Liban : Devant le blocage politique, Aoun propose d’abolir le partage sectaire des postes régaliens

21 Sep 2020 à 20:40 Monde
Liban : Devant le blocage politique, Aoun propose d’abolir le partage sectaire des postes régaliens

Au Liban, trois semaines après avoir été désigné Premier ministre, Moustapha Adib peine pas trouver la formule pour former un gouvernement tant le système de partage du pouvoir sectaire du Liban et les forces politiques qui contrôlent le Parlement lui compliquent l’existence. A cet égard « Si un cabinet n’est pas formé, nous nous dirigeons vers l’enfer », a mis en garde Michel Aoun chef de l’Etat lors d’un point presse au palais de Baabda ce lundi 21 septembre 2020, où il dénonçait la « stérilité » du système communautaire qui régit le pays.

Le président libanais, Michel Aoun, à cet effet, a proposé d’abolir la distribution communautaire des portefeuilles dits « régaliens » pour résoudre la crise dans le processus de formation du gouvernement de « mission » conformément à l’initiative française à laquelle s’étaient pourtant engagées toutes les formations politiques. Ces portefeuilles au nombre de quatre ( ministères des Affaires étrangères, des Finances, de la défense et de l’Intérieur) sont équitablement répartis entre chrétiens (maronites, grecs-orthodoxes) et musulmans (sunnites et chiites). Les principaux postes libanais, y compris le poste de président, de Premier ministre et de président du parlement, sont répartis par secte, conformément à l’accord de partage du pouvoir sectaire du pays.

Cela dit, la formation de ce cabinet au Liban est entravée par l’attachement du tandem chiite (Hezbollah et le mouvement Amal) au ministère des Finances. « Je propose d’abolir la distribution communautaire des portefeuilles dits régaliens et de ne pas les consacrer à des communautés en particulier, afin que les compétences et la capacité à réussir, et non l’appartenance communautaire, soient les seuls critères de choix des ministres » a déclaré Aoun. Cet avertissement sévère survient alors que le pays a du mal à contenir une crise économique et financière, sociale et politique en spirale qui menace de le plonger davantage dans les semaines à venir. Si l’on y ajoute les inquiétudes quant aux troubles dans un pays fragilisé par les derniers évènements alors qu’il est également témoin d’une augmentation constante du nombre de cas et de décès de coronavirus, le décor est vite planté. La crise est largement imputée à des décennies de corruption systématique et de mauvaise gestion par la classe dirigeante libanaise.

La date butoir (mi- semaine dernière) pour former un gouvernement au Liban en conformité avec le plan français a été dépassée et ce, à cause du blocage sur le choix du portefeuille du ministère des Finances. Aoun, dans son intervention, a déclaré que la crise de la formation du Cabinet au Liban n’aurait pas dû se produire parce que les défis auxquels le Liban est confronté « ne permettent pas de perdre une seule minute » ajoutant « Nous avons proposé des solutions raisonnables pour former un gouvernement, mais elles n’ont été acceptées par aucun des deux camps ». Puis, avant de conclure il a assombri le tableau.  « Alors que les positions se durcissent, il ne semble pas y avoir de solution proche à l’horizon, sauf un miracle », a-t-il déclaré.

Le petit pays à court d’argent a désespérément besoin d’une aide financière, mais la France et d’autres puissances internationales ont refusé de fournir une aide avant que de sérieuses réformes ne soient entreprises. Moins d’une heure après le discours de Michel Aoun, l’hashtag « # nous allons en enfer » est devenu viral sur Twitter au Liban.

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