Moncef Slaoui, l’homme par qui la délivrance de la pandémie viendra aux Etats-Unis

Moncef Slaoui, l’homme par qui la délivrance de la pandémie viendra aux Etats-Unis

Moncef Slaoui, à la tête du programme gouvernemental américain Operation Warp Speed, a réalisé ce qui était impossible à savoir développer un vaccin contre la Covid-19 coronavirus, en moins d’un an. Né au Maroc à la fin des années cinquante au Maroc à Agadir, il date son attrait pour la science et son « envie de comprendre les infections » à l’enfance et à la mort de l’une de ses sœurs de la coqueluche, confie-t-il au journal français Libération France.

Il rejoint par la suite la Belgique pour ses études s’intéresse de plus en plus à la politique, devient «marxiste-léniniste» et milite auprès de l’Union nationale des étudiants du Maroc, un syndicat étudiant mal vu du Royaume. Il gouttera du reste de la paille des cellules des années de plomb. Il renoncera à changer le monde pour se consacrer entièrement à sa thèse – « comment le système immunitaire prédit l’imprévisible » – et part s’installer avec sa compagne luxembourgeoise, une virologue qui deviendra sa première femme, aux Etats-Unis, pour un post-doc à Harvard et y construit ensuite sa glorieuse carrière. Moncef Slaoui a la nationalités de ces trois pays dont il parle du reste, les langues. C’est l’un des, si ce n’est le seul, démocrates que Donald Trump ait pu accepter à ses côtés durant sin mandat.

Tout est parti un jour d’avril 2020 quand tranquille, Moncef Slaoui est dérangé dans sa farniente au bord de sa piscine par un mystérieux appel téléphonique. On lui demande s’il pense qu’un «Projet Manhattan» pour développer un vaccin contre le Covid-19 en moins d’un an est réalisable. Il répond que oui et c’est parti pour le début d’une saga qu’il n’aurait jamais imaginé auparavant.

L’immunologue, n’en revient pas mais se sent obligé de travailler avec des gens dont il ne partageait pas les affinités, mais en même temps il n’avais pas le droit de dire non. Moncef Slaoui cependant pose ses conditions : pas de rémunération, pas de bureaucratie, et surtout « pas de pressions ni d’interférences politiques ». Jared Kushner, le gendre et conseiller de Trump, les lui garanties et voilà le bonhomme projeté un mois après ce premier contact, par la Maison Blanche, à la tête de l’Operation Warp Speed («vitesse de l’éclair»), un partenariat public-privé doté de plus de 11 milliards de dollars, qui ambitionne la mise au point et la distribution, à grande échelle et dans un temps record, de vaccins contre le Covid-19.

Agacé par l’attitude de certains démocrates (son propre camp), il démissionne du board de la société de biotech Moderna et revend ses actions (il estime qu’elles vaudraient aujourd’hui « entre 20 et 30 millions de dollars » de plus, vu l’annonce de l’ efficacité de leur vaccin. Mais il «s’en fiche»). Il refuse en revanche de se séparer de ses actions chez GlaxoSmithKline (GSK) : « Je n’allais pas, pour une mission de six mois, un an maximum, solder tout ce que j’ai construit en trente ans ! »

Sept mois plus tard, l’Agence américaine des médicaments (FDA) pour (Food and Drug Administration) autorise le vaccin de Pfizer, dont Operation Warp Speed a acheté 100 millions de doses. C’est dire le pragmatisme gagnant du bonhomme mais, pour ce faire, il aura sacrifié de son temps et de sa vie de famille. Pour Moncef Slaoui, ce sont « 20 heures de travail par jour», mais il se dit n’être jamais fatigué.  « C’est l’expérience la plus extraordinaire de ma vie ».

Ce chercheur millionnaire de 61 ans aura contribué à la plus remarquable, si ce n’est l’unique, victoire de l’administration Trump dans la lutte contre la pandémie. Il n’aura qu’un seul regret de cette expérience celle d’avoir été mis sur la sellette lorsqu’il est apparu qu’il détenait un paquet d’actions de Moderna, le développeur de vaccins américain retenu dans la sélection de l’Operation Warp Speed. L’ancienne candidate démocrate à l’élection présidentielle la sénatrice Elisabeth Warren l’a attaqué à différentes reprises, sur Twitter et au Sénat et a réclamé sa démission en raison de ses intérêts dans l’industrie pharmaceutique. Moncel Slaoui a vendu ses actions et a fait don du produit (plus de 10 millions de dollars) à la recherche contre le cancer.

Cela étant, les Etats-Unis ont démarré hier lundi leur campagne massive de vaccination. Moncef Slaoui, a expliqué à un journal belge comment ce dispositif impressionnant se met en place. « L’Agence du médicament a approuvé le vaccin vendredi soir pour qu’il soit utilisé pour des personnes à partir de l’âge de 16 ans. C’est un événement très important dans ce sens où exactement 11 mois après la découverte de la séquence du virus, on a un vaccin ».

Moncef Slaoui a répondu également aux craintes de certains citoyens par rapport aux effets secondaires potentiels. Par rapport à la vitesse avec laquelle ces vaccins ont été découverts et développés, je peux rassurer tout le monde car aucun raccourci n’a été pris. Il n’y a donc pas de risque concernant la sûreté de ce vaccin très actif et absolument « safe ». Je voudrais aussi dire qu’on a commencé à distribuer le vaccin aux Etats-Unis. L’entreprise Pfizer a déjà envoyé presque 3 millions de doses pour près de 150 sites différents. Il y en a eu à peu près 450 ce lundi, et encore une soixantaine ce mardi. A partir de la semaine d’après, on enverra plusieurs millions de doses du vaccin de Pfizer et de Moderna ». 

Pour atteindre une immunité collective, synonyme d’un retour à la normale, entre 75 et 80% de la population américaine doit être vaccinée, préviennent les experts. Ce qui n’arrivera pas avant « mai ou juin », selon Moncef Slaoui. Et pour conclure questionné par CNN Moncef Slaoui chef des vaccins de la Maison Blanche dira en accord avec les commentaires du Dr Anthony Fauci, conseiller en chef de l’opération Warp Speed, a déclaré que le président élu Joe Biden devrait être vacciné. «Je pense qu’il est très important que nos dirigeants – ceux qui partent et ceux qui arrivent – soient protégés. Je pense que le président Trump et le président élu Biden font tous deux partie du groupe d’âge le plus élevé et, par conséquent, présentent un risque plus élevé, alors, oui, je pense qu’ils devraient être vaccinés ». 

Slaoui a également déclaré que l’administration avait un plan pour diffuser des messages publics sur la sécurité et l’efficacité du vaccin afin que le peuple américain fasse confiance au vaccin. Le rôle du président Trump dans la conduite de ce message est «très important», a-t-il ajouté. «Il y a toute une frange de la population qui écoute le président très attentivement, et par conséquent, il a un rôle important. Je sais qu’il a été très favorable au développement du vaccin, alors j’espère qu’il soutiendra bien sûr son utilisation ».

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