Bélarus: Loukachenko réinvesti en cachette proclame sa victoire sur la « révolution »

23 Sep 2020 à 16:08 Monde
Bélarus: Loukachenko réinvesti en cachette proclame sa victoire sur la « révolution »

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko, a prêté serment mercredi dans le secret pour un sixième mandat et annoncé par la suite que la « révolution » voulue par ses détracteurs a échoué. Pourtant la rue continue de se dresser contre le dirigeant. 

Dans un pays où il est confronté depuis la présidentielle en août à une fronde exceptionnelle, le chef d’Etat dont la réélection a été largement contestée au Bélarus, quand même continué à s’accrocher au pouvoir pour un 6ème mandat.

« Alexandre Loukachenko a prononcé le serment en langue bélarusse, après quoi il a signé l’acte de prestation de serment, puis la présidente de la Commission électorale (…) lui a remis le certificat de président de la République du Bélarus », a indiqué l’agence étatique Belta.

L’information a été confirmée par la présidence sur son site internet par la suite. Alors qu’en général la cérémonie d’investiture a lieu en grandes pompes, cette fois-ci les médias indépendants bélarusses et les plateformes de l’opposition avaient estimé qu’il y aurait une investiture surprise après que le cortège présidentiel a été vu défilant dans la rue à toute vitesse.

Les forces de l’ordre ayant été déployées en nombre autour de la présidence et la principale artère de la capitale Minsk a été fermée, portant à croire que l’investiture allait avoir lieu. Elle s’est faite en cachette pour éviter un nouveau soulèvement populaire, ont commenté les médias indépendants.

Durant ses années au pouvoir, le chef d’Etat bélarus n’a pas laissé le champ à aucune opposition de se former. La plupart de ses opposants se trouvent en exil à l’heure actuelle. « Le président sortant qui affirme avoir gagné avec 80% des voix fait de son investiture une opération des services spéciaux, sous protection des forces antiémeutes et dans le secret », a ironisé sur la messagerie Telegram l’un des représentants de l’opposition, Pavel Latouchko, exilé également.

Peu après cette investiture dans le secret, Alexandre Loukachenko a déclaré que son pays a résisté à une « révolution de couleur », surnom donné en ex-URSS aux mouvements populaires.

« Notre Etat était face à un défi sans précédent (…) mais nous sommes parmi les seuls, sinon les seuls, chez qui la +révolution de couleur+ n’a pas fonctionné. C’est le choix des Bélarusses, qui ne voulaient pas la perdition de leur pays », a-t-il déclaré dans son discours d’investiture.

« Nous n’avons pas seulement élu un président, nous avons défendu nos valeurs, la vie dans la paix, la souveraineté et l’indépendance » du pays, a-t-il encore dit.

Ces déclarations n’ont pas manqué de faire rire les voisins, notamment en Lithuanie qui accueille sa rivale à la présidentielle qui a été contrainte de s’exiler au lendemain de l’annonce des résultats le donnant vainqueur à 80% des suffrages. « Quelle farce. Des élections frauduleuses, une investiture frauduleuse », a tweeté Linas Linkevicius, le chef de la diplomatie lituanienne.

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