Le coronavirus pourra-t-il démocratiser la télémédecine au Maroc ?

21 Sep 2020 à 08:34 Santé
Le coronavirus pourra-t-il démocratiser la télémédecine au Maroc ?

On a beaucoup parlé du télétravail depuis l’irruption  soudaine de la Covid-19. Ça s’applique aussi aux blouses blanches et cela s’appelle de la télémédecine. Cette dernière est un exercice de la médecine par le biais des télécommunications et des technologies qui permettent les prestations de santé à distance et l’échange de l’information médicale s’y rapportant tout en regroupant les pratiques médicales permises ou facilitées par les télécommunications.

La situation épidémiologique au Maroc a incité nombre de patients et médecins à s’appuyer sur la «télémédecine». Conçue dans un premier temps afin d’éviter les déplacements de citoyens aux institutions hospitalières saturées et plus consacrées à la pandémie du coronavirus Covid-19 que l’on appelle désormais la «santé numérique», a fait bien du chemin. L’avancée est telle qu’au Maroc, le ministère de la Santé vient de publier un texte juridique par lequel le département entend utiliser les progrès réalisés dans les mécanismes de communication pour faciliter les consultations médicales spécialisées à distance. Cela concerne le décret n° 378-18-2, publié en 2018 resté inactif depuis son apparition jusqu’à maintenant.

Le législateur marocain avait limité à distance, la portée de la télémédecine à la fourniture de conseils médicaux, à la recherche d’expertise, à la surveillance médicale, à l’assistance médicale et à la réponse médicale, indiquant la possibilité d’utiliser ces services médicaux dans les services de santé publique, les centres hospitaliers universitaires, les établissements et institutions de santé privés et sanatoriums.

La pandémie du coronavirus Covid-19 aura eu de faire passer la télémédecine d’un concept un peu futuriste à une réalité souvent très efficace, et de nombreux médecins espèrent que ce changement, opéré dans l’extrême urgence, survivra à la pandémie. Au Maroc quoique timidement, on assiste à une progression régulière mais très lente de cette nouvelle technologie dont la pratique gagnerait à être développée un peu plus et plus rapidement au regard de la montée en flèche du nombre de cas de contaminations et de décès dus à la pandémie du coronavirus dans les grandes métropoles du Royaume, ces dernières semaines. La télémédecine peut contribuer à alléger la forte pression subie par les hôpitaux nationaux, en évitant la surpopulation dans certains départements au plus fort de l’épidémie, offrant ainsi un mécanisme opérationnel au profit des citoyens des villes confinées.

A cet égard, Habib Kerroum, un acteur associatif de la santé (président de l’Association marocaine des sciences infirmières et des technologies de la santé), a appelé à activer les exigences du décret susmentionné à la lumière de l’augmentation significative du nombre de personnes infectées par le coronavirus « Covid- 19 » dans le Royaume, déclarant : « Il y a des dizaines de patients atteints de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’autres maladies chroniques, et ils sont contraints de consultez régulièrement le médecin ».

Dans un entretien accordé à Hespress, Karroum a ajouté : « Le confinement a été imposé aux Marocains pour qu’ils restent chez eux, et il a donc été possible de recourir à des services de télémédecine, d’autant plus que les institutions hospitalières nationales sont devenues plus concernées par le suivi des patients du coronavirus, ce qui a incité nombre de citoyens à éviter de s’y déplacer, sauf en cas d’urgence ». Et Habib Kerroum d’expliquer que « la mise en cloche de nombreuses villes et régions, récemment, nécessite la mise en place de services de télémédecine, afin de réduire la souffrance des patients, et aussi d’éviter les déplacements de citoyens qui propageraient l’infection de l’épidémie ».

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