Tunisie: Les 10 ans de la Révolution dans un pays en grève

14 Jan 2021 à 16:45 Monde
Tunisie: Les 10 ans de la Révolution dans un pays en grève

La Tunisie fête les 10 ans de sa révolution qui a causé la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali. Aujourd’hui, le pays qui cumule problèmes politiques, économiques et sanitaires, sans voir le bout du tunnel, en vient presque à regretter l’ère Ben Ali. 

C’est dans des rues vides que les Tunisiens célèbrent le 10ème anniversaire de la Révolution du Jasmin. Et pour cause, les autorités ont décrété 4 jours de confinement général, une mesure qui a été vivement critiquée par les spécialistes de la Santé qui y voient une mesure contreproductive face à l’épidémie du coronavirus qui touche le pays de plein fouet.

L’idée d’un confinement général qui intervient au même moment de cette date importante semble présager surtout une volonté du gouvernement d’éviter des rassemblements qui pourraient découler en manifestations violentes, car, après 10 ans, les aspirations du peuple Tunisien n’ont pas été réalisées, au contraire, leur situation s’est bien dégradée.

Gouvernée par le Mouvement Ennahda, un parti d’inspiration islamiste, la Tunisie qui était un modèle de laïcité a connu un net recul des libertés, plus encore, ce même mouvement sème la discorde dans l’espace politique du pays et affiche des dissensions claires avec le président, un indépendant qui se retrouve poings liés à cause de l’absence d’un parti pour le soutenir au Parlement.

Un succession de gouvernements, des démissions à la pelle, des remaniements, marquent la profonde crise politique dans ce petit pays sans histoires devenu un nid à terroristes obligeant les autorités à prolonger l’état d’urgence.

Outre le bilan politique morose, le pays qui mise sur le tourisme, affiche également de graves problèmes économiques, si bien que l’Algérie est venue à sa rescousse avec un don. Le voisin a également promis de partager ses vaccins (dès qu’il les recevra) avec la Tunisie qui elle, n’arrive toujours pas à s’en procurer.

« Le ministre algérien des Affaires Étrangères m’a fait savoir que son pays n’a pas encore reçu le vaccin. Toutefois, il m’a assuré que dès la réception des premiers lots, ils seront partagés avec la Tunisie », a indiqué le chef de la diplomatie tunisienne Othmene Jarandi au président Kais Saied qui l’a exhorté à redoubler d’efforts pour obtenir des vaccins contre le coronavirus.

L’ambassadeur de l’Union Européenne à Tunis a par ailleurs indiqué l’UE a mis à la disposition de la Tunisie la somme de 500.000 pour qu’elle puisse acheter des vaccins. Le pays connait une grave recrudescence de l’épidémie depuis quelques semaines avec un total de 40.378 cas actifs.

« Le taux de mortalité en Tunisie est l’un des plus élevés dans la région », a déclaré le représentant de l’organisation mondiale de la santé (OMS) en Tunisie Dr Yves Souteyrand, affirmant que dans plusieurs gouvernorats 100% des lits de réanimation sont occupés.

Après 10 ans et deux présidents élus démocratiquement, la succession de plusieurs gouvernements, les objectifs de la Révolution tunisienne qui a fait chuter le régime de Ben Ali n’ont pas été atteints. Le pays va mal. Le coût de la vie est toujours en hausse face à un marché du travail toujours bloqué, la demande de garantie de la « dignité » des Tunisien, est une revendication qui revient souvent dans la presse tunisienne, et aujourd’hui, la santé devient également une source de préoccupation pour le habitants.

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