Le plaisir du shopping emporté par le coronavirus

09 Août 2020 à 08:30 Société
Le plaisir du shopping emporté par le coronavirus

Après plus de quatre mois de confinement, la vie reprend ses droits, et l’activité revient dans les rues marocaines, animées notamment par les commerces, qui retrouvent avec plaisir leurs clients. Les magasins se sont en effet remis à exposer leurs produits et à recevoir des acheteurs, de plus en nombreux au fil des jours.

Toutefois, si le coronavirus a obligé l’humanité à se retrancher et à mettre sa vie en mode « pause », le temps de maîtriser la propagation aveugle du coronavirus, il l’a également contrainte à adopter de nouveaux gestes, de nouvelles habitudes qui l’accompagneront vraisemblablement un bon bout de temps.

Les Humains sont, en effet, condamnés à vivre dorénavant à au moins 1 m les uns des autres, à oublier les poignées de main et les accolades, et à s’accommoder de nouvelles normes de la vie sociale, faisant que la population s’est retrouvée, du jour au lendemain, en «liberté conditionnelle».

Ce qui fut ordinaire ne l’est plus, et ce qui fut automatique est désormais calculé. Même les petits plaisirs d’autrefois, dont le shopping, ne le sont plus aujourd’hui.

Les grandes franchises de prêt à porter de la capitale ont certes rouvert leurs portes, mais plusieurs mesures ont dû être mises en place, et différentes consignes sont à respecter.

Autrefois «sport national» et passe-temps favori, le shopping est devenu une quasi-corvée, au vu de toutes les «contraintes» auxquelles il est dorénavant, nécessaire de se soumettre.

Finie la liberté d’entrer dans le magasin de son choix, de faire des allers retours entre les cabines d’essayage et les rayons, ou encore essayer des pièces juste pour le plaisir, tout cela est à oublier !

Maintenant il faut faire la queue, attendre son tour pour rentrer pour éviter l’effet foule à l’intérieur, se tenir à distance des autres, acheter sans essayer et courir le risque de «se rater» en termes de taille, de coupe, de couleur…

Il fait aussi se stériliser les mains, garder son masque bien placé sur la bouche et le nez, éviter au maximum de toucher les articles exposés et ne pas trop s’attarder pour permettre aux autres d’entrer aussi.
«Nous essayons tant bien que mal de gérer», résume le gérant d’une franchise à Rabat.

«Si le flux est plus facile à gérer car il y a moins de monde, le reste l’est moins. Il faut rester vigilent et veiller à ce que toutes les consignes soient respectées de la prise de température et la stérilisation à l’entrée, jusqu’au paiement à la sortie », nous explique-t-il.

Il détaille que le nombre de clients dépend de la superficie du magasin, que cela peut aller de 5 à 10 personnes, sans compter les employés, qui ont pour mission, outre servir les clients, de surveiller le comportement de ces derniers pour ne pas mettre en danger les autres.

«Nous avons essayé de ne pas trop compliquer les choses pour nos clients, mais cela nous donne un surplus de travail, car nous devons redoubler de vigilance pour que tout se passe bien», nous dit notre interlocuteur qui rappelle qu’en Europe, «il faut faire la queue, ne pas être accompagné, utiliser le masque et les gants qu’on vous remet à l’entrée, et certains magasins ont même instauré un système de rendez-vous pour éviter les rassemblements».

Pour les paiements, le gérant nous explique que l’achat se fait sans essayage, un système de remboursement en cas de problème ayant été mis en place.

« L’échange peut être fait dans les trois jours maximum, et les clients ayant payé en espère peuvent aussi être remboursés dans le même délai, mais ceux ayant choisi un autre mode de paiement, aucun remboursement n’est possible, mais l’échange peut être fait », ajoute-t-il.

Les articles retournés doivent être traités par de la vapeur d’eau à haute température, ou stockés pendant 24 heures avant leur remise en rayon.

Innover pour compenser

Ce changement (forcé) des habitudes, a incité les professionnels du secteur à innover pour tenter de récupérer ce manque à gagner en matière de shopping en présentiel.

De nouvelles formules de vente ont ainsi fait leur apparition pour offrir «une expérience shopping inédite » à leur clientèle, notamment par le biais de la toile.

De la version digitale du télé-achat aux défilés et essayages virtuels, de nombreux concepts ont été développés, et avec eux de nouvelles manières de consommation.

Grâce aux nouvelles technologies, au-delà de l’achat en ligne, il est désormais possible, grâce à la réalité augmentée, d’essayer des tenues en direct de chez soi en se servant de la caméra du téléphone ou encore de l’ordinateur.

Plus élaboré encore, une société américaine de soins personnels, va jusqu’à proposer une analyse de la peau via la caméra de l’ordinateur et indiquer les meilleurs produits à acheter pour en prendre soin.

En effet, les marques se trouvent amenées à faire montre d’ingéniosité et d’innovation pour éviter le sort auquel plusieurs n’ont pas pu échapper en raison des changements des habitudes de consommation, à savoir mettre « la clef sous le paillasson« .

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