Projet de loi du droit de grève au Parlement, bruits de bottes syndicales et silence des pantoufles de l’exécutif

Projet de loi du droit de grève au Parlement, bruits de bottes syndicales et silence des pantoufles de l’exécutif

Les milieux syndicaux, sont en mode frustration en raison du renvoi en catimini par le gouvernement du projet de loi organique sur le droit de grève au Parlement, avant une concertation finale. Les centrales syndicales tout en rejetant à l’unanimité cette démarche qu’ils qualifiaient d’ « unilatérale », ont appelé à être consultées avant, afin de s’accorder sur une formule respectant ce droit constitutionnel.

L’Union marocaine du travail (UMT) a estimé que « cette décision unilatérale est une mesure provocatrice, qui constitue une menace directe supplémentaire pour la paix sociale dans la situation sociale et économique critique dans le pays actuellement », soulignant que le but du projet de loi réglementaire pour la grève est « de restreindre un droit constitutionnel par un ensemble de dispositions régressives », pas pour sa préservation ». Le syndicat susmentionné estime, dans un communiqué de presse, que la décision du gouvernement incarne « une tentative flagrante d’exploiter la pandémie du coronavirus dans le but d’éliminer les droits et les acquis de la classe ouvrière au lieu de la protéger », soulignant que « le gouvernement est pour tous les Marocains, pas un gouvernement au service du patriarche uniquement ».

Pour sa part, l’Organisation démocratique du travail (ODT) a critiqué le projet de loi réglementaire du gouvernement visant à exercer le droit de grève, le décrivant comme une « violation flagrante » des droits et des acquis de la classe ouvrière, déclarant qu’il « entraverait et imposerait de nouvelles conditions pour l’exercice de ce droit, et ouvrirait la voie à des violations flagrantes des droits économiques, sociaux et culturels des travailleuses et travailleurs.» .  Dans ce contexte, l’organisation syndicale a mis en garde, par le biais d’une déclaration à Hespress, contre une atteinte du projet gouvernemental, à toute la structure démocratique émergente, déclarant qu’elle « constitue une menace imminente pour les fondements de la paix sociale, et peut avoir de graves répercussions affectant l’essence de la jeune expérience démocratique dans son ensemble ».

Quant à la Confédération démocratique du travail (CDT), elle a adressé une correspondance officielle au Premier ministre, à travers laquelle elle s’est étonnée de la programmation de ce projet et a exigé le retrait de la réunion et le retour à la table pour le dialogue social, avertissant qu’« ignorer les problèmes fatidiques » était représenté par la situation épidémiologique inquiétante, la montée du chômage et la confusion enregistrée lors de la rentrée scolaire. La correspondance a déploré « l’exploitation de l’état d’urgence » pour programmer le projet gouvernemental, interprété comme « une tentative de satisfaire les employeurs qui insistent toujours pour refuser d’activer la deuxième partie de l’augmentation du salaire minimum », demandant que le projet soit retiré de la Chambre des représentants et renvoyé à la négociation tripartite.

A ce propos, le membre du bureau exécutif de la CDT, Khaled El Houari El Alami  a déclaré : « Le projet gouvernemental se doit d’être retiré de la Chambre des représentants et placé sur la table du dialogue social tripartite, car c’est la règle adoptée au niveau international, faisant référence à la législation en vigueur de l’Organisation International du travail (OIT) ». Khaled El Houari El Alami a ajouté, dans sa confidence à Hespress, que « la principale référence pour résoudre tous les différends liés à l‘exercice de la grève est l’Accord de 1987, mais le Maroc ne l’a pas ratifié », indiquant sa volonté en tant que syndicalistes « d’engager un dialogue tripartite (exécutif, patronat et syndicats), jusqu’à ce qu‘une formule compatible et satisfaisant tous les parties fasse l’unanimité ».

Il a ajouté, expliquant : « Il y a d’autres priorités dans le pays que ce projet de loi. On a une situation épidémiologique préoccupante en l’absence de signes de contrôle sur le virus, ainsi que la perte d’emplois depuis le début de la pandémie, ainsi que les licenciements continus de travailleurs, en plus de la rentrée scolaire, calamiteuse à plus d’un égard ». Le dirigeant syndical a expliqué que « le gouvernement a recouru à un processus de facilité visant à nuire aux acquis sociaux », concluant que « la Confédération recourra à tous les moyens légitimes pour protester contre la décision du gouvernement et ne permettra pas à l’acteur exécutif d’exploiter l’état d’urgence pour adopter certaines mesures qui affectent les Marocains ».

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