Coronavirus : Le Brésil, 2e pays à dépasser la barre des 100 000 morts

09 Août 2020 à 15:42 Monde
Coronavirus : Le Brésil, 2e pays à dépasser la barre des 100 000 morts

Le Brésil est devenu le deuxième pays à avoir enregistré 100 000 décès dus au COVID-19, selon son ministère de la Santé. Le bilan officiel du pays fait état de 100 477 morts après avoir signalé 905 décès au cours des dernières 24 heures.

Seuls les États-Unis, à plus de 162000, avaient auparavant franchi six chiffres. Le Mexique, avec un peu plus de 51 000 décès, est le troisième au monde.

Le Brésil, peuplé de 212 millions d’habitants a également franchi le seuil des 3 millions de personnes contaminées.

Les chiffres officiels (100.477 morts et 3.012.412 cas confirmés de contamination) doivent toutefois être relativisés en raison de l’insuffisance de tests, les spécialistes estimant que le nombre total de personnes infectées pourrait être jusque six fois plus élevé.

Le Brésil déplore 478 morts par million d’habitants, un chiffre équivalent à celui des Etats-Unis (487), mais inférieur à celui de l’Espagne (609) ou de l’Italie (583).

Plus de 1.000 décès quotidiens sont recensés en moyenne depuis plusieurs semaines, alors que la pandémie entre dans son sixième mois dans le pays.

Le président brésilien, Jair Bolsonaro a fait l’objet de nombreuses critiques, même de la part de membres de son gouvernement, pour son attitude laxiste à l’égard du virus.

« Le nombre [de décès liés à la COVID-19] atteint 100 000. Nous allons continuer à vivre et chercher un moyen de nous éloigner de ce problème », avait-t-il déclaré lors d’un live Facebook.

Le chef d’extrême droite, qui a lui-même attrapé la maladie et s’est rétabli, a combattu les restrictions imposées par les gouverneurs des États pour freiner Covid-19 et a fréquemment rejoint des foules de partisans, parfois sans masque.

Les experts se sont plaints de l’absence de plan coordonné de la part du gouvernement de Bolsonaro alors que les autorités locales se concentrent désormais sur le redémarrage de l’économie, ce qui est susceptible de stimuler la propagation du virus.

Samedi, en hommage aux victimes, l’ONG Rio de Paz a placé des croix sur le sable de la célèbre plage de Copacabana à Rio de Janeiro et a lancé 1 000 ballons rouges dans le ciel.

L’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) a dénoncé samedi sur Twitter « l’arrogance d’un président qui a choisi de qualifier ce virus cruel de petite grippe, en défiant la science et même la mort, et qui portera en son âme la responsabilité de milliers de vies perdues ».

« C’est la guerre la plus dévastatrice qui s’est jamais abattue sur notre pays. La guerre de l’incurie, de l’absence de politique sanitaire, une leçon d’inhumanité », a déclaré pour sa part Marco Lucchesi, président de l’Académie brésilienne des Lettres.

Le déconfinement a débuté en juin dans de nombreux Etats, même ceux où le rythme des contaminations restait élevé. Le championnat national de football a repris samedi, avec trois mois de retard, avec des matches à huis clos.

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