«Taxe de solidarité» : le gouvernement El Omani cible « les poches des plus faibles »

«Taxe de solidarité» : le gouvernement El Omani cible « les poches des plus faibles »

Une fois de plus, la polémique sur le recours du gouvernement aux poches des citoyens pour surmonter les répercussions de la crise du coronavirus gonfle. En effet, le projet de loi de finances (PLF), qui sera présenté au Parlement demain lundi, prévoit l’imposition d’une nouvelle taxe sous le nom de « contribution sociale à la solidarité ». Cette taxe sera appliquée, en cas d’approbation définitive par nos élus, sur les salariés, et certaines entreprises, sur une base obligatoire, afin de collecter environ cinq milliards de dirhams.

Cette taxe obligatoire sera allouée au « Fonds de soutien à la protection sociale et à la cohésion sociale », créé en 2012 pour financer des projets de soutien social, et sera également destinée à soutenir la protection sociale des travailleurs du secteur informel. La tendance du gouvernement à imposer cette taxe de solidarité a suscité une large polémique sur les réseaux sociaux, de nombreux commentaires considérant que le gouvernement a toujours eu recours à la facilité en touchant les plus faibles pour sauver les finances publiques au lieu de spéculer sur les richesses réelles détenues par une minorité.

Nombre de commentateurs ont dit à Hespress leur désarroi et ont critiqué cette mesure visant à museler les salariés tandis que d’autres se sont demandés si le « Le moment n’était pas propice à en finir avec les dépenses utilisées à des fins privées comme par exemple celles que représentent les voitures d’État, en plus d’imposer des taxes aux propriétaires de permis sous toutes leurs formes, notamment dans les transports, la pêche, les licences d’importation et l’exploitation des carrières et autres … N’est-il pas urgent d’en finir avec les pactoles de départ à la retraite doré des ministres et des parlementaires … N’est-il pas urgent de réduire le nombre de ministres et de parlementaires et de se passer de règlements parlementaires rentiers ? ». Bref on s’en est pris à la chose de la gestion parlementaire.

Abdelghani Raqi, un dirigeant de la Confédération démocratique du travail et de la Fédération de la gauche démocratique, joint par Hespress estime que la solidarité est nécessaire en temps de crise, « mais le problème au Maroc est que cet acte de solidarité ne s’applique pas à tout le monde et n’affecte pas les hauts dirigeants et les riches ». Raqi a déclaré, dans son entretien « la déduction du gouvernement en échange de trois jours ouvrables sur le salaire des employés en tant que contribution au Fonds Corona était obligatoire, imposée à eux à un moment où cette mesure n’incluait pas les riches du pays, dont certains se sont portés volontaires pour la solidarité ».

Le gouvernement a recouru à l’imposition d’une taxe de solidarité sur les salariés, a ajouté Raqi, « car elle est déduite directement à la source de la mensualité du salarié », notant que « la solidarité doit être en fonction des capacités de chaque personne et qu’elle doit commencer par le haut et non par le bas ». Raqi a appelé le gouvernement Otmani à approuver la justice fiscale en imposant une taxe sur la fortune, « parce que le système fiscal actuel est injuste », pour le syndicaliste  « quiconque exploite ces pays et récolte des milliards doit payer la plus grande part des impôts. Or nous constatons que les entreprises contribuent moins que les salariés et les employés, au niveau des revenus fiscaux ». Raqi a déclaré, en outre, que 4 millions de centimes de son salaire sont consacrés annuellement aux impôts, « alors que vous pouvez trouver des personnes exerçant des professions libérales gagnant d’énormes sommes d’argent, mais elles ne déclarent pas leur revenu réel ».

Selon les données d’Oxfam, l’évasion fiscale d’un certain nombre de multinationales coûte au Maroc 2,45 milliards de dollars par an. Oxfam Maroc a révélé que 82% des revenus de l’impôt sur les sociétés proviennent de seulement 2% des entreprises marocaines. En raison de l’évasion fiscale des multinationales, le Maroc subit annuellement une perte financière estimée à 2,45 milliards de dollars, soit environ 4 milliards de dirhams. Cela représente 2,34% du PIB, soit ce qui aurait permis la construction d’au moins 40 centres hospitaliers.

Responsabilité et reddition des comptes : De la constitutionnalisation à la mise en œuvre - Part 2-