Affaire Abdesslam Ouaddou : Incident anodin ou début de la fin ? Son avocat répond

15 Déc 2020 à 10:35 Sport
Affaire Abdesslam Ouaddou : Incident anodin ou début de la fin ? Son avocat répond

L’affaire remonte à samedi dernier, quand une rixe a éclaté entre l’entraineur du Mouloudia d’Oujda (MCO), Abdesslam Ouaddou, et le chauffer de l’autocar en charge de conduire l’équipe de l’aéroport Mohammed V à un hôtel de Casablanca.

Les deux protagonistes en sont venus aux mains, et l’affaire a pris une autre tournure, chacune des deux parties se présentant comme étant la victime d’une agression aussi bien verbale que physique.

Motif ? Ouaddou insistait pour faire monter dans le bus l’entraîneur des gardiens de but, alors que le chauffeur disait « avoir des consignes de ne pas le faire, car ce dernier n’était plus lié au club ».

Le chauffeur a fini par porter plainte auprès de la Gendarmerie royale à Nouaceur, qui a convoqué et entendu l’ancien international marocain, avant qu’il ne décide lui aussi de porter plainte et de confier l’affaire à son avocat, Me Mourad El Jaouti.

C’est justement auprès de Me El Jaouti que nous avons pu obtenir quelques détails supplémentaires.
Selon l’avocat, les premiers faits relatés par la presse ne reflètent pas fidèlement la réalité des choses.

«Mon client a été surpris de se voir agresser, verbalement puis physiquement, de manière bizarre par le chauffeur. Il l’a ensuite poussé hors du bus de manière +humiliante+», nous dit-il.

Il affirme que son client « a reçu un coup à la tête qui lui a fait perdre connaissance. Ressentant des vertiges et des douleurs intenses au niveau de la tête, il s’est rendu à une clinique où il a fait un scanner et obtenu un certificat médical de 20 jours ».

Me El Jaouti ne manque pas de s’interroger « avec stupeur » sur les motivations du chauffeur, mais aussi sur l’attitude des dirigeants du MCO.

«Ni le président du club, ni aucun autre membre du bureau dirigeant n’a pris la peine de demander des nouvelles de l’état de santé de mon client, qui se réserve le droit de poursuivre en justice ses agresseurs », ajoute-t-il.

S’il pointe le bureau du MCO, l’avocat a, d’autre part, indiqué que les éléments de la gendarmerie « ont fait montre d’un grand professionnalisme et écouté son client dans des conditions tout à fait correctes en tenant compte de son état psychologique ébranlé par l’incident ».

Les médias ont évoqué une résiliation du contrat de l’ancien internationale, alors qu’il n’en est rien, assure encore Me El Joauti.

Interrogé sur la réunion annoncée de la commission de discipline qui devait écouter les deux parties, l’avocat affirme n’avoir rien reçu dans ce sens.

«L’annonce a été faite par un post Facebook, qui n’est ni signé ni authentifié. De toutes les manières, nous n’avons reçu aucune notification que ce soit par mail ou convocation officielle, ni même un coup de fil pour nous signifier la nécessité de comparaitre devant la commission », confie-t-il.

Et de poursuivre que pour son client, il s’agit d’un incident anodin comme il peut en arriver chaque jour entre deux personnes, mais qui a pris de l’ampleur justement parce qu’il s’agit de quelqu’un de connu.

Mais entretemps, dit-il, «il poursuivra sa mission à la tête du MCO où il assure des fonctions techniques mais également managériales».

Finalement la commission ne s’est pas réunie, nous apprend Me El Jaouti, et l’affaire suit son cours.

Pour rappel, l’entraîneur des gardiens de but du MCO est en conflit ouvert avec le club, qui aurait mis fin à son contrat pour absence de certificats de formation reconnus. De même, il aurait refusé de se soumettre à une qualification par la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

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