« L’autonomie est réalisable, pas la partition », estime l’ambassadeur d’Allemagne à Rabat

« L’autonomie est réalisable, pas la partition », estime l’ambassadeur d’Allemagne à Rabat

L’ambassadeur d’Allemagne à Rabat, Götz Schmidt-Bremme, a confirmé que le Maroc est le partenaire le plus stable et le plus fiable de la région du Maghreb, notant et que les relations entre Berlin et Rabat sont excellentes et exemptes de tout malentendu bilatéral.

Dans la première partie de son entretien vidéo avec Hespress, l’ambassadeur d’Allemagne a souligné que les échanges commerciaux entre les deux pays se sont multipliés par dix depuis les quinze dernières années, soulignant que les entreprises allemandes opérant dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont réussi, malgré la pandémie de Corona, à développer leur productivité et à contribuer au tissu industriel de la région au cours de l’année 2020.

Dans son entretien, l’ambassadeur d’Allemagne a salué la reprise des relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv, considérant que le roi Mohammed VI qui préside le Comité de Jérusalem, la présence de plus d’un million de juifs d’origine marocaine en Israël, en plus de la présence de ministres d’origine marocaine dans le gouvernement Netanyahu sont autant de canaux dans lequel le Maroc peut puiser pour influencer le conflit israélo-palestinien. Le diplomate a déclaré que le Maroc et l‘Allemagne ont les mêmes objectifs quant à la solution à deux Etats comme base de règlement du conflit israélo-palestinien. Concernant la décision du président américain Donald Trump de reconnaître le Sahara marocain, l’ambassadeur Götz Schmidt-Bremme a expliqué en avoir discuté avec son collègue David Fischer, l’ambassadeur américain à Rabat, et souligné que ce conflit dure depuis plus de quarante ans et est maintenant assez mûr pour être résolu.

L’ambassadeur de Berlin à Rabat a ajouté que l’approche américaine de ce conflit diffère de celle allemande ou européenne, indiquant cependant qu’il voit l’initiative d’autonomie comme une solution réaliste et pratique, ajoutant à cet égard qu’« il est difficile de trouver une solution plus réaliste et plus fiable », que ce projet proposé par le Maroc. Le diplomate allemand a ajouté qu’il ne reconnaît pas que l’autonomie est « la seule solution au conflit, mais elle reste la plus réaliste et la plus pratique, selon lui. La situation du front «Polisario» est devenue aujourd’hui bien « délicate » selon le diplomate après les deux revers successifs récemment subis, le premier dans les événements de de Guerguerat, et le second à travers la reconnaissance américaine ».

L’ambassadeur a ajouté que le «Polisario» doit se rendre à l’évidence que la solution d’un Etat sahraoui indépendant ne peut être résolu sur le terrain. L’ambassadeur estime que pour rapprocher les points de vue, il faut que le Maroc et le « Polisario » s’asseyent à une même table pour rechercher une solution de compromis satisfaisant les parties concernées, estimant que cette solution concertée doit rester dans le cadre de l’initiative marocaine (autonomie). Parce que l’ensemble de la communauté internationale est unanime sur le fait qu’il s ‘agit d’une proposition réaliste et pratique. Götz Schmidt-Bremme a attiré l’attention sur la nécessité pour le Maroc de convaincre le front «Polisario» de la positivité de la proposition d’autonomie, indiquant que leur rejet de cette initiative peut résulter de leur méconnaissance des mérites de cette solution. Il a souligné que les propositions, telles que la séparation, sont désormais « rejetées » et « irréalistes ».Dans cet entretien, l’ambassadeur allemand a estimé que le refus persistant du front « Polisario » de négocier la proposition marocaine pouvait porter un danger pour la région par la propagation de l’extrémisme violent.

Dans sa réponse à une question sur le renforcement des investissements allemands dans les régions du sud, conformément à la nouvelle approche marocaine, le même diplomate a expliqué que le gouvernement allemand n’impose aucune restriction ni directive aux entreprises allemandes concernant les domaines dans lesquels elles devraient investir, notant qu’il existe des entreprises allemandes qui investissent à l’avance dans la région. Il a ajouté qu’en ce qui concerne la situation au Sahara, certaines entreprises allemandes préfèrent éviter de faire face à des problèmes liés au conflit, comme le dépôt de plaintes à leur encontre par le « Polisario », notant qu’au vu de ce statu quo, le gouvernement allemand ne peut pas fournir de garanties aux Allemands pour investir dans les régions du sud.

L’Ambassadeur Götz Schmidt a souligné qu’il n’y a pas de décision officielle allemande ou dans le cadre de l’Union européenne appelant au boycott des investissements au Sahara au regard du partenariat qui lie le Maroc dans l’Union européenne et qui comprend également les régions du sud.

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