Fermeture des crèches: Au bord de la faillite, l’AMCP demande une aide urgente de l’Etat et la réouverture des établissements

16 Sep 2020 à 22:18 Société
Fermeture des crèches: Au bord de la faillite, l’AMCP demande une aide urgente de l’Etat et la réouverture des établissements

La rentrée scolaire 2020-2021 n’a pas été une bonne nouvelle pour tout le monde. La fermeture des crèches au tout début de cette rentrée exceptionnelle marquée par la pandémie de la Covid-19 et ses répercussions, a mis à mal ces établissements qui affirment être aujourd’hui au bord de la faillite et demandent l’aide du gouvernement. Le point. 

Le 1er septembre, le ministère de l’éducation nationale a fixé la date de la rentrée scolaire 2020-2021 au 7 du même mois. Le présentiel étant la règle principale, les établissements scolaires privés ont donc pris les mesures nécessaires et mis en place les conditions d’hygiène et de sécurité sanitaire afin de se conformer au guide d’accueil réalisé par la tutelle.

Cela dit, la veille de la rentrée scolaire tant attendue, aussi bien par les enfants que par les parents, le ministère de l’éducation nationale en a décidé autrement pour ce qui est de la ville de Casablanca (très touchée par le virus), en annonçant la fermeture des écoles et l’application de l’enseignement à distance pour tous, y compris les crèches qui elles, accueillent des enfants âgés de 1 à 6 ans.

Surpris par cette décision, surtout après tous les préparatifs mis en place, l’Association Marocaines des crèches privées (AMCP) a ainsi envoyé une correspondance à son ministre de tutelle, Othman El Ferdaous, ministre de la jeunesse et des sports, avec en copie le ministre de l’Intérieur et le président de la CGEM.

Dans cette lettre datée du 9 septembre, l’association rappelle à sa tutelle « les enjeux et les défis auxquels est exposé le secteur de la petite enfance (crèches, maternelles, garderies, jardin d’enfants…)« , soulignant qu’ils n’ont toujours pas reçu à ce jour de décision officielle quant à la fermeture des crèches et que le communiqué du 6 septembre ne mentionne en aucun cas le sort qui leur est réservé, mis à part un appel reçu de la Délégation Régionale de Casablanca les informant de la fermeture.

« Pour votre information, tous les centres de loisirs sont ouverts et continuent à accueillir des enfants malgré les nouvelles restrictions mises en place par les autorités et proposent même de dispenser les programmes scolaires (…) Comme nous l’avions expliqué dans notre courrier précédent, le distanciel n’est pas un choix adapté pour les crèches, et aucun parent n’est prêt à payer pour un enseignement à distance pour des enfants de moins de 4 ans. Comment, dans ce cas, allons-nous faire face au paiement de nos charges fixes (loyers, échéances crédit, salaires…) à la fin du mois de septembre? » explique l’AMCP.

Malgré les raisons fournies au ministère de tutelle le 9 septembre avec une demande de rendez-vous dans le but « d’échanger et trouver des solutions et éviter une faillite certaine de ce secteur« , la décision de la fermeture des crèches est toujours maintenue à ce jour par les autorités.

Face à cette situation de crise engendrée par cette fermeture, l’AMCP tire la sonnette d’alarme et annonce une faillite imminente des crèches si des mesures concrètes ne sont pas prises pour sauver le secteur.

« L’Association Marocaine des Crèches Privées (AMCP) alerte de la perte de milliers d’emplois et fermeture de nombreuses crèches, si des mesures de sauvetage ne sont pas prises par le gouvernement, dans les plus brefs délais« , a indiqué l’AMCP dans un communiqué où elle demande incidemment de reconnaitre les établissements préscolaires privés « comme un secteur directement impacté par la Covid-19″.

Tout en soulignant qu’aujourd’hui les parents d’élèves et les responsables des établissements sont dans l’incompréhension puisque « certains établissements sont rouverts et qu’aucune visibilité n’est donnée aux autres, parfois situés à seulement quelques kilomètres de distance », le réseau associatif de crèches et maternelles privées marocaines assure qu' »aucun communiqué officiel de la part du ministère de tutelle n’a été publié (Ministère de la Jeunesse et des Sports ndlr)« .

« Certaines salles de sports et centres de loisirs se transforment pour accueillir des enfants de 1 à 6 ans sans être soumis à aucun contrôle ou à des normes sanitaires officielles. De nombreux parents ont recours à des cours à domicile rassemblant 5 à 7 enfants, là encore, sans aucun contrôle ni aucune norme sanitaire« , alerte l’AMCP qui rappelle que le secteur « emploie des centaines de femmes dans les postes d’éducatrices et d’assistantes éducatrices qui sont directement menacées par la perte de leur emploi si la situation perdure ».

A cet effet, l’AMCP demande aujourd’hui, au ministère de tutelle, de « reconnaître officiellement les crèches privées comme étant impactées par la pandémie Covid1-9 et de débloquer au plus vite des aides d’urgence pour le maintien de l’emploi et de l’activité. L’AMCP demande enfin, la réouverture le plus tôt possible de l’ensemble des crèches privées en respectant les normes sanitaires ».

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