Des ardeurs de croissance économique réfrénées face à la situation épidémiologique

Des ardeurs de croissance économique réfrénées face à la situation épidémiologique

Dans une conjoncture des plus sombres, tout pousse à croire que le Maroc se dirige vers un récession des plus sévères. D’ailleurs les chiffres présentés devant la commission des finances et du développement économique à la première chambre l’exécution du budget de l’année 2020, par Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, relatifs aux indicateurs macroéconomiques ne laissent guère de place à un quelconque équivoque.   

Situation épidémiologique oblige, du côté de l’exécutif on a dû revoir les ambitions optimistes qui prévoyaient dans le PLF2020 qu’on atteindrait une croissance économique de 3,7%. In fine de 0,8 point les prévisions de la croissance économique pour 2020 en les portant à moins 5,8%, au lieu des 5%  prévus dans la programmation du Budget pour les 3 années à venir. Pour Benchaâboun, cela signifie une baisse d’environ 10% du produit intérieur brut, ce qui représente 100 milliards de dirhams.

La raison de cette situation pour le moins peu reluisante il faut la chercher dans la situation d’un certain nombre de secteurs à fin août dernier. Trois moteurs de la croissance à savoir le tourisme avec une baisse de la valeur ajoutée de 50% contre -27%, du transport avec une baisse de 12% contre 6,9% ainsi que le commerce avec une baisse de 9,1% contre -8% en sont grandement responsables.

Au niveau du financement de l’économie, les chiffres fournis par le ministre indiquent une augmentation des prêts bancaires d’environ 29 milliards de dirhams au cours des sept premiers mois, ainsi que le financement des entreprises et des familles. Le ministre a, en outre, indiqué que le Maroc avait enregistré une amélioration des conditions de financement de l’économie, reflétée principalement par la baisse du taux d’intérêt sur les prêts bancaires, à environ 4,58 % l’année en cours, contre 6,23 en 2013 , et environ 9,13 % en 2001. Benchaâboun a également évoqué s l’aggravation du déficit de liquidité bancaire, un indicateur jugé négatif signifiant que l’épargne est insuffisante.

Quelque part c’est positif en même temps, car cela signifie également que les prêts sont octroyés davantage. Le déficit de liquidité au début de l’année en cours était d’environ 72milliards de dirhams. Mais il a atteint 105 milliards en mars et 114 milliards de dirhams en août. Mais Benchaâboun a minimisé la situation, arguant que la Banque centrale avait fourni un certain nombre de mécanismes pour recapitaliser les banques. Le taux de chômage enregistre également une aggravation alarmante avec une augmentation de 4,2 points portant le taux de chômage actuel à 12,3% et des prévisions officielles peu tendres d’un seuil dépassant les 13% à la fin de l’année en cours contre 9,2 lors de l’exercice précédent.

Un jour de confinement selon Benchaâboun menace 10 000 emplois. Plus de 590 000 personnes ont perdu leurs emplois à cause de cette pandémie et les prévisions, là non plus, ne prêtent pas à l’optimisme puisque l’on table sur une perte d’emplois d’environ 230 000 dont 80 000 dans le secteur agricole. Sous l’effet conjugué des conditions climatiques défavorables et de la pandémie de Covid-19, tout porte à croire que les indicateurs continueront leur dégringolade lors de l’année en cours et on ne devrait les voir amorcer un redressement qu’à fin 2021. Selon Bank Al Maghrib, l’économie marocaine devrait connaître une contraction de 6,3 % en 2020, au lieu des 5,2 % prévus en juin et ce en raison d’un « redémarrage plus lent que prévu » face à la pandémie. Des prévisions amenées à évoluer tant la situation est encore incertaine.

CMT/S1-2020: Le RNPG en baisse de 54%