Etats-Unis : Ingérence étrangère dans la présidentielle, le « j’accuse » du NCSC

08 Août 2020 à 10:33 Monde
Etats-Unis : Ingérence étrangère dans la présidentielle, le « j’accuse » du NCSC

Des responsables du renseignement aux Etats-Unis, estiment que la Russie utilise diverses mesures pour dénigrer le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden avant les élections de novembre et que des individus liés au Kremlin renforcent la candidature de réélection du président Donald Trump, a déclaré le chef du contre-espionnage du pays dans l’avertissement le plus spécifique à ce jour concernant la menace d’ingérence étrangère.

La Chine quant à elle, préférerait que Donald Trump  ne soit pas réélu lors de la présidentielle du 3 novembre, et a « accentué ses efforts d’influence » en amont du scrutin, ont estimé vendredi ces même services de renseignement américains. L’Iran, elle, essaie aussi « d’affaiblir le président Trump », selon William Evanina, directeur du Centre national du contre-renseignement et de la Sécurité (NCSC). « Il semble difficile pour nos adversaires de s’ingérer ou de manipuler les résultats à grande échelle » a estimé ce haut responsable, qui supervise la surveillance des ingérences étrangères dans la vie politique américaine.

Le responsable du NCSC a en outre manifesté des « inquiétudes » sur les campagnes d’influence menées selon lui sous couvert par la Chine, la Russie et l’Iran. « Nous estimons que la Chine préfère que le président Trump -considéré comme imprévisible par Pékin- ne remporte pas un second mandat, que l’Iran essaie d’affaiblir les institutions démocratiques américaines, le président Trump et de diviser le pays en amont des élections de 2020 », surtout via « une campagne d’influence en ligne, qui répand des fausses nouvelles et du contenu anti-américain », a-t-il dit.

La déclaration du Chef du NCSC, Evanina, trois mois avant les élections, intervient au milieu des critiques de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi et d’autres démocrates du Congrès, selon lesquelles la communauté du renseignement a occulté des informations spécifiques sur la menace d’ingérence étrangère dans la politique américaine. Dans le camp démocrate des responsables ont laissé entendre qu’ils allaient faire en sorte cette fois de faire éclater le scandale avant le scrutin, si scandale il y a.

Cette évaluation du renseignement du NCSC reflète des préoccupations non seulement concernant la Russie, mais également la Chine et l’Iran, avertissant que des acteurs étrangers hostiles peuvent chercher à compromettre l’infrastructure électorale, interférer avec le processus de vote ou remettre en question les résultats du vote. Malgré ces efforts, les responsables considèrent qu’il est peu probable que quiconque puisse manipuler les résultats de vote de manière radicale, a expliqué Evanina. « nous estimons que la Russie utilise plusieurs leviers principalement pour dénigrer l’ancien vice-président Joe Biden », qui avait défendu l’opposition russe et soutenu l’Ukraine lorsqu’il était membre de l’administration de Barack Obama.

Interrogé cette estimation du renseignement américain, le NCSC, vendredi soir à Bedminster, dans le New Jersey, Trump a semblé contester l’idée que la Russie dénigrait Biden. « Je pense que la dernière personne que la Russie veut voir au pouvoir est Donald Trump parce que personne n’a été plus dur envers la Russie que moi, jamais », a-t-il déclaré. Mais le président semblait être d’accord avec les renseignements indiquant que la Chine ne voulait pas qu’il soit réélu. « Si Joe Biden était président, la Chine serait propriétaire de notre pays », a-t-il ajouté.

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