi une récente décision positive du Conseil de Veille économique (CVE) pour soutenir plusieurs secteurs notamment celui de l’Industrie créatives et culturelles à travers la signature d’un contrat programme paraphé par le ministère de l’économe et des finances, la CGEM et le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM).

Couvrant la période 2020-2022, le contrat-programme s’articule autour de quatre axes stratégiques, à savoir la préservation de l’emploi, à travers le versement d’une indemnité mensuelle forfaitaire de 2.000 dirhams, à partir du 1er juillet 2020 et jusqu’au 31 mars 2021 au profit des salariés des entreprises touchées par la crise, ainsi que le report du paiement des cotisations sociales et la prolongation de l’exonération de l’IR sur les compléments de salaires sur la même période.

Cela dit, cette décision n’est pas encore opérationnelle sur le site de la CNSS nous affirme le directeur de Ciné Atlas. « Ça a été annoncé publiquement. Mais entre juin 2020 et janvier 2021, on a envoyé pas mal de courriers aux autorités compétentes surtout la CNSS. On a été bien-sûr aidés pendant les 3 premiers mois de la pandémie comme la plupart des Marocains, mais depuis, pour le soutien des entreprises, il n’y a rien eu« , a-t-il dit.

Pour les employeurs de CinéAtlas, notre interlocuteur nous affirme qu’ils ont en effet reçu un soutien pour les mois d’avril, mai et juin. « Mais depuis rien ! Maintenant c’est acté que ça va jusqu’en juillet. Ça va être rétroactif », a-t-il souligné.

Pour le soutien aux sociétés, notre interlocuteur affirme avoir reçu « un soutien aux frais fixes sur mi-mars à fin juin. Et puis une subvention de relance« . Cependant, Pierre-François Bernet, rappelle que les cinémas sont fermés depuis 10 mois n’ont eu droit à un soutien sur leurs frais fixes que sur trois mois.

« C’est gentil pour les trois mois de soutien, mais est-ce suffisant ? Pas du tout !« , tranche-t-il.

Interrogé par Hespress Fr s’il trouvait normal le fait que les cafés et restaurants rouvrent leurs portes et pas les cinémas, le directeur de CinéAtlas Rabat nous rappelle qu’il a souvent mis sur ses posts Facebook que c’était « absurde« . Mais le plus drôle, selon lui, « c’est les gens qui se mettent côte-à-côte dans les avions pour un vol qui va durer des heures ». Une pratique qu’il qualifie de « mascarade« .

Mais avec le temps, notre interlocuteur a arrêté d’essayer de comprendre ou d’analyser les choses, mais essaie plutôt, et malgré la pandémie d’aller de l’avant et poursuivre son investissement pour l’ouverture de nouveaux cinémas au Royaume, comme il nous l’avait dévoilé dans une interview en octobre 2019.

En effet, le projet d’investissement pour l’ouverture de nouveaux cinémas dans plusieurs villes du Royaume entamé par CinéAtlas il y a près de 2 ans est toujours en cours. « J’ai perdu beaucoup, certes, mais je continue à avancer », dit le patron de Ciné Atlas.

Aujourd’hui, CinéAtlas poursuit son investissement au grand bonheur de son public qui attend avec impatience la fin de ce cauchemar pour retrouver le grand écran. Un projet est ainsi en cours pour la construction de trois cinémas au Maroc, un à Tanger (5 salles), un à El Jadida (3 salles) et un autre à la ville de Casablanca (7 salles), nous dévoile notre interlocuteur qui appelle le public à se faire vacciner pour une éventuelle rencontre prochaine.

A l'instar de son frère Gims, Dadju prend ses quartiers à Marrakech