Marocains rebelles au confinement, le coronavirus de la colère

Marocains rebelles au confinement, le coronavirus de la colère

Nombre de Marocains dans des quartiers et villes mis sous cloche, se sont soulevés contre les mesures de restrictions afférentes. En effet, l’imposition de la quarantaine « partielle » et la fermeture complète de certaines activités commerciales et industrielles, a suscité un sentiment de colère chez les citoyens dans certaines villes marocaines comme la capitale Rabat, Kénitra et Beni Mellal.

Cela a incité certains d’entre eux à se « rebeller » et le mot est à l’allégement contre l’état d’urgence sanitaire imposée et à descendre dans la rue à la recherche de solutions qui s’adapteraient à leur situation sociale désastreuse.

A Rabat et dans le quartier populaire Takadoum, des dizaines de citoyens, dont des petits commerçants et artisans, sont contraints de contourner les barrières dressées par les autorités locales pour empêcher toute entrée ou sortie sans motif et autres rassemblements injustifiés, en opposition aux mesures en vigueur.

Photo Mounir Mehimdate

Devant la rigueur des contrôles, cela a engendré des attroupements estimés illégaux qui  a conduit à l’intervention de la sécurité, qui a dispersé les manifestants en colère.

Nombre de ruelles et de rues du quartier Takadoum de Rabat sont fermés (bouclées par des barrières et surveillés par des agents de sécurité) depuis des jours, afin de lutter contre la propagation de la pandémie de la « Covid-19 ». Une mises en place pour empêcher les citoyens de bouger.

Il y a deux semaines, le quartier Takadoum dans la capitale avait fait déjà l’objet d’une quarantaine complète. Aujourd’hui il est sous alerte de sécurité d’où le bouclage précité empêchant les va et vient. Selon des témoignages, un grand nombre d’habitants de ce quartier a été transféré vers les hôpitaux de la capitale en raison de la confirmation de leur infection par le coronavirus « Covid-19 ».

Photo Mounir Mehimdate

A Kénitra, le quartier « Khabazat » a été témoin d’un rassemblement de citoyens dont une majorité de commerçants qui protestaient contre la décision de fermer complètement les cafés et les magasins, Le gouvernement a commencé à appliquer la quarantaine aux zones et villes du Royaume classées rouges et où la pandémie se propage à une vitesse vertigineuse.

Faut dire que la situation épidémiologique de ses évolutions alarmantes et du nombre de décès engendrées ne prête pas à l’ouverture.

A cet égard, l’analyste politique Karim Ayach, chercheur en relations internationales et en politiques publiques, s’est confié à Hespress et a déclaré : qu’ « avec la poursuite de l’imposition de la quarantaine partielle et la fermeture complète de certaines activités commerciales et industrielles, un sentiment de frustration chez nombre de Marocains a été ressenti. L’impact du virus sur les conditions sociales est, on ne peut plus accru, notamment au regard de l’aggravation de la situation économique et de la poursuite des solutions de greffe et ce, au lieu de se concentrer directement sur les problèmes économiques essentiels des citoyens ».

Photo Mounir Mehimdate

Le chercheur souligne que « ceux qui vivent de petits métiers manuels, ainsi que les secteurs informels comme les marchands ambulants, artisans et propriétaires de services doivent s’adapter à tous les risques, y compris les procédures légales qui les empêchent parfois de se déplacer, d’ouvrir leurs boutiques ou d’exposer leurs marchandises sur la voie publique, afin de pouvoir obtenir quelques dirhams, qui leur permettrait de vivoter et faire vivre un tant soit peu leur famille ».

Cela explique, selon Karim Ayach, « la raison de la colère de larges pans de la société et la rébellion des jeunes face à la pandémie dont le virus est non seulement perçu comme une menace pour la santé mais également comme un tueur lent avec lequel il faut coexister. C’est compréhensible. De récentes déclarations gouvernementales et mondiales stipulent à juste raison que l’humanité doit coexister avec le coronavirus jusqu’à ce qu’un traitement efficace soit trouvé ». Mais à quel prix ?

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