Oujda : Un café drainant drogués et parieurs menace la sécurité d’un quartier en toute impunité

03 Oct 2020 à 08:34 Société
Oujda : Un café drainant drogués et parieurs menace la sécurité d’un quartier en toute impunité

Plusieurs quartiers du Royaume connaissent encore et toujours une ambiance d’insécurité. Dans la région de l’Oriental, et plus exactement à la ville d’Oujda, des habitants de la résidence « Al Mir », route de Taza, vivent l’enfer à cause d’un café se situant au beau milieu de leur quartier, mettant en péril leur sécurité, voire même leur vie. Leurs plaintes se multiplient depuis déjà deux ans, mais le propriétaire semble jouir d’une impunité qu’ils ne s’expliquent pas.

Il ne s’agit pas d’un café anodin où des citoyens lambda prennent leur café du matin et où règne une ambiance bon enfant, parfois même familiale. Non, nous parlons bel et bien d’un espace où se rejoignent au quotidien, toxicomanes, joueurs et parieurs, dans un rassemblement qui fait tache dans un quartier résidentiel, où des familles espéraient jouir d’un environnement sécurisant, aussi bien pour elles que pour leurs enfants, qui se trouvent aujourd’hui exposés à des spectacles de drogue, de deals et de paris.

Malgré les nombreuses réclamations et pétitions signées et déposées par les habitants du quartier auprès des autorités compétentes pour la fermeture du café en question, ce dernier est toujours là, ouvert, semblant les narguer avec sa clientèle peu recommandable.

Dans le détail, l’un des habitants du quartier résidentiel, également impacté par cette situation, a confié à Hespress Fr qu’avec ses voisins du quartier, ils ont été surpris par l’échec et l’incapacité de la commune d’Oujda à fermer le café en question, se contentant de l' »avertir » pour «usage (au sein de son café) de drogue et pratique de jeux de pari, non-respect de l’horaire légal de fermeture et dérangement du voisinage».

Cette accusation explicite de la part de la commune d’Oujda au propriétaire du café, est intervenue suite à une circulaire du service d’information de la Wilaya d’Oujda, publiée en juin 2018. Mais ce « trou noir », comme le qualifient les victimes, est toujours ouvert malgré l’existence de rapports et de circulaires officielles qui confirment qu’il s’agit bien d’un lieu de consommation de drogue et de pari.

Notre interlocuteur nous indique ainsi que le café en question a été fermé un moment, en 2018. Sauf qu’en octobre de la même année, son propriétaire avait soumis une demande de réouverture aux services de la commune d’Oujda, qui a reçu une réponse favorable mais avec des conditions, à savoir l’interdiction totale de la consommation de « Chicha » à l’intérieur du café, l’interdiction d’utilisation des machines de jeux manuelles et le respect des horaires de fermeture.

La décision du conseil communale d’Oujda avait mentionné que l’autorisation de réouverture et d’exploitation remise au propriétaire de l’espace peut être retirée de manière temporaire ou définitive au cas où « il y a violation par le propriétaire de la décision et des lois en vigueur ».

Mais tout le monde ne mérite pas une deuxième chance. En effet, selon notre interlocuteur, «le propriétaire du café a rouvert son espace dans l’irrespect total de ce qui a été convenu avec le conseil communal et de l’engagement qu’il a signé, puisqu’il a repris ses mauvaises habitudes et a laissé encore une fois place à la consommation de drogue et aux jeux ».

« La période de fermeture du café a été un moment de bonheur pour les habitants du quartier. On pouvait sortir, et nos enfants pouvaient jouer devant la porte de la maison sans avoir peur d’être agressés par les clients du café, dont la plupart sont drogués et munis d’armes blanches. Mais ce bonheur n’a duré qu’un moment. Le propriétaire qui a signé un engagement de cesser ses activités illégales, n’a pas du tout respecté cela. Il a rouvert et a repris ses activités comme si de rien n’était en désobéissant aux consignes du conseil communal. Comme s’il n’y avait pas d’autorité dans le pays. C’est désolant et trop pesant sur les habitants du quartier», déplore notre interlocuteur.

Il estime en ce sens « avoir le droit ainsi que sa famille et tous les habitants du quartier, de vivre en paix et en sécurité ». Il demande ainsi, au nom des citoyens de la résidence, « l’intervention du ministre de l’Intérieur face à la manipulation des procédures administratives au niveau de la wilaya de la région de l’Oriental et de la commune d’Oujda ».

« Malgré mes nombreuses correspondances électroniques au secrétaire général, aucune mesure n’a été prise. Concernant mes plaintes dirigées aux services centraux du ministère de l’Intérieur, en particulier l’Inspection générale, les réponses envoyées par le secrétaire général à la wilaya sont toutes fausses et mensongères, pour que le café ne soit pas fermé, alors que c’est un véritable danger public« , indique notre interlocuteur.

Pour conclure, il nous révèle que le Caid du quartier où se situe le café, et qui avait rédigé un rapport détaillé des activités prohibées et pratiques illégales au sein du café, recommandant sa fermeture, avait reçu un avertissement verbal, après une convocation à l’administration centrale.

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