Rentrée scolaire : Les recommandations de la SMMU pour une reprise sécurisée

09 Sep 2020 à 10:48 Société
Rentrée scolaire : Les recommandations de la SMMU pour une reprise sécurisée

La rentrée scolaire intervient cette année alors que le Royaume enregistre des bilans record de contamination au Coronavirus. Si les zones les plus touchées ont opté (contraintes) pour l’enseignement distanciel en attendant une «embellie», d’autres ont privilégié le présentiel, avec quelques mesures à respecter toutefois.

La question du présentiel a largement divisé, entre partisans qui ne gardent pas que des bons souvenirs du distanciel pratiqué en fin d’année scolaire écoulée, et opposants qui craignent pour leur progéniture, et brandissent le formule «la santé avant tout».

Le problème a semblé se poser surtout pour les tous petits, qui en dépit de toutes les recommandations, ne sont pas encore en mesure d’évaluer le risque et de se prémunir.

En réponse justement à la polémique concernant la circulaire ministérielle relative à ce «choix cornélien», la Société Marocaine de Médecine d’Urgence (SMMU) a apporté des éclairages concernant l’atteinte des enfants par la maladie liée au coronavirus.

Dans une vidéo explicative, la SMMU commence par rappeler qu’«au début de l’épidémie, parmi les premières mesures prises pour endiguer la transmission du virus c’était la fermeture des écoles, car on a considéré que les enfants peuvent être de grands transmetteurs de virus», pour souligner que «cette mesure de prévention trouve, six mois plus tard, un nouvel écho au moment où de nouveaux indices sur le coronavirus, s’accumulent».

Que dit la science concernant cette atteinte ?

La SMMU fait observer que depuis février dernier dans son rapport conjoint avec les Chinois, l’OMS a souligné l’infime proportion dans laquelle les enfants semblent être touchés par ce virus, et révélé que seulement 0,4% des moins de 19 ans ont nécessité une hospitalisation pour la Covid, et que le taux de décès ne dépasse pas 0,2% dans la population âgée de 10 à 19 ans, alors qu’aucun décès n’a été enregistré chez les enfants de moins de 9 ans.

Qu’est-ce que veut dire tout ça ? Ça veut tout simplement dire, souligne SMMU, que «les enfants sont exposés à un risque d’infection similaire à celui de la population générale, mais ils semblent moins susceptibles de développer des symptômes graves ou critiques».

Peuvent-ils alors transmettre la maladie aux autres ?

En réponse à cette interrogation, SMMU précise que plusieurs études se sont intéressées à cette question dans la population pédiatrique, et elles ont trouvé que chez les enfants infectés, même ceux qui ne sont pas symptomatiques, le taux d’ARN virale du coronavirus détecté dans le nez des enfants de moins de 5 ans est de 10 à 100 fois plus élevé que celui trouvé chez les enfants plus âgés et les adultes.

«Ceci laisse croire qu’il serait possible que les jeunes enfants pourraient être d’importants propagateurs du virus dans la population, et dans la même optique, et cette fois ci en s’intéressant à des enfants plus grands, spécialement les adolescents âgés de plus de 10 ans, on a trouvé que cette tranche de la population semble avoir une plus grande incidence sur la transmission du virus», indiquent les experts de la société marocaine de médecine d’urgence, qui notent qu’«une autre étude, menée sur les enfants de 6 à 11 ans, a montré qu’ils transmettent peu la Covid à l’école», relève-t-elle.

Conclusion : Les enfants âgés de moins de 11 ans transmettent moins la maladie, même quand ils sont porteurs, alors que ceux plus âgés, la transmettent au même titre que les adultes.

Toutefois, soutient SMMU, «les enfants qui ont souvent peu ou pas de symptômes, seront largement sous-diagnostiqués, et s’ils ne toussent pas, il est possible qu’ils transmettent moins la maladie parce qu’ils émettent moins de gouttelettes contaminées. Aussi il ne faut pas nier que la faible contagiosité observée par les enquêtes épidémiologiques est due probablement à la fermeture précoce des écoles au début de la pandémie, ce qui n’a pas laisser de possibilités à ce que les enfants deviennent des cas index».

Compte tenu de tout ce qui a précédé, SMMU, en tant que société savante, à l’instar de plusieurs autres, s’est penchée sur la question et à travers l’analyse des données épidémiologiques actuelles.

Le +truc+, indiquent les experts, c’est qu’il «fallait trouver un point d’équilibre entre d’un côté la dégradation de la situation épidémiologique au Maroc ces derniers jours et qui commence à susciter beaucoup d’inquiétude dans le milieu médical, et le risque réel pour les adultes, notamment ceux qui travaillent dans les écoles, si on admet que les enfants peuvent propager la maladie… et de l’autre côté l’impact psychologique sur les élèves relatif à la privation d’école et qui creuse des inégalités sociales et affecte significativement leur neuro-développement mais aussi les difficultés qu’auront les parents à soutenir leurs enfants à domicile, si on se réfère aux données du dernier confinement national ».

In fine, le choix s’est porté sur l’enseignement présentiel comme solution pour minimiser les dégâts psychologiques enregistrés dans la population pédiatrique, « sous réserve bien sûr, que toute la société marocaine s’implique activement au bon déroulement de la rentrée en adhérant rigoureusement aux mesures barrières, tout en sachant que ce choix pourrait comporter un risque potentiel à ce que la courbe épidémiologique continue son ascension», met en avant SMMU.

La société recommande ainsi d’«apprendre à nous enfants à respecter quelques règles de prévention, comme se tenir à plus d’un mètre des autres, respecter le sens de la circulation, éviter les jeux collectifs, ouvrir les portes sans les toucher, laver les mains régulièrement à l’eau et au savon, ne pas se toucher mutuellement, pas s’embrassade, éviter les attroupements devant les écoles et dans les couloirs, et porter en permanence un masque facial du moins pour ceux âgés de plus de 10 ans».

La SMMU préconise également des «mesures supplémentaires, telles l’aération des classes, la stérilisation des plats par le réchauffement et des mains par les solutions hydro-alcooliques ainsi que la désinfection quotidienne des bus scolaires et des classes après le départ des élèves».

Il serait aussi judicieux, conseille-t-elle, «de renforcer la vaccination contre les autres maladies notamment la grippe, et de procéder à des tests de dépistage s’il y a des cas symptomatiques, en privilégiant les tests salivaires».

Rappelant qu’une classe pourra être fermée après enregistrement de plus de 3 cas positifs, la SMMU assure que «toutes ces mesures permettront, si elles sont respectées, de diminuer l’incidence de l’infection et donc de préserver notre progéniture si chère».

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