Brexit: Le deal sur le fil du rasoir

11 Déc 2020 à 18:21 Monde
Brexit: Le deal sur le fil du rasoir

Les Européens et les Britanniques ont jusqu’à dimanche pour trouver un accord final sur le Brexit. Face à l’absence de consensus et la date butoir qui s’approche, les deux anciens partenaires au sein de l’Union européenne s’accordent des délais supplémentaires.

Alors que la semaine dernière déjà nous parlions des dernières négociations sur le Brexit, ces pourparlers ont été étendus à mercredi notamment après un diner entre la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Mais les deux dirigeants n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente et ont décidé de fixer la dernière date à dimanche. Pendant ce temps, les négociations se poursuivaient mais au fur et à mesure que le temps s’écoule, les espoirs d’un accord s’amenuisent.

De sa propre déclaration, le chef du gouvernement britannique a admis vendredi que les chances de trouver un accord sur leurs futures relations étaient très peu réalistes, ce qui signifierait que des droits de douanes seraient imposés entre le bloc européen et la Grande-Bretagne.

« Il est très très probable que nous devions choisir une solution qui serait, je pense, formidable pour le Royaume-Uni et nous pourrions faire exactement ce que nous voulons à partir du 1er janvier », a déclaré le chef du gouvernement conservateur pro-Brexit.

« Nous continuons d’espérer », a-t-il néanmoins dit ajoutant que « s’il y a une grande proposition, un grand changement dans ce qu’ils disent, j’attends toujours de le voir ».

Les deux anciens « époux » ne s’accordent pas sur trois sujets principaux et attendent des concessions l’un de l’autre. Les Européens souhaitent continuer à avoir les mêmes privilèges dans le cadre de la pêche et pouvoir accéder aux eaux poissonneuses britanniques. Les deux parties veulent des garanties sur la concurrence et veulent se mettre d’accord sur la manière de régler les différends dans le futur accord.

Malgré le pessimisme de Londres et Bruxelles, vendredi, les ministres allemand et irlandais des Affaires étrangères ont estimé « qu’un accord est certes difficile mais encore possible », selon la déclaration du chef de la diplomatie allemande Heiko Maas.

De son côté, son homologue irlandais Simon Coveney a dit penser « qu’il est possible d’avoir un accord commercial et régissant les relations » entre le Royaume-Uni et l’UE. « Nous allons négocier aussi longtemps qu’une fenêtre reste ouverte », a ajouté le ministre allemand, au moment où les deux parties ont encore jusqu’au 31 décembre pour éviter que ce soit l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui régisse leurs relations commerciales en l’absence d’un accord de libre-échange.

Face à cette situation bloquée, la Norvège, qui n’est pas membre de l’Union européenne a donné un coup de pression aux deux belligérants en les menaçant de leur interdire l’accès à ses eaux s’ils ne trouvent pas d’accord d’ici le 31 décembre.

« Les négociations avec l’UE et la Grande-Bretagne sur des accords de pêche pour 2021 sont fortement retardées à cause du retard pris dans les négociations sur le brexit entre ces deux (parties, ndlr) et la place de la pêche dans celles-ci », a noté le ministre norvégien de la Pêche, Odd Emil Ingebrigtsen, devant le Parlement.

« Cela signifie qu’il n’est pas certain que les négociations soient finies avant la fin de l’année. Si nous n’avons pas d’accords au 1er janvier, nous n’ouvrirons pas la zone économique de la Norvège aux bateaux de pêche de l’UE et de la Grande-Bretagne », a-t-il ajouté.

Quai d'Orsay: Le plan d'autonomie, une base sérieuse et crédible pour résoudre le conflit du Sahara