Une malformation congénitale du cœur « conduit un enfant marocain » à se faire soigner et guérir en Israël

04 Jan 2021 à 11:00 Santé
Une malformation congénitale du cœur « conduit un enfant marocain » à se faire soigner et guérir en Israël

Youssef fragile gamin de neuf ans, tombait souvent malade pour la moindre raison, à cause d’une malformation congénitale du cœur qui le handicapait et l’empêchait d’avoir la vie normale de tout gosse de son âge. « Mais depuis qu’il a subi une opération chirurgicale à cœur ouvert en Israël il est devenu comme tous les enfants », déclare sa sœur Fatima Zahra en évoquant l’aventure vécue en commun avec son petit frère et qui l’a conduite, à Wolfson dans un hôpital de la ville de Kholon, dans la banlieue de Tel Aviv.

« Nous sommes originaires de Casablanca, nous dit Fatima Zahra et nous avons failli désespérer de l’état de mon frère, en particulier avec l’opération difficile et les traitements coûteux, alors un médecin nous a conseillé de contacter un cardiologue marocain qui se trouve à El Jadida, qui nous a redonné espoir. Nous y avons fait connaissance avec une grande dame œuvrant au sein d’une association caritative, Najat Bachar qui avait déjà visité Israël » Et de continuer de raconter son histoire à Hespress, « Après avoir subi procédures et vérifications nécessaires, nous nous sommes rendus, avec mon frère et Mme Najat Bachar, à Tel Aviv le 24 février 2020. Nous y sommes restés avec Youssef, jusqu’au 23 août 2020 .

Mon frère y a reçu les soins, et l’attention nécessaires ainsi qu’un soutien que je n’avais jamais connu auparavant. Il a bénéficié de tous les examens, et d’une chirurgie aussi compliquée qu’appropriée à son cas. On a pris grand soin de lui, et je les en remercie énormément pour cela ».

Le seul bémol au séjour de Fatima Zahra et de Youssef en Israël, c’est que cela a coïncidé avec le début de la quarantaine et la suspension de la navigation aérienne, ce qui les a obligés à rester quelques mois supplémentaires sur place, dans l’attente d’un vol pour les ramener au Maroc.

Quand ce fut le cas Fatima Zahra a déclaré que lors du retour au Maroc via la Turquie, ils ont été débarqués de leur vol pour des tests sanguins non effectués. « J’ai contacté les personnes qui nous avaient été assignées en Israël et cela a été réglé en moins que rien, les trois jours passés en Turquie ont été entièrement pris en charge, (hébergement, nourriture, transports, analyses…) ».  

Fatima Zahra a conclu en disant: « Je tiens à exprimer mes sincères remerciements aux deux médecins marocains qui ont eu le mérite de m’associer à cette organisation, ainsi qu’à Najat Bachar et Evelyn, et à tout le personnel de cette organisation, pour tout le soutien, les soins et l’attention qu’ils ont apporté à mon frère et à moi ».

Hespress a joint Mme Najat Bachar, une ancienne infirmière, qui s’est dévouée pour Youssef et Fatima Zahra qui a déclaré « J’ai accompagné cet enfant et sa sœur vers Israël pour qu’il puisse bénéficier de cette opération fournie par SACHS, après que nous ayons fait connaissance auparavant avec un membre de cette organisation, une juive originaire de Casablanca qui s’appelle Evelyn, qui nous a beaucoup aidés. Après avoir été assurée de l’état de l’enfant, je suis retournée au Maroc avant la quarantaine. Puis elle a ajouté : « Coronavirus a perturbé notre travail de bénévolat en reliant ces enfants et médecins à Israël, car nous avions de nombreux dossiers médicaux pour les enfants dans le besoin, mais la situation sanitaire mondiale a arrêté toutes les opérations, et seul Youssef a eu cette chance ».

Quant à Evelyn, une Israélienne d’origine marocaine, elle s’est dite heureuse que les enfants du Maroc puisse bénéficier de ces services. Elle est responsable de l’organisation SACHS (Save a Child’s Heart) qui prodigue des soins cardiaques pédiatriques dans le monde entier, depuis Israël. Créée 1995, SACHS a traité plus de 5 000 enfants souffrant de cardiopathies congénitales et rhumatismales. Environ 50% des enfants viennent de l’Autorité palestinienne et de Gaza, de l’Irak et du Maroc, plus de 40% sont d’Afrique et le reste d’Asie, d’Europe de l’Est et des Amériques.

« On aurait aimé en cette époque de crise sanitaire faire bénéficier de nombreux enfants. Youssef en a profité à en raison de sa situation d’urgence ». Puis de détailler les séjours des enfants en Israël, « La maison mise à disposition des familles grouille d’enfants originaires d’Éthiopie, de Tanzanie et d’Ouganda…, aussi les procédures prennent du temps, en raison des contrôles et du visa, puis est arrivée la Covid-19, qui a tout chamboulé ». Evelyn a également déclaré  « L’organisation est préoccupée par la réalisation d’opérations cardiaques difficiles pour les enfants de moins de 18 ans, en particulier ceux issus de familles pauvres. Au départ, nous demandons, à travers des volontaires au Maroc, que l’organisation reçoive des examens cardiaques et thoraciques et d’autres examens, puis l’organisation se charge de toutes les dépenses, y compris les médicaments, le logement, la nourriture et les billets de voyage, bien sûr avec la nécessité d’avoir de l’argent pour ses besoins très particuliers ». Et elle poursuit en disant « Trois ou quatre enfants sont rassemblés, et ils sont accompagnés d’une mère pour s’en occuper. Au domicile de l’organisation, tous les besoins sont satisfaits en fonction du pays d’origine de la personne selon leur demande, culture, etc. La mère accompagnatrice est chargée de cuisiner pour eux ».

Evelyn explique: « Normalement, l’enfant passe deux mois en Israël sous des soins spéciaux, mais Youssef a été perturbé par la crise du Coronavirus et la navigation aérienne qui s’est arrêtée, ce qui l’a obligé à rester plus longtemps avec sa sœur jusqu’à ce que nous trouvions une opportunité de les transporter au Maroc ». Et nostalgique Evelyn déclare, « J’adore le Maroc et j’espère que la paix réelle prévaudra, et que des relations humaines plus profondes nous lient, non seulement avec des chirurgies, mais pour une coopération couvrant tous les domaines. Le même souhait pour tous les musulmans du monde ».  et de rajouter « Quant à moi, j’ai quitté le Maroc avec mon père quand j‘avais 11 ans, et quand je suis retourné au Maroc par la suite, c’est en tant que touriste, et je l’ai aimé encore plus. J’ai tissé d’excellentes relations avec les Marocains depuis, et je suis très heureuse de recevoir des enfants du Maroc pour qu’ils puissent bénéficier de ce que la médecine offre en Israël, et j’espère que l’avenir n’en sera que plus radieux ».

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