Coronavirus : relâchement comportemental  ou « quand la théorie du complot plane »

08 Août 2020 à 15:02 Santé
Coronavirus : relâchement comportemental  ou « quand la théorie du complot plane »

Il semblerait que la sensibilisation accompagnant la crise sanitaire que traverse le Royaume n’ait pas eu l’effet escompté au regard du nombre élevé d’infections par le coronavirus (Covid). En effet, dans de nombreuses villes les Marocains pour la plupart restent dans la normalité des choses de la vie comme si de rien n’était, sans grande crainte ni égard aux alertes répétées émises par les autorités sanitaires, ça s’est avéré notamment pendant la période de l’Aïd Al Adha.

A l’exception du port du masque pour lequel une amende vient d’être instaurée, nombreux sont les citoyens qui ont botté en touche pour ce qui est des gestes barrière comme la distanciation sociale ou la désinfection périodique des mains. Nombre de gens ont confié à Hespress qu’ils ont mis sur le compte du désenchantement et la lassitude, leur attitude comportementale  face aux procédures et à l’incapacité du système à contenir le virus durant une longue période. Les Marocains longtemps confinés à cause de la pandémie du coronavirus (Covid-19), dès le beaux jours arrivés se sont épris de voyages et se déplacent dans différentes villes du royaume et ce, malgré le durcissement des procédures d’entrée dans nombres de métropoles à cause du coronavirus.

Dans les centres urbains désertés durant le confinement, l’affluence se fait de plus en plus pressante, dans les rues et les espaces commerciaux.  Le hic c’est que la vie reprend son cours normal sans prise en compte des mesures préventives et de précaution, préconisées à travers les campagnes médiatiques et de communication de l’autorité sur la crise sanitaire due au coronaviruss (Covid-19).

Mohssine Benzakour, professeur de psychologie sociale à l’Université Hassan II de Casablanca (Faculté des lettres et sciences humaines), s’est confié à Hespress à travers quelques éclaircissement quant à cette situation du comportement des Marocains dans l’espace public. « Il est bien connu que toute décision ou mesure collective que le citoyen a tendance à passer outre, interroge de prime abord sur sa raison d’être ».

L’universitaire a ajouté, que « ce problème pouvait être lié au rejet des règles ou l’Etat, et il est alors possible qu’il s’agisse de l’analphabétisme cubique tel que décrit par feu Mahdi El-Mandjara », soulignant « qu’il en découlait un grand laxisme dès lors le respect de l’intérêt public entrait en considération ». Notre interlocuteur a en outre expliqué « qu’un autre facteur majeur accompagnait cette question à savoir celui la théorie du complot. Beaucoup ne croient pas à l’existence du virus, malgré les statistiques et la pandémie mondiale », soulignant que « cette suspicion et le manque de confiance totale dans le discours généraient l’insouciance ».

Le professeur de psychologie sociale a avancé pour ce qui est du respect de certaines restrictions, la peur du gendarme : « Au niveau des mesures préventives, cela s’accompagne de la peur des autorités. La majorité porte la bavette ou masque à cause de l’amende et de la police. Mais au plus profond de la psyché, il n’y a pas de grande conviction dans le processus préventif », a conclu Mohssine Benzakour.

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