Le bon bol d’oxygène d’Air Liquide qui prétexte langue arabe et coronavirus pour licencier

Le bon bol d’oxygène d’Air Liquide qui prétexte langue arabe et coronavirus pour licencier

Une grande entreprise française qui par ses temps de crise sanitaire fait son petit-beurre grâce au virus, (un bon bol d’oxygène) envisage de mettre à la porte cadres et employés marocains par dizaines. Cette grande entreprise française, Air Liquide Maroc pour ne pas la nommer, possède 86 succursales à travers le monde. L’une d’entre elles se trouve être au Maroc à Casablanca. Elle y est installée depuis plus d’un siècle (1919).

L’entreprise a décidé devant « l’urgence de la situation » de se séparer de nombre de ses collaborateurs. En juillet dernier, les responsables « Air liquide » avaient décidé d’ouvrir la porte au départ volontaire, affirmant que le groupe français avait été affecté par les répercussions économiques de la pandémie de coronavirus. Certains employés ont accepté la décision ce qui est de leur droit, mais des cadres marocains travaillant pour l’entreprise l’ont refusée. Aussi, ils ont demandé aux responsables de tenir des rencontres de dialogue, dans le but d’être informés des modalités de départ et des droits dont bénéficieraient ceux qui décideraient de partir.

Le 6 août, une réunion en ce sens eut lieu entre le bureau syndical représentant les cadres, affiliés à la Confédération démocratique du travail (CDT), et le responsable des ressources humaines du groupe, sous la tutelle de la direction régionale du travail et de l’insertion professionnelle de Sidi El-Bernoussi à Casablanca. Parmi les principaux sujets de la réunion figurait le départ volontaire des cadres nationaux de l’entreprise. Un accord fut donc trouvé entre les parties. Sauf que le lendemain, l’entreprise a contesté à travers un courrier adressé au directeur régional de l’emploi et de l‘insertion professionnelle, Sidi El-Bernoussi le contenu du procès-verbal de la réunion.

Air Liquide y indiquait qu’elle n’était pas partie prenante car la responsable des ressources humaines de l’entreprise « ne connaît pas la langue arabe », qui a été utilisée lors de la réunion, et qu’elle a été « surprise par ce qui avait été convenu ». Le même document ajoute que la responsable des ressources humaines de la société française « a confirmé qu’elle n’avait pas compris ce qui se passait lors de la réunion », considérant que ce motif rend sa signature sur un document « dans une langue qu’elle ne connaît pas est nulle et non avenue par la loi », sur la base des articles 419 et 417 de la loi sur les obligations et contrats.

Les cadres marocains de l’entreprise, ont un autre son de cloche. Ils avancent que le responsable des ressources humaines de l’entreprise française a assisté à la réunion avec un autre fonctionnaire de nationalité marocaine, qui traduisait en arabe tout ce qui se disait lors de la réunion, et que les représentants de l’entreprise étaient en contact permanent avec leurs conseillers juridiques avant de signer le procès-verbal de l’accord que l’entreprise a contesté.

Plus tard, le 19 août, une autre réunion a été programmée sous le contrôle de la direction régionale de l‘emploi et de l’insertion professionnelle à son siège de Sidi El-Bernoussi, concernant le conflit collectif existant avec Air liquide, avec pour ordre du jour de définir l’application de l’accord convenu entre les deux parties le 6 août. Malheureusement la réunion n’a pas eu lieu, en raison de l’absence de la politique de la chaise vide voulue par les dirigeants d’Air Liquide. Selon des témoignages des cadres de la société française, les responsables n’ont pas assisté à cette seconde réunion « parce qu’ils s’étaient rendus en France pour leurs vacances bloquant ainsi la situation au statuquo »

L’avocat du syndicat de la CDT, Maître Mohamed Baztami, a estimé que le procès-verbal de la réunion du 6 août « était juridiquement solide et que son contenu ne pouvait pas être contesté ». Il a expliqué dans une lettre au président du conseil d’administration d’Air liquide Maroc que la langue arabe utilisée lors de la réunion est la langue officielle du pays, et que les agents en charge de l’inspection du travail sont en conformité avec le Dahir relatif au serment qui prête aux salariés désignés pour rédiger le procès-verbal de saisie dans cette langue. Cela donne la qualité de saisie à l’enregistrement signé et son contenu ne peut être contesté.

Un syndicaliste membre du bureau de la CDT a déclaré que la société française justifie sa décision de se débarrasser des cadres marocains (certains ayant plus de vingt-sept ans de carrière) par les répercussions de la pandémie de coronavirus. Comment peut-on avancer cela alors que la société œuvre dans le domaine de la production de gaz médicaux qui par ces temps gonfle le CA.

Dans son entretien avec Hespress, il indique qu’Air Liquide traite avec les établissements hospitaliers, les compagnies aériennes et l’industrie automobile… mettant à profit la pandémie du coronavirus. Il a indiqué que son cours à la bourse qui était de l’ordre de 120 à 130 euros et est passé du fait de la relance de ses ventes, à 140 euros actuellement. Le syndicaliste a ajouté que contrairement à ce qu’avance l’entreprise, elle n’a pas été touchée par la pandémie de coronavirus bien au contraire.

Ce n’est pas seulement la hausse de ses actions en bourse qui le prouve, mais également l’augmentation de ses ventes de respirateurs artificiels, indiquant qu’elle a vendu en quantité ces appareils aux hôpitaux publics au Maroc et même à l’international après le déclenchement de la pandémie. « L’entreprise est en bonne santé financière. » Les revendications des cadres d’Air liquide se déclinent en deux exigences fondamentales : La première consiste à définir la liste des cadres que l’entreprise souhaite libérer, et la formule dans laquelle le départ aura lieu, c’est-à-dire les droits dont bénéficieront les départs, sur la base que le départ ait lieu avec le consentement et non par la contrainte.

La direction de l‘entreprise a fermé la porte à tout dialogue avec le bureau syndical des cadres et ce malgré leurs divers recours légaux. Ces derniers se préparent à manifester, dans la rue s’il le faut pour faire valoir leur droit et revendications. Air Liquide selon eux, exercerait une forte pression pour les pousser à partir. Deux options sont de mise, le départ volontaire ou une éventuellement implication dans une « faute grave » histoire de licencier du moins en attendant un éventuel licenciement collectif qui pointerait à l’horizon au regard des actifs immobiliers ou autres qu’Air Liquide serait en train de céder çà et là dans la capitale économique.

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