Coronavirus : Bilan mondial à la mi-journée, l’OMS tire le signal d’alarme

06 Nov 2020 à 14:32 Monde
Coronavirus : Bilan mondial à la mi-journée, l’OMS tire le signal d’alarme

Depuis l’apparition des tous premiers cas porteurs du coronavirus (Covid-19) en Chine en décembre 2019, la pandémie a fait au moins 1 234 210 morts dans le monde. Le nombre total des cas ayant contracté le virus a atteint les 48 729 742 personnes dans le monde cependant 32 229 182 sont considérés comme rétablis de la maladie selon l’Université Johns Hopkins (JHU) qui fait référence.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché avec 234 937 décès, suivi par le Brésil (161.106 morts), l’Inde (124 985), le Mexique (93 772) et le Royaume-Uni (48 210). L’Europe est aujourd’hui la région qui compte le plus de nouvelles infections au coronavirus, devant l’Amérique latine. La région compte désormais plus de 12 millions de cas (chiffres AFP) pour près de 300 000 morts, si on y ajoute la Russie.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu, les perspectives ne prêtent pas à l’optimisme et les prochaines semaines seront difficiles si l’on juge par les exemples de quelques chiffres donnés par l’Institution onusienne,  augmentation de 459% des cas positifs en Serbie en l’espace 15 jours, +200% en Italie et en Grèce, +150% en Allemagne et en Suède… Des chiffres qui ne sauraient mentir et même si, les raisons ne sont pas toutes connues, le directeur du bureau Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Hans Kluge, désigne le laxisme dans la riposte européenne : « Plusieurs pays ont relâché leurs mesures de santé publique pendant l’été. Le port du masque n’était pas généralisé. Les rassemblements n’étaient pas toujours contrôlés. Et donc, on a vu les effets agressifs du virus se multiplier ».

La Suisse, justement où se trouve le siège de l’OMS, est à ce titre, un exemple révélateur. Le pays est passé, en quelques semaines, du statut de relatif bon élève à celui de zone de circulation active du virus, la faute à une approche trop décentralisée de la lutte contre la pandémie, avec des cantons qui viennent seulement de rendre obligatoire le port du masque. S’il était généralisé partout en Europe, le port du masque pourrait sauver plus de 260 000 vies, estime l’OMS, qui appelle néanmoins les États à laisser les écoles ouvertes aussi longtemps que possible pour ne pas sacrifier une génération toute entière.

Par ailleurs, on constate la méfiance de pays par rapport à d’autres. La Chine qui fut le vilain petit canard  au départ de la pandémie depuis qu’elle fait office de meilleure élève en la matière (zéro mort depuis six mois) après s’être vue la fermeture de frontières sous son nez, y a recours. La Chine ne veut pas de cas importés de coronavirus.

Le pays a donc décidé de bloquer l’arrivée de voyageurs en provenance de France et d’une dizaine d’autres pays. Les ambassades au Royaume-Uni, en Belgique, en Inde, aux Philippines et dans plusieurs autres pays ont annoncé cette semaine que Pékin avait décidé de « suspendre temporairement » l’arrivée des ressortissants non-chinois sur le territoire national. Et cela, même si ces personnes sont porteuses de visas ou de permis de séjour valides.

La Russie, l’Italie et l’Éthiopie sont désormais aussi concernées par cette mesure. La France, où le nombre d’infections est en augmentation exponentielle est le dernier pays en date à rejoindre cette liste, a annoncé jeudi l’ambassade de Chine à Paris. Elle souligne que cette interdiction sera réévaluée « en fonction de l’évolution de la situation épidémique ». Cela étant, dans le Vieux Continent, l’Italie s’est imposé à partir d’aujourd’hui vendredi un couvre-feu général (de 22 heures à 5 heures) jusqu’au 3 décembre et un reconfinement dans plusieurs de ses régions. Les lycées passent à l’enseignement à distance, et les musées sont fermés, de même que les centres commerciaux durant le week-end.

Confrontée à un risque de saturation de ses hôpitaux, la Grèce s’est résolue à se reconfiner dès samedi, pour trois semaines. Avant de quitter son domicile, il faudra théoriquement indiquer par SMS le motif et l’horaire de sortie et attendre le feu vert des autorités, également par SMS. Le coronavirus y a fait 673 morts au total. Mais c’est surtout le nombre de malades hospitalisés en soins intensifs qui inquiète les autorités grecques en raison d’un système sanitaire insuffisant.

En France, reconfinée depuis le 30 octobre, la deuxième vague « est brutale et se propage rapidement », avec 58 000 nouvelles contaminations détectées au cours des dernières 24 heures, selon le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Après l’Irlande et la France, l’heure du reconfinement avait sonné jeudi en Angleterre, le pays le plus endeuillé d’Europe par le virus, avec près de 48’000 morts. En Slovénie, une manifestation contre le confinement anti-coronavirus de plusieurs centaines de personnes a dégénéré jeudi soir en violents affrontements à Ljubljana après que la police était intervenue pour disperser la foule à coups de gaz lacrymogène et de canons à eau.

En Équateur, des restrictions sont à nouveau imposées, du fait d’un non-respect grandissant des mesures de protection. Les autorités de Guayaquil (sud-ouest), interdisent ainsi la vente d’alcool du jeudi au dimanche ainsi que les bals et événements festifs. La Colombie, qui a imposé cinq mois de confinement jusqu’à fin août, a quant à elle supprimé l’obligation pour les voyageurs venant de l’étranger de présenter un test Covid-19 négatif, ce qui a suscité jeudi de multiples critiques.

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