Moncef Marzouki estime que certaines forces sont déterminées à faire avorter tout règlement au Sahara marocain

20 Nov 2020 à 23:59 Politique
Moncef Marzouki estime que certaines forces sont déterminées à faire avorter tout règlement au Sahara marocain

L’ancien président tunisien, Moncef Marzouki, a affirmé que certaines forces sont déterminées à faire avorter tout règlement politique pacifique du conflit artificiel entretenu autour du Sahara marocain.

« Je suis Maghrébin et j’ai toujours oeuvré et j’oeuvre encore à faire progresser ce projet, mais il est clair que certaines forces sont déterminées à l’avorter », a souligné l’ex-président tunisien dans une interview au journal Al Qods Al Arabi.

« Chaque fois que nous avançons et trouvons une solution raisonnable au problème sahraoui dans le cadre de l’autonomie sous souveraineté marocaine et dans le cadre de l’Union maghrébine, certaines forces lancent des attaques terroristes pour l’entraver », a-t-il affirmé, répondant ainsi aux allusions faite aux attentats terroristes perpétrés dans son pays durant son mandat entre 2011 et 2014.

« Ceux qui sont derrière l’échec du projet maghrébin sont ceux-là qui sont à l’origine des récentes manœuvres menées par le +polisario+ et qui n’ont d’autre but que d’empêcher tout rapprochement ou réalisation du rêve maghrébin », a-t-il dit.

Lors de cette entretien, Marzouki a déploré la position négative du région algérien, notamment à l’égard de son pays la Tunisie, en raison de sa position sur la question du Sahara marocain qui ne s’accorde pas avec la vision algérienne.

Le Tunisien explique que durant son mandat, il avait essayé de réunir les dirigeants maghrébins, qui ont tous accepté son invitation à l’exception des dirigeants algériens, notant qu’il envisageait de présenter plusieurs propositions, y compris de parvenir à une solution à la question du Sahara dans le cadre de l’autonomie.

L’ancien président tunisien avait espéré que suite aux événements traversés par l’Algérie, une nouvelle génération de dirigeants auraient l’esprit patriotique de comprendre cette politique et mettre fin à ce qui est nécessaire aujourd’hui pour entamer un processus positif de rapprochement entre les peuples.

« On ne peut sacrifier l’avenir de cent millions de maghrébins pour deux cent mille sahraouis qui peuvent d’ailleurs vivre avec dignité au sein de l’Union maghrébine et dans le cadre de l’autonomie proposée par le Maroc », a-t-il soutenu.

Il a de même estimé que l’accent devrait être mis sur l’unification des pays plutôt que sur la division, exprimant son regret que la région ait été l’otage d’un groupe de personnes au sein du régime contre lequel le peuple algérien s’est révolté.

« Mon grand espoir est qu’une nouvelle génération de dirigeants algériens, qui seront issus du ‘Hirak’ et de la démocratie, cherchera à mettre fin à ce problème et à construire l’Union du Grand Maghreb qui n’aura pas lieu avec le +polisario+ et la division du Maroc », a-t-il dit.

En ce qui concerne la question du « Hirak » algérien, Marzouki estime que la revendication de ce mouvement était principalement de mettre fin au mépris de l’intelligence et de la dignité algériennes concernant la candidature d’une personne dont l’impuissance et l’incapacité étaient manifestes pour tout le monde et en vue de mettre fin au contrôle imposé par un certain groupe.

« Je suis convaincu que le bourreau Etat-espion militaires en Algérie est mort dans l’esprit et le cœur des Algériens qui n’ont plus peur de l’Etat profond », a-t-il conclu.

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