Algérie : Le ministère de la Communication dépose plainte contre M6

24 Sep 2020 à 05:58 Monde
Algérie : Le ministère de la Communication dépose plainte contre M6

Accusée d’avoir tourné « sans accréditation » un documentaire diffusé dimanche sur le mouvement de protestation populaire « Hirak » en Algérie, la chaîne française M6 fait l’objet de poursuites de la part du ministère algérien de la Communication. 

« Le ministère de la Communication a déposé ce mercredi une plainte pour le tournage de l’émission en Algérie, sans l’accréditation prévue par la législation en vigueur, contre la chaîne française M6 qui a diffusé dimanche dernier un documentaire sur l’Algérie« , a rapporté l’agence de presse officielle APS.

Aucune autre détail n’a été donné et le lieu du dépôt de la plainte n’a pas été précisé. Par ailleurs, M6 a été interdite en Algérie, et le ministère a décidé d’engager des poursuites contre les auteurs du reportage pour « faux en écriture authentique ou publique ».

Alger reproche au documentaire de M6, intitulé « L’Algérie, le pays de toutes les révoltes« , de « porter un regard biaisé sur le Hirak » et surtout d’avoir été réalisé par une équipe munie d’une « fausse autorisation de tournage ».

Cependant, la chaîne française avance une tout autre version et dément catégoriquement avoir filmé sans autorisation en Algérie, soulignant que l’équipe de tournage avait « été contrôlée à plusieurs reprises par les autorités algériennes ».

En outre, M6 a demandé aux mêmes autorités de revenir sur leur décision de lui interdire d’opérer en Algérie.

Présentée dans le cadre du magazine « Enquête Exclusive », d’une durée de 75 minutes, ce film documentaire traite du « Hirak » et de la jeunesse algérienne, à partir de témoignages de trois jeunes algériens sur l’avenir dans leur pays.

Selon le synopsis du documentaire, il est également question de relater le « désespoir » de certains Algériens, étouffés par un système autoritaire et corrompu et qui n’envisagent qu’une option : fuir l’Algérie, un pays où « filmer est très difficile ».

Malgré la crise sanitaire, la révolte populaire continue de gronder dans tout le pays, précise-t-on de même source, qui relève qu’en Algérie, manifester est pourtant passible d’un an de prison, mais rien n’arrête ces jeunes qui ont décidé de prendre leur destin en main.

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