Événementiel : En crise, les professionnels du secteur manifestent, les forces de l’ordre interviennent

25 Oct 2020 à 08:39 Société
Événementiel : En crise, les professionnels du secteur manifestent, les forces de l’ordre interviennent

La situation des professionnels de l’organisation des fêtes et des évènements est plutôt critique. Avec l’état d’urgence sanitaire décrété au Maroc depuis mars et l’interdiction par les autorités de célébrer les fêtes (mariages, fiançailles, baptêmes …) pour limiter la propagation du coronavirus, cette catégorie de professionnels se trouve dans l’incapacité de faire face à la crise économique et financière qui sévit. 

En voulant faire entendre aux responsables leur souffrance suite à l’arrêt de leur activité depuis plus de 7 mois, une vingtaine de professionnels du secteur de l’événementiel, ont tenu un sit-in, jeudi 22 octobre devant la Wilaya de Casablanca. Une manifestation qui a vite tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre. Ces dernières, ont essayé de disperser la foule ce qui a donné suite à quelques accrochages. Des manifestants ont même été embarqués par la police.

Pour cette catégorie de professionnels, il s’agit d’une « injustice » à leur encontre, vu que l’ensemble des activités ont repris sauf eux. Il ne s’agit pas là des patrons de sociétés organisatrices d’évènements ou de fêtes qui manifestent, mais de la main-d’œuvre qui y travaille, la plupart non-déclarés et payées à la journée.

« On n’en peut plus. Je n’ai plus de quoi nourrir mes enfants » confie une manifestante au micro de Hespress, accompagnée de ses deux petits enfants. « Quand on sort dans la rue, on nous accuse de mendier. On ne mendie pas. On veut juste notre droit. On veut travailler. On ne veut rien de plus. Pourquoi tout le monde a repris sauf nous. Regardez le tramway comment il est surchargé. Regardez les sociétés, elles tournent à plein régime. Ls autorités nous ont imposé d’arrêter notre travail à cause de la pandémie. Alors qu’elles nous indemnisent, à l’instar des autres secteurs. Qu’elles nous donnent de quoi acheter à manger à nos enfants. On est en train de mourir.  » a-t-elle poursuivi en larmes.

Il convient de rappeler que l’Etat avait prévu un soutien financier aux personnes ayant perdu leur emploi depuis le mois d’avril jusqu’au mois de juillet. Mais depuis que le gouvernement a annoncé l’allègement des mesures de confinement, ce soutien a pris fin et les opérateurs du secteur de l’événementiel ont cru pouvoir rattraper les dégâts financiers du confinement en reprenant partiellement leur activité.

Mais ce n’est pas ce qu’a prévu pour eux le gouvernement de Saad Dine El Otmani. L’interdiction d’organiser les fêtes a été maintenue jusqu’à aujourd’hui, ce qui a enfoncé encore plus cette catégorie de professionnels dans la crise.

N’ayant aucune visibilité quant à la relance de leur activité, Meryem. Ben, chef d’une entreprise-traiteur à Casablanca, avait déclaré à Hespress Fr qu’ *« il ne faut pas oublier que l’activité des traiteurs emploie des milliers de personnes, allant des cuisiniers, aux femmes de ménage, aux décorateurs et la liste est longue ».

Des emplois, poursuit-elle, « que les personnes lambda considèrent comme banals mais qui sont essentiels et indispensables dans notre activité, et qui permettent à ces gens de gagner leur vie, surtout qu’il s’agit d’employés vacataires qui travaillent au jour le jour, alors que d’autres touchent chaque mois un salaire fixe et n’ont pas à se plaindre ». 

Plusieurs pays, dont le Maroc, lancent un appel pour l'autonomisation économique des femmes