Bekkari: La gestion de l’affaire Aminatou Haidar est sage et toute en retenue 

Bekkari: La gestion de l’affaire Aminatou Haidar est sage et toute en retenue 

L’Etat marocain n’a encore pris aucune décision officielle pour traiter le cas de la militante séparatiste Aminatou Haidar qui n’en finit pas de faire des siennes. Sa dernière mésaventure de défier la sécurité sanitaire est une de ses illustrations, après que lors des dernières semaines, elle ait été à l’origine de la fondation de de l’Instance sahraouie contre l’occupation marocaine (ISACOM) une entité politique, visant à la « sécession » au Sahara, en remplacement à « CODESA » après sa dissolution.

Pour autant l’Etat marocain, n’a toujours pas eu d’oreille au haro sur la bonne femme, du vox populi que ce soit sur les réseaux sociaux ou même de la part des défenseurs des droits humains excédés par les écarts de « Madame ». L’exécutif  n’a pas eu recours à ses grand moyens et a daigné, pour si peu déclencher du moins pour l’heure, sa lourde machine judiciaire, préférant à juste raison attendre en laissant les procédures légales avoir raison de la militante séparatiste Aminatou Haidar, ainsi que la trentaine de ses acolytes qui un jour d’octobre initièrent lors d’un congrès constitutif, le fantoche ISACOM.

L’analyste et militant des droits de l’homme, Khalid El Bekkari a déclaré à Hespress que la position de l’Etat et sa gestion de l’affaire Aminatou Haidar quoique délicate est sage et toute de retenue. « Quel est l’intérêt d’arrêter une militante ? Son arrestation serait problématique et ferait vite fait le tour de la presse nationale et internationale. C’est nourrir les ennemis du Maroc qui diront que le Maroc ne respecte pas la liberté d’opinion au Sahara etc. ». L’activiste souligne que « le Maroc s’est toujours défendu dans les couloirs des instances planétaires avec des justifications en droit international tirées de la littérature des droits de l’homme, liberté de mouvement, droit à la sécurité, droit à la paix, à la vie et autres droits humains ».

Et Khalid Bekkari d’expliquer que le Royaume « ne devrait pas tomber dans le piège  de ce que d’autres interprèteraient comme une violation de la liberté d’expression. Il ne faut pas s’éloigner du statut de « détenteur légitime » pour se rapprocher à celui d’accusé ». Khalid Bekkari a du reste, étayé ses dires par : « Bien que le discours de Haidar soit provocateur, il est intelligent, de sorte qu’elle a évité d’appeler à la violence ou à la lutte armée, et elle  s’est contentée de condamner ce qu’elle a appelé une interdiction de voyager, et ce qu’elle a nommément désigné comme une occupation, en se réfugiant du coup derrière les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme. Droits, que le Maroc a ratifié au demeurant ».

Notre interlocuteur a poursuivi en disant que « contrairement à ses précédents appels à la reprise de ce qu’elle appelle la lutte armée, son dernier appel n’y fait pas référence. Dans les circonstances actuelles chez nous, ses discours précédents feraient d’elle une guerrière, plutôt qu’une défenseure des libertés », considérant que « ne pas la poursuivre est une mesure cohérente dans la gestion de la situation actuelle, non pas par peur mais par sagesse ».

El Bekkari a souligné que « l’arrestation d’Aminatou Haidar déteindrait les auras diplomatiques et médiatiques que le Maroc a obtenus après l’opération Guerguerat, car si le Polisario appelle à un retour à la guerre, le Royaume se présente comme un défenseur de la sécurité, de la paix et de la liberté de mouvement, et donc l‘arrestation d’Aminatou serait un cadeau gratuit dont le Polisario profiterait pleinement ».

Il a estimé que « le Polisario présenterait alors Haidar comme une victime de la violation de la liberté d’expression, et saisirait l’occasion pour appeler à un élargissement du mandat de la MINURSO pour inclure la surveillance des droits de l’homme, ce qui est considéré comme une violation des fondements de la souveraineté ».

Moncef Marzouki estime que certaines forces sont déterminées à faire avorter tout règlement au Sahara marocain