Les flux financiers illicites sortant du Maroc coûtent au Royaume des milliards de dollars

Les flux financiers illicites sortant du Maroc coûtent au Royaume des milliards de dollars

Un rapport des Nations Unies, publié cette semaine, a déclaré que les flux financiers illicites en provenance du Maroc se sont élevés à environ 16,6 milliards de dollars (155 milliards de dirhams marocains) au cours des années 2013-2014.

C’est en tous cas ce que croit savoir un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui a révélé en outre  que le continent africain perd environ 88,6 milliards de dollars par an en raison de la contrebande illégale de fonds et d’actifs. Cela représente 3,7% de son produit intérieur brut. Le rapport révèle que les flux financiers illicites qui sortent clandestinement des pays du continent africain sont supérieurs à l’aide au développement qu’ils perçoivent et qui ne dépasse pas environ 48 milliards de dollars.

L’Afrique présente un paradoxe surprenant. D’une part, la plupart de ses pays affichent des écarts chroniques, voire grandissants, entre épargne et investissement, d’autre part, le continent constitue une source de volumes importants et croissants en matière de sorties de capitaux non enregistrés ou de fuite de capitaux incluant toutes les formes de flux financiers illicites sortant du continent. Le phénomène de la fuite des capitaux n’est pas nouveau en Afrique.

Le rapport définit les flux financiers illicites comme les mouvements transfrontaliers de fonds et d’actifs, la source, le transfert ou l’utilisation illégale de ceux-ci par le biais de pratiques fiscales et commerciales illégales, telles que les fausses factures pour des échanges commerciaux et des activités criminelles résultant de marchés illégaux, sans parler de la corruption et du vol.  « Les flux financiers illicites volent le potentiel de l’Afrique et de sa population, sapent la transparence et la responsabilité et diminuent la confiance dans les institutions africaines », a déclaré le Kényan Mukhisa Kituyi, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Il a été indiqué également dans l’étude qu’environ la moitié du chiffre annuel total de 88,6 milliards de dollars que l’Afrique perd à cause de ces pratiques est due à des chiffres inférieurs à la valeur réelle des exportations de produits de base, comme l’or, le diamant et le platine. La CNUCED, dans la même étude analytique, a indiqué que les flux financiers illicites liés au commerce étaient souvent liés à des stratégies d’évasion et de fraude fiscales en transférant des bénéfices vers des zones à faible taux d’imposition, c’est-à-dire les soi-disant paradis fiscaux. Entre 2000 et 2015, le total des flux financiers illicites perdus pour l‘Afrique s’est élevé à environ 836 milliards de dollars. Ce chiffre dépasse la dette extérieure du continent, qui s’élevait à 770 milliards de dollars en 2018.

La CNUCED a déclaré que ces pratiques illégales drainaient considérablement les capitaux et les revenus sur le continent africain, compromettant ainsi sa capacité de production et ses perspectives de réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies. Les Nations Unies confirment, à travers cette étude, que la lutte contre cette contrebande illégale de fonds et d’actifs pourrait générer suffisamment de fonds d’ici 2030 pour financer près de 50% des 2,4 billions de dollars dont les pays subsahariens ont besoin pour s’adapter au changement climatique et en atténuer les effets.

Selon l’étude, la lutte contre les flux financiers illicites nécessite une action internationale, d’autant plus que les pertes en termes de recettes fiscales dues à ces pratiques sont particulièrement coûteuses pour le continent africain qui souffre d’un manque d’investissements et de dépenses publiques. Selon l’étude de l’ONU, la coopération fiscale internationale et les mesures anti-corruption restent les solutions les plus importantes pour faire face à ce phénomène, notamment en renforçant les capacités des autorités fiscales et douanières des pays en développement.

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